In loann . ti act. LVII
De baptismo (vu, 101, 102). On se demandait ce qu'il fallait penser du baptême reçu d'une façon fictive et purement extérieure, soit que le sujet eût voulu tromper les assistants, soit qu'il s'agît uniquement d'une comédie (utrum fallens, sicut in Ecclesia, vel in ea quae putatur Ecclesia; an iocans, sicut in mimo) ; ce qu'il fallait penser aussi du baptême conféré par un ministre qui n'a pas l'intention de vraiment le donner, soit que le sujet n'ait pas non plus l'intention de le recevoir, soit dans le cas où l'acteur, subitement converti, voudrait sincèrement le recevoir de l'autre acteur qui le lui donne en se jouant. A toutes ces difficultés, saint Augustin répond que l'Eglise n'a pas donné de solution. Que si on exige son avis particulier, le voici : 1° : « Nequaquam dubitarem liabere eos baptismum qui ubicumque, et a quibuscumque, illud verbis evangelicis consecratum, sine sua simulatione, et cum aliqua fide accepissent » (102). L'intention du ministre n'est donc pas requise pour la validité du baptême ni dans l'Église, ni chez les hérétiques. 2° : « Sicut iam praeteritis maiorum statutis, non dubito etiam illos habere baptismum, qui quamvis fallaciter id accipiant, in Ecclesia tamen accipiunt, vel ubi putatur esse Ecclesia, ab eis in quorum societate id accipitur » (102). L'intention du sujet n'est donc pas requise non plus pour sa validité, quand le baptême est reçu dans une communauté chrétienne. 3° : Que si la chose se passait en dehors de toute Eglise « totum ludicre et mimice et ioculariter », il faudrait demander à Dieu une révélation pour savoir si l'on doit, oui ou non, accepter un pareil baptême (102).
On s'est étendu un peu longuement sur les principes généraux relatifs aux sacrements répandus dans les écrits de saint Augustin, parce qu'ils constituent la
première ébauche de la synthèse sacramentaire réalisée par le moyen âge. Il est temps d'en venir aux sacrements en particulier.
Sur le baptême, l'évêque d'Hippone a écrit deux traités de polémique contre les donatistes, le De baptismOy en sept livres, et le De unico baptîsmo contra Petilianumj respectivement de 400 et 410.
Le baptême est le sacrement qui donne la vraie foi, le sacrement de la régénération [sacramentum natwitatis\ vuha matins aqua baptismatis) ^, symbolisé par l'eau sortie du côté ouvert de Jésus en croix 2. On le confère avec de l'eau préalablement bénite et la formule in nomine Patris et Filii et Spiritus SanctP.
Ses effets sont de remettre tous les péchés « omnia peccata... prorsus otnnia^ ». Il remet en particulier le péché originel^ : aussi l'enfant baptisé qui meurt avant l'âge de raison échappe-t-il à la condamnation commune portée contre l'humanité®. Quant à la concupiscence, le baptême n'en délivre pas, mais il lui enlève sa culpabilité, son reatas, et jette dans Tâme le principe de sa disparition au jour de la résurrection^. De plus, il est la condition pour les chrétiens de la rémission des péchés qu'ils commettront dans la suite de leur vie, et de la valeur de leurs prières et de leurs aumônes pour les effacer^. Tout ceci cependant ne représente que le côté en quelque sorte négatif de l'efficacité baptismale. Positivement, le baptême com-
4. De bajjtismo, IV, 22, 23; Sermo CXIX, 4; In epist. loann. tract. V, 6.