P. L., XLV
paraître devant lui et les évêques de la province romaine. Au lieu de comparaître, Celestius s'enfuit. Le concile condamna donc Celestius et Pelage S et une longue Epistula tractoria, portant cette condamnation et relatant tous les détails de l'affaire, fut envoyée par le pape, pour y être souscrite, à toutes les Eglises de TOccident et de l'Orient. Il ne reste de cette lettre que quelques fragments 2. Ils nous apprennent que Zosime y enseignait le péché originel, la nécessité de la grâce, et faisait siens les canons 4, 5 et 6, et probablement tous les canons du dernier concile de Cartilage^.
Dès lors la question était claire : il fallait ou souscrire à la Tractoria ou subir l'exil. Les évêques signèrent généralement partout, et le pélagianisme, remarque saint Augustin'^, se trouva condamné par l'univers entier. Seuls dix-huit évêques, et à leur tête Julien d'Eclane, résistèrent. Ils adressèrent à Zosime un libellas fidei^ assez ambigu sur le baptême et la grâce (7, 9, 15), mais très net contre le péché originel (12, 14) et sur l'innocence des saints de l'Ancien Testament (13). Ils demandaient une réponse et déclaraient que, si on voulait les forcer à souscrire, ils en appelaient à un concile général (16). On les déposa, et un ordre d'exil leur fut signifié. Ils errèrent longtemps en Orient, en quête d'évêques qui voulussent les rece-
\. Ce fut peut-être à ce moment que le pape prit connaissance du commentaire de Pelage sur les épîtres de saint Paul (Marids Mercator, Commonit., H, III, 1).
2. Réunis dans P. L., XX, 693 et suiv. Ils sont tirés de saint Augustin, Epist. CXC, 23, de saint Célestin, Epist. XXI, 9-11, et de saiut Prosper, Contra Collatorem, V, 3.