‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 348 sur 426 · Senno CXXXI · texte numérisé non relu

Senno CXXXI

comme le fruit principal de l'eucharistie, vie qui n'est autre chose que l'union au Christ, et qui se traduit par l'union fraternelle, comme on l'a noté ailleurs.

Mais pour y participer, pour manger utilement ce pain céleste, il faut être innocent ou du moins n'avoir point de péché grave : « Videte ergo, fratres, panem caelestem spiritualiter manducate, innocentiam ad aitare apportate. Peccata etsi sunt quotidiana vel non sint mortifera^ »

Le saint docteur n'a pas voulu se prononcer sur la question de savoir s'il convenait de communier quotidiennement 2. En revanche, on sait qu'il regardait la réception de l'eucharistie comme nécessaire à tous et même aux enfants pour le salut, d'après le texte : Nisi manducai^eritis carnem filii hominis... non habebitis çitam in çobis : « Si ergo, ut tôt et tanta divina testimonia concinunt, nec salus nec vita aeterna sine baptismo et corpore Domini cuiquam speranda est, frustra sine his promittitur parvulis^. » Il a été entraîné ici hors des bornes par l'ardeur de la lutte contre les pélagiens, et par un parallèle outré entre la formule évangélique qui prescrit la réception du baptême et celle qui prescrit la réception de l'eucharistie.

Comme il a traité de l'eucharistie sacrement, notre auteur s'est occupé aussi — bien qu'assez superficiellement — de l'eucharistie sacrifice. Le sacrifice, dans sa notion très générale, est toute œuvre qui nous rapproche de Dieu et nous unit à lui : ainsi l'homme qui se consacre à Dieu en mourant au monde peut être dit

Page 1