Tract, n, 8, 2; cf
3. Ambroise, De incarnationis domin. sacram., 68, et v. 63-78; Jérôme, Apol. adv. libros Rufîni, U, 4; In epist. ad Galat., i, i; In lonam, HI, 6; elc.
était naturel que saint Hilaire, affranchissant en principe l'humanité de Jésus-Christ, à cause de son union avec le Verbe, des infirmités de la chair, l'affranchît aussi de l'ignorance qui est la suite de notre imperfection. L'évêque de Poitiers ne voit qu'une ignorance économique dans les paroles de Notre-Seigneur citées par Marc xiii, 32, « cum Filius idcirco nescire se dicat ne et alii sciant^ ». Saint Ambroise incline évidemment vers la même conclusion, bien qu'il ne paraisse pas absolument fixé. Dans son De fide ad Gratianum (378-380), il attribue à certains esprits plus hardis — dont il n'est pas — l'opinion qui admet dans la science comme dans la grâce de Jésus un progrès réel, et il conclut : « Haec tamen alii dicant^ ». 11 adopte cependant, semble-t-il, lui-même cette opinion dans le De incarnationis dominicae sacramentOj 71-73, écrit probablement en 382 3. Sur les textes de saint Matthieu xxiv, 36 et de saint Marc xiii, 32, relatifs à l'ignorance du jour du jugement, il remarque d'abord que les mots nec Filius ne se trouvent pas — ce qui est vrai pour saint Matthieu — dans les vieux manuscrits grecs, et paraît vouloir les expliquer du fils de l'homme en Jésus-Christ; puis il se ravise et adopte la solution d'une ignorance économique : « Si quaeramus, non ignorantiae inveniemus esse sed sapientiae. Nobis enim scire non proderat-* ». — Au contraire, saint Jérôme est plus ferme dans le sens de l'ignorance humaine de Jésus-Christ. Dans son commentaire sur Isaïe v, 15, il regarde comme réels les
1. De trinit., IX, 62-67. On trouve au De Irinil., IX, 73, un passage fourni par un manuscrit de Vérone, où celle ignorance est supposée réelle et rejetée sur la nature iiumaine, mais l'authenticité de ce passage est douteuse.