‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 293 sur 409 · De Genesi ad Utl., X, 34, 37; cf. Epist. CLXIV · texte numérisé non relu

De Genesi ad Utl., X, 34, 37; cf. Epist. CLXIV

378 IIISTOirxli; DES DOGMES.

fera après lui, qu'elle a été absolue et complète. Il hésite, il est vrai, dans le De divej-sis quaestionibus LxxxiTi, question Lxxv, 2, à affirmer l'existence en Jésus homme de la pleine vision divine; mais, à la question Lxv, il interprète l'interrogation relative à Lazare : Ubi eiim posuistis? d'une ignorance économique. Il fait de même du fameux passage de saint Marc, xiii, 32 : « Hoc enim nescit quod nescientes facit, id est, quod non ita sciebat ut tune discipulis indicaret^ ». Bref, il ne veut pas même admettre d'ignorance et de faiblesse dans la raison de Jésus enfant 2.

La nature humaine du Sauveur est donc en soi entière et parfaite. D'autre part, cette nature est unie au Verbe. Comment saint Augustin comprend-il cette union sur laquelle, au lendemain de sa mort, l'Orient allait tant discuter? On peut répondre qu'il la comprenait de telle façon, malgré quelques impropriétés de langage, que le nestorianisme et le monophysisme venus après lui n'eussent jamais pu, ce semble, prendre pied en Occident. En Jésus-Christ le Verbe et l'homme sont unis; mais cette union ou plutôt cette unité ne s'est pas faite par une transformation du Verbe en l'homme ni de l'homme dans le Verbe; elle ne s'est pas réalisée non plus par un mélange ou combinaison des deux. Non, les deux natures, divine et humaine, sont restées distinctes : Jésus-Christ est Dieu et homme, et par là médiateur. Il y a cependant entre l'homme et le Dieu union intime, union à laquelle le saint docteur donne parfois le nom de mélange^, qu'il compare souvent à l'union de l'àme et du corps '', mais qu'il désigne surtout comme une union personnelle, hypostatique.

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