Hi^oria eccles., I, 5; cf. Socrate, Hist eccL, I
mencés, et la discussion s'échauiïant entre ariens et orthodoxes, on vit rapidement se former un tiers-parti, à qui Athanase donne le nom d'eusébien (oî irepl EùaÉêiov), dont le but était de sauver l'arianisme en adoucissant ses formules et surtout d'éviter des déclarations dog-matiques trop catégoriques et trop nettes. Le chef en était Eusèbe de Nicomédie, un des prélats les plus intelligents et les plus adroits, mais un des plus ambitieux et des moins consciencieux de son temps. Eusèbe de Césarée y siégeait aussi, toutefois avec une attitude plus réservée.
Un premier symbole fut proposé par l'évêque de Nicomédie '. On le repoussa comme trop favorable aux ariens. Un second, qui était peut-être le symbole baptismal de l'église de Césarée, fut proposé par son évoque, Eusèbe^. Le Verbe y était dit « Dieu de Dieu, lumière de lumière, vie de vie. Fils unique, premier-né de toute créature, engendré du Père avant tous les siècles, par qui tout a été fait ». Une pareille formule n'eût rien décidé. Constantin, cependant, au dired'Eusèbe, s'en serait contenté, à la condition d'y introduire le mot ôijioouffioç. Mais les orthodoxes furent plus exigeants. Tout en acceptant le symbole d'Eusèbe, ils voulurent en préciser les termes. On pensa d'abord à déclarer que le Verbe est de Dieu (Ix toù ôeoû), la vertu vraie de Dieu, l'image du Père, parfaitement semblable au Père, immuable et toujours sans division dans le Père : mais on s'aperçut que les ariens trouvaient moyen de ramener ces expressions à leur sentiment ; et l'on s'arrêta enfin aux mots Ix tÎ)ç ouata; xou uarpôi; et
1. TiiÉoDor.ET, Hist. eccl., I, 7 combiné avec Saint Ambhoisk, De fide, ni, 7. L'ordre de ce qui suit est d'ailleurs hypolliétique :on ne parvient pas à reconstiluer sûrement la suite de la discussion.
2. En voir la teneur dans la leiire d'Eusèbe à son église (Socp.ate, Hist. eccl., I, 8) et dans Tu^odoret, Hist. ceci., I, H. H>hn, Bibliotek der Symbole, 3» édit., § 188.
34 HISTOIKE DES DOGMES.
ôu.oou!T'.oî comme ne donnant lieu à aucune ambiguïté * .
Ils ne furent pas adoptés sans difficulté ^. Les eusébiens objectaient que ces mots ramenaient le système émanatiste des gnostiques et supposaient Dieu un être matériel ; que l'ôijLoouaiOi; surtout était sabellien ; qu'en tout cas ces termes ne se trouvaient pas dans lEcriture. On répondit à ces objections et l'on passa outre. Le symbole d'Eusèbe fut corrigé dans ce sens. On y ajouta un anathématisme pour condamner expressément les blasphèmes d'Arius ; et l'on obtint la formule suivante^, qui fut souscrite, après quelque résistance, partons les évêques présents sauf deux, Theonas de la Marmarique et Secundus de Ptolemaïs :
[ItffTeûousv dç eva ôsov uarépa TTavroxpocTopa, TcavTtov ôpatoiv te xoà àopdcTOJv TTOi/jf/iv. liai eÎ; eva xuptov '|y](70uv Xptffxov tov uîov to'j ôeoîJ, YEVvriôévxa Ix. toû Ttarpoç [Aovoyevîî, tout£'(jTiv Ix tîjç oùdiai; Toù TTaipo';;, Qcov Ix Oeou, cpwç i/. cpojxô;, Oeov àXr,6ivov Ix Oeoù àXr,ôivou, YJvvTjOévTa ou 7toir,0£VTa, ôijioouaiov tw Trocrpî, Si' oO ta TtavTOt Iy^veto, Ta ts Iv tw oùpavto xcxi xà Iv t^ Yî1"cov Si' yjuSç Toù? àvôpiOTTOuç xal ôià Trjv •Jjj.jletc'oxv dwT'/ipiav xaTeXôo'vta xai ffapxojÔE'vTa, lvav0pt«)7T-4(javTa, TraOo'vTa, xa\ àvadtavca x^ TpiTy) ■JjijLE'pa, àvEX9ôvTa eiç oôpavoû;, xat Ipyo'jjLEvov xpTvai î^wviaç xat Vcxpou;. Kai eîç xo aytov Tïvs'jiji.a. Toù; Sa Xe'yovt»*;" rjV Trore ote oùx rjv, xat irplv Yev'''"l9îivai oux i^v, xat on 1^ oix ovxwv eye'vexo, ^ li Ixépaç uTîOdxcxffS^jç v) oùsi'aç cpàffxovxaç Etvat, ^ xxkttov v] xpsTCXov ri àXXotwxov xov uîov xou ÔEoîî, àva6£p.aTÎ(^£i ^ xaQoXixr) IxxXYiffta.
Dans cette formule, remarquons d'abord que l'expression uîo'ç a remplacé l'expression Xoyoç d'Eusèbe. La première est plus évangélique, et, en l'adoptant, on s'éloignait davantage de la conception hellénique de