Contra duas epist. pelag., III
4. Deperfecl. imtit. hominis, 17; De spirit. et litl., 48; Episl. CCXJV,
tout en étant une récompense, elle ne soit une grâce, puisque nos mérites eux-mêmes sont le fruit de la grâce, et en un sens, des dons de Dieu : « Unde et ipsam vitam aeternam, quae certe merces est operum bonorum, gratiam Dei appellat Apostolus... Intellegendum est igitur ipsa hominis bona mérita esse Dei munera; quibus cum vita aeterna redditur, quid nisi gratia pro gratia redditur ' ? »
Le mérite proprement dit, comme on vient de le voir, suppose en l'homme l'état de justice 2. C'est ce que nous nommons l'état de grâce, la grâce sanctifiante. Saint Augustin a plusieurs fois accusé les pélagiens de borner le rôle de la justification à la rémission des péchés'. Julien d'Eclane attribuait cependant au baptême des enfants la production en eux d'une vie nouvelle et plus haute ^. b'.n tout cas, l'évêque d'Hippone insistait sur le renouvellement intérieur dont cette justification était le principe : « Non enim advertunt eo quosque fieri filios Dei quo esse incipiunt in novitate spiritus et renovari in interiorem hominem secundum imaginera eius qui creavit eos'. » Par elle nous devenons enfants de Dieu, images de Dieu, semblables à notre Père, et aussi revêtus du nouvel homme, de la vie de Jésus-Christ. Nous vivons de la vie de Dieu et participons à sa justice que Jésus-Christ nous communique^. Cette justice d'ailleurs peut s'accroître chaque jour jusqu'à ce qu'elle se consomme dans la gloire : « Ipsa iustitia, cum proficimus, crescit... et unusquis-