‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 88 sur 426 · De trinil., III, 21, col · texte numérisé non relu

De trinil., III, 21, col

4. Athan., Or. de incarn., 8; Contra arianos, II, 69; III, 34, 56; Basil., Epist. CCLXI, 3; Greg. Naz., Or. XXX, 3: Epiphan., Ancorat., 33; ChrysosT., Inloann., homil. XI, 2; LXIII, 4, 2; LXYil, 4, 2.

tant qu'homme ^ ? Cette question n'avait pas été jusqu'ici traitée par les Pères. Les ariens furent les premiers à la poser et à la résoudre. Ils admirent en Jésus-Christ une ignorance réelle, et en conclurent que le Verbe n'était pas Dieu puisque, dans leur système, il tenait en Jésus-Christ la place de l'âme. Leurs appuis scripturaires étaient surtout Marc, xiii, 32 ; Matthieu, xxiv, 36; Luc, ii, 52, et les divers passages où Jésus-Christ questionne, s'étonne ou paraît surpris.

Les Pères grecs du iv^ siècle, à leur tour, firent à cette question deux réponses différentes. Les uns, comme saint Athanase et saint Grégoire de Nysse, admettent en Jésus-Christ homme une ignorance réelle, mais rejettent d'ailleurs la conclusion des ariens. Les autres, sans exclure absolument cette explication, interprètent plus volontiers les faits allégués par une ignorance économique, Jésus-Christ déclarant ignorer ce qu'il ne jugeait pas opportun de nous révéler, ou ne manifestant que progressivement et suivant les circonstances les lumières qui étaient en lui.

Athanase s'occupe du texte de Marc, xiii, 32, dans le Contra arianos, m, 43-46. Le texte est le suivant : « Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul ». Athanase rapporte d'abord l'objection des ariens, puis il continue : « Pour nous qui aimons le Christ et qui le portons en nous, reconnaissons que ce n'est pas le Verbe ignorant en tant que Verbe qui a dit : « Je ne sais », car il savait, mais en tant que découvrant son humanité, parce que c'est le propre de l'homme d'ignorer, et que ce Verbe avait revêtu une chair ignorante, dans laquelle il disait, en tant

\. Sur cette question, voir C Gore, Dissertations on subjects connected with the incarnation, London, 1893.

qu'homme : « Je ne sais » (45). Et plus brièvement : wç [x£v Xoyoç '^KSbifSY.zr.y wç âè àvOpcoTroç àyvosT (43, et cf. Ad SerapionerUy ii, 9). Il est vrai que, au numéro 47,* Athanase paraît revenir sur son opinion. Il compare le Je ne sais de Notre- Seigneur avec celui de saint Paul (II Corinth.^ xii, 2) qui savait cependant comment il avait été ravi au ciel. Mais l'auteur veut simplement confirmer sa solution par un a fortiori, en faisant remarquer que l'on pourrait, à la rigueur, ne pas prendre à la lettre l'ignorance du Fils : car, au numéro 48, il revient à sa première affirmation, et ajoute que Jésus-Christ n'a pas menti en disant, en tant qu'homme : Je ne sais : Outs l^j/euaaTo touto sîp'/ixàç (àvôpw- TTivwç yàp ei7C£v, wç àv6p(oiToç, Oux oi5a).

Saint Athanase résout de même l'objection tirée par les ariens des questions que pose Jésus-Christ. Le fait de questionner, répond-il, n'implique pas qu'on ignore ce que l'on demande; et si l'on veut que Jésus- Christ ait réellement ignoré l'objet de ses questions, c'est à l'humanité, et non au Verbe, qu'il faut rapporter cette ignorance ^ Et quant au progrès en sagesse dont il est question dans saint Luc, ii, 52, le saint docteur ne fait aucune difficulté d'admettre que, en effet, ce progrès s'est accompli en Jésus en tant qu'homme : « La Sagesse, en tant que Sagesse, n'a pas progressé en soi-même, mais l'élément humain (to àvôpcoTTivov) a progressé en sagesse^. »

Cette dernière interprétation est celle de saint Grégoire de Nysse. Jésus-Christ, comme Dieu, était la Sagesse même, mais, comme homme, il a reçu la sagesse par participation (ex |jL£To/9iç), et de même que le corps se développe graduellement jusqu'à croissance complète par la nourriture, aussi l'esprit acquiert par

1, Contra arianos, III, 37.

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