De praedest. sanclor
plus tard, mais dont l'évêque d'Hippone connut les premières manifestations, le commencement seul de la foi dépendait de l'homme, les œuvres et la persévérance étaient proprement l'objet d'un décret divin prédestinant les justes à la sainteté, et par suite à la gloire*. Saint Augustin ne comprend point ainsi la prédestination.
Avant tout, Dieu choisit ses élus et les prédestine au ciel : « Elegit Deus in Christo ante constitutionem mundi membra eius : et quomodo eligeret eos qui nondum erant nisi praedestinando? Elegit ergo praedestinans eos 2. »
Ce choix, cette prédestination de Dieu atteint toujours son but : l'assurance du salut est liée à la prédestination. Le prédestiné peut ne pas appartenir momentanément à l'Eglise ou à son corps visible ; il peut s'égarer pour un temps en dehors de la voie : Dieu saura l'y ramener quand il le faudra : « Ex his nullus périt, quia omnes electi sunt... Horum si quisquam périt fallitur Deus; sed nemo eorum périt quia non ïallitur Deus'. »
L'acte de prédestination en effet emporte avec soi la collation de tous les moyens qui doivent conduire à la gloire. L'évêque d'Hippone les a énumérés d'après saint Paul : « Quos enim praedestinavit ipsos et vocavit, illa scilicet vocatione secundum propositum : non ergo alios, sed quos praedestinavit ipsos et vocavit; nec alios, sed quos ita vocavit ipsos et iustifîcavit : nec alios, sed quos praedestinavit, vocavit, iustifîcavit ipsos et glorifîcavit {Rom. viii, 30)... Eligendo ergo fecit divites in fide sicut haeredes regni*. » Ainsi les