‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 219 sur 409 · De fide, II, 53; cf. 52; In Lucam, X · texte numérisé non relu

De fide, II, 53; cf. 52; In Lucam, X

On retrouve chez eux toutes les diverses théories sotériologiques — spéculative, réaliste, théorie des droits du démon — que nous avons signalées dans la théologie orientale. On doit ajouter seulement que la théorie réaliste est généralement plus en honneur et plus fermement proposée; les deux autres, la théorie spéculative surtout quand on la rencontre, sont manifestement le résultat de l'influence des Grecs.

On ne sera donc pas surpris d'entendre saint Hilaire déclarer que le Fils de Dieu est né de la Vierge « ut homo factus naturam in se carnis acciperet, perque huius admixtionis societatem sanctificatum in eo universi generis humani corpus existeret^ »; et encore que sa chair est comme une cité dont chaque homme est un citoyen ; en sorte que le Verbe habite d'une certaine façon en chacun de nous^, et par sa seule incarnation nous élève tous à une vie divine.

C'est ridée de saint Athanase, et celle aussi de saint Irénée. En dehors de saint Hilaire, les Pères latins du IV* siècle ne lui donnent que peu ou point d'attention. En revanche, ils s'étendent longuement, quelques-uns du moins, sur la passion et la mort du Christ, comme principe de notre rédemption.

Saint Ambroise remarque d'abord que seul, le Christ était capable de nous délivrer : personne d'entre nous ne pouvait ni se délivrer ni délivrer les autres, puisque tous les hommes, hors Jésus, étaient tenus par les liens héréditaires^. Il fallait donc que Jésus-Christ prît en main notre cause, qu'il nous fût substitué, qu'assumant sur lui la dette du genre humain, se portant comme le répondant de tous, il souftrît, expiât, payât

Page 1