Epist. ad Epictetum
4. De decretis, 27 ; De synodis, 41 ; Tomus ad Antioch., 6. En revanche, il distingue oûaîa de (puât;. Ce dernier mot marque l'ensemble des propriétés et qualités de la substance, qui découlent d'elle. De là l'expression xatà TT?lv oOacav xal xaxà xyjv çùctiv, par exemple C, arianos, I, 29; De synodis, 45; Tomus ad Antiochenos, 6.
§ 3. — La doctrine trinitaire des Gappadociens.
Le rôle principal des Gappadociens, au point de vue trinitaire, a donc été de ramener à l'Eglise le parti des semi-ariens, et de fixer la terminologie grecque orthodoxe. Ils se trouvaient préparés à le remplir par ces circonstances qu'ils étaient, à des degrés divers, des disciples d'Origène, et qu'ils vivaient au milieu des dissidents dont ils devaient faire la conquête. Mais ces circonstances même, qui les rapprochaient de leurs adversaires, ont donné occasion, contre eux, dans ces derniers temps, à des accusations de fléchissement doctrinal que nous devrons examiner. On les a présentés comme des néo-nicéens qu'il fallait soigneusement distinguer des nicéens primitifs, Athanase, Eustathe, Hosius, et dont la pensée n'était qu'en apparence et dans les formules d'accord avec la leur.
On a déjà dit qu'Athanase et les Pères du concile de Nicée avaient confondu le sens d'oùaia et d'ÔTrôffTaatç. Ils avaient en cela suivi les Occidentaux, pour qui uTrooTTaffi; se trouvait être la traduction littérale de substantia^. Les ariens et semi-ariens, au contraire, et les disciples d'Origène, d'accord avec leur maître, donnaient à urroaxaffK; le sens de personne, et regardaient l'expression [xia uTroaTacnç comme une formule sabellienne. Ce n'était là sans doute qu'une question de mots, mais qu'il importait souverainement de résoudre enfin, pour écarter les malentendus.
Qu'est-ce que l'oùaia, et qu'est-ce que l'uTroffradi?? Ces deux mots disent-ils la même chose; et si non, en quoi diffèrent les objets qu'ils signifient?
1. On peut voir dans les lettres de saint Jérôme XV et xvn quelles difficultés soulevait pour les Occidentaux la formule tpetç u7:o<yTà<7eiç.
Saint Basile aborde directement le problème dans sa lettre xxxviii à Grégoire de Nysse. L'ouata est ce qui est commun dans les individus de même espèce (to xoivov), qu'ils possèdent tous également, et qui fait qu'on les désigne tous sous un même vocable, sans en désigner aucun en particulier (2) '. Mais cette oùffia ne saurait exister réellement qu'à la condition d'être complétée par des caractères individuants qui la déterminent. Ces caractères reçoivent différents noms : on les appelle iSiottiteç, îSitOjxaTa, tSia^ovTa avifAsTa, Ï3ia Yvwp(a(xaTa, -/apaxTYipe!;, fxopcpai' (3, 4)^. Si l'on ajoute ces caractères individuants à l'oucia, on a Vuv:6ax<xai<;. L'hypostase est l'individu déterminé, existant à part, qui comprend et possède l'ouata, mais s'oppose à elle comme le propre au commun, le particulier au générique : OOffia Ss xal uTTo'axaaiç, écrit saint Basile, TauTY,v eyei t'Jjv Siacpopàv -^v v/ei to xoivov Trpôç to xa6' sxaaxov^ oTov wç t/ei TO Çwov Trpoç tov Seïva avôpw-jrov^. Et encore : « L'hypostase n'est pas la notion indéfinie de la substance qui ne trouve aucun siège fixe, à cause de la généralité de la chose signifiée, mais bien ce qui restreint et circonscrit dans un certain être, par des particularités apparentes, le commun et l'indéterminé''. »
Cette définition de saint Basile, remarquons-le, n'est pas suffisamment poussée, et elle paraît trop identifier l'hypostase avec la substance individuelle, l'individu, et faire des caractères individuants le constitutif de la personne. Néanmoins le mot capital s'y trouve, le TO xa6' exacTov qu'il suffira d'approfondir pour avoir
1. A la prendre en soi, saint Basile la définit, dans son Adversus Eunomium, I, iO, aùxo rb thaï. En Dieu c'est l'être intime par opposition à ses attributs (<pûai<;) et à ses modes personnels (Onôaxaatç).