Ambroise, In Lucam, II
4. Ambroise, De mysteriis, 50, 52, 54 ; De sacramentis, IV, 14-16.
seulement l'appliquer. De même nos auteurs veulent que la bénédiction des eaux baptismales, bénédiction qui a pour effet de les sanctifier par la descente en elles du Saint-Esprit, en fasse un principe sanctificateur que l'administration du sacrement ne fera pour ainsi dire qu'appliquer. La formule de bénédiction de l'eau est à celle-ci, toute proportion gardée, ce que la formule de la consécration est au pain et au vin eucharistiques. Sans elle on aurait de l'eau ordinaire, vide de l'Esprit-Saint, impropre par conséquent à produire aucun effet de salut. Le sacrement de baptême se compose donc de cette formule, de l'eau, et de l'invocation trinitaire : « Aqua enim sine praedicatione dominicae crucis ^ ad nullos usus futurae salutis est : cum vero salutaris fuerit crucis mysterio consecrata, tune ad usum spiritualis lavacri et salutaris poculi temperatur- ». « Très testes in baptismate unum sunt aqua sanguis et Spiritus; quia si in unum horum detrahas, non stat baptismatis sacramentum. Quid est enim aqua sine cruce Christi? Elementum commune sine ullo sacramenti efïectu. Nec iterum sine aqua regenerationis mysterium est... Sed nisi (calechumenus) baptizatus fuerit in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, remissionem non potest accipere peccatorum, nec spiritualis gratiae munus haurire^ ».
Cependant une question plus pressante appelait, en Afrique surtout, l'attention des théologiens. Le donatisme, renouvelant l'erreur des rebaptisants, affirmait que Jes sacrements ne sauraient être validement conférés en dehoi'S de la vraie Église, et par un ministre
1. La bénédiction de l'eau se faisait par une prière accompagnée de signes de croix. V. Duchcsne, Origines du culte chrétien, p. 299 suiv.
2. Ambhoi^e, De mysterils, 14, 49, 20; De Spiritu Sancto, I, 77, 88. Le sacramentis, I, 43 : • Non sanat aqua, nisi Spiritus descenderit et aquam illam consecraverit. •