De trinit., X
6. De trinit., X, 2'i, 27, ."JS, 37, 47. Zenon de Vérone ne pense pas non plus que Jésus-Christ ait pu éprouver la crainte. C'est au nom du juste opprimé qu'il a prononcé le Trislis est ani7na mea usque ad mortem { Tract. I, 16, 14).
7. De trinit., X, 23, 5S, 56. Saint Hilaire semble affirmer parfois que les douleurs de Jésus-Christ ont été purement fictives, qu'il n'en a pas souffert (In psalm. CXXXVIII, 3; De trinit., X, 23, 47); mais il parle alors de Jésus-Christ comme Dieu. Le Verbe, en tant que tel, n'a pas en effet souffert réellement.
les hommes, soit que nous supposions une série d'actes de volonté sans cesse renouvelés et s'opposant à l'action du privilège initial. En tout cas, les souffrances et faiblesses du Christ, loin d'être un argument contre sa divinité, en sont au contraire la preuve, étant un effet de sa puissance ^ Les objections qu'en tirent les ariens sont absolument vaines.
Nous avons suivi jusqu'au bout le raisonnement de saint Hilaire. Les autres écrivains, Victorin, Zenon, Phebadius, Ambroise, Jérôme présentent — si l'on excepte le dernier point — la même doctrine, mais moins riche et moins approfondie. Zenon écrit simplement que le Verbe n'est pas cessé, en s'incarnant, d'être ce qu'il était : « Salvo quod erat, meditatur esse quod non erat^. » Saint Ambroise et saint Jérôme, tous deux contemporains d'Apollinaire, affirment avec énergie l'existence en Jésus-Christ d'une âme raisonnable : « Quid autem opus fuit carnem suscipere sine anima, cum utique insensibilis caro et irrationabilis anima nec peccato sit obnoxia, nec digna praemio? lllud ergo pro nobis suscepit quod in nobis periclitabatur^. » C'est l'argument classique : le Verbe devait tout prendre de l'homme, puisqu'il venait guérir tout l'homme.
Depuis saint Paul, la théologie était unanime à déclarer Jésus- Christ homme exempt de toute souillure morale ; la question de son ignorance ou, si l'on préfère, de l'étendue de sa science humaine restait ouverte, ou même avait été négligée. Au iv* siècle, la controverse arienne la rend actuelle et intéressante. Il
t. De «rmj7., X, 24, 47,48.