Contra Iulian. op. imp., V
cence que se transmet le péché originel. Dans les païens la chose va de soi : la chair souillée et pécheresse, la concupiscence encore péché produit la chair pécheresse et souillée, la concupiscence coupable. Dans les époux baptisés, la concupiscence, il est vrai, n'est plus imputée à péché; elle accompagne cependant l'acte conjugal, et produit dans l'enfant la concupiscence, laquelle se trouve être en lui un péché, le péché originel, puisqu'il n'est point encore régénéré. Les textes où saint Augustin a consigné cet enseignement sont innombrables : « Propter hanc (concupiscentiam) ergo fit ut eliam de iustis et legitimis nuptiis filiorum Dei, non filii Dei sed filii saeculi generentur : quia et ii qui genuerant, si iam regenerati sunt, non ex hoc générant ex quo filii Dei sunt sed ex quo adhuc filii saeculi... Ex hac igilur concupiscentia carnis quod nascitur, utique mundo non Deo nascitur. Deo autem nasciturcum ex aqua et Spiritu renascitur. Huius concupiscentiae reatum regeneratio sola dimittit, ac per hoc generatio trahit*. » — Et voilà pourquoi Jésus- Christ a voulu naître d'une vierge. La naissance virginale était la condition de sa parfaite innocence : « Propterea quando nasci est in carne dignatus, sine peccalo solus est natus^. » — « Quia Mariae corpus quamvis inde (ex concupiscentia) venerit, tamen eam non traiecit in corpus quod non inde concepit'. »
Cette explication cependant rendait bien compte de ce qui se passait dans la chair, la concupiscence engendrant la concupiscence comme le sang vicié un
1. De nupt. el concup., I, 20, 2t, 27; Contra Iulian., V, 52; Contra Iulian, op. imp., M, 42, 218; Contra duas epist. pelag., I, 27; Sermo CM, S.