Depeeeat. merit. et remiss., n
6. Depeecal. merit. et remiss., I, 10, 11; II, 10; Contra Faustum manich., III, 3; Contra Adimant, manich., V, 2; In loan. tract, xix, il.
que vestrum iam in ipsa iustificatione constitutus... proficiens de die in diem... proficiat et crescat donec consummetur ^ »
§ 6. — La prédestination^.
La doctrine de la prédestination est le couronnement de celle de la grâce. La prédestination est l'acte par lequel Dieu décrète qu'il donnera à un certain nombre d'hommes des grâces en cette vie, ou la gloire en l'autre. On en distingue généralement deux sortes, la prédestination à la gloire, qui emporte nécessairement la prédestination à la grâce, et la prédestination à la grâce seule ou à la foi, laquelle ne suppose pas nécessairement la prédestination à la gloire.
Saint Augustin avait paru enseigner en une occasion que la prédestination à la grâce et à la foi dépendait de la fidélité à la vocation divine prévue par Dieu, ou, pour être plus précis, que si Notre Seigneur avait prêché dans tels lieux et à tel moment, c'est parce qu'il avait prévu que là se trouveraient à cet instant des âmes qui recevraient sa parole^. Ses adversaires semipélagiens lui rappelèrent plus tard ce passage qui favorisait leur propre opinion. L'évêque d'Hippone se justifia en observant que, dans le passage objecté, écrit pour des païens, il n'avait pas voulu traiter ex professa la question, qu'il y avait réservé, comme causes explicatives de la vocation divine, le secret conseil de Dieu
\. Sermo CLVHI, S.
2. En commeoçaiit ce paragraphe, je ne saurais trop exhorter les personnes à qui ces difficiles matières ne sont pas familières à les étudier dans un bon auteur de théolo^Me. Il m'est impossible de donner Ici toutes les explications qui seraient utiles ou même nécessaires.
3. Epist. en, 14, 15; De praedest. sanclor., 17; on lui reprochait également des passages des propositions (iO et 62 de YExposilio guarumdam propositionum ex epist. ad Romanos. V. Epist. CCXXVI, 3.
et d'autres causes différentes de la foi prévue des auditeurs, et enfin que ces mérites prévus, dont il avait parlé, supposaient eux-mêmes une g-râce préalable gratuitement concédée ' . On ne pouvait donc en conclure que la vocation à la foi n'était pas gratuite. Elle l'est au contraire absolument, comme le prouvent les paroles de Notre Seigneur sur Tyr et Sidon [Matth., XI, 21) : « Non enim quia credidimus, sed ut credamus elegit nos : ne priores eum elegisse dicamur... Née quia credidimus sed ut credamus vocamur^, » Et sur la vocation à la grâce : « Elegit ergo nos Deus in adoptionem filiorum, non quia per nos sancti et immaculati futuri eramus, sed elegit praedestinavitque ut essemus. Fecit autem hoc secundum placitum voluntatis suae ut nemo de sua, sed de illius erga se voluntate glorietur^. »
Ce n'est pas du reste de la prédestination à la foi et à la grâce que saint Augustin s'est surtout occupé : c'est de la prédestination à la gloire ; et il n'a guère parlé de la première qu'en tant qu'elle est incluse dans la seconde. Il a consacré à ce sujet surtout les trois traités De correptione et gratîa; De praedestinatioiie sanctorum et De dono perseverantiae, écrits tous trois à la fin de sa vie.
La prédestination n'était et ne pouvait être pour lefe pélagiens qu'un acte de volonté consé(juent à un acte de prescience et nécessité par lui. Dieu prévoyant ce que serait chaque homme dans l'ordre moral par son libre arbitre, en fixait par avance le sort dernier^. Dans le système semi-pélagien, dont il sera question
1. De praedestin. sanct., 48, 19; Retract., IF, 31 ; De dono persever., 23.
2. De praedest. sanct07:, 38; De do)W persever., 23, 23; Contra Iulian., V, 13; Epist. CLXXXVI, »-6.