‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 42 sur 409 · Hilaire, Fragm. IX; Sllpice Sévère, Hist. sacra. II · texte numérisé non relu

Hilaire, Fragm. IX; Sllpice Sévère, Hist. sacra. II

3. Saint Jéhôme, Dialog. contra luciferianos, 18; Sllpice Sévèbe, llist. sacra, II, 44.

l. V. la' formule dans Socrate, Hist. eecles. If, 40; Hahn, § IffiJ. a. Hilaire, Contra Conslantium imper atorem, 13, là; Socrate, Eist, eccles., II, 39.

LES HÉRÉSIES TRINlTAlllES DU IV' SIÈCLE. ô?

Mais les acaciens intervinrent encore, et, à la suite de discussions et d'intrigues de tout genre, les députés de Séleucie finirent par signer la formule de Nice, augmentée des additions des vingt évèques de Rimini (359)*. C'était le triomphe des acaciens. Ils le consacrèrent par un synode tenu à Constantinople en 360, déposèrent les chefs semi-ariens, Basile d'Ancyre, Cyrille de Jérusalem et beaucoup d'autres, intronisèrent Eudoxius à Constantinople et Eunomius à Cyzique, et firent signer de force la formule de Nice dans les provinces. L'univers, suivant l'expression de saint Jérôme, pouvait se croire arien.

§ 6. — Les pneumatomaques.

11 ne l'était pas cependant, et la mort de Constance, survenue l'année suivante (3 novembre 361), allait précisément marquer le commencement du retour à l'orthodoxie. Mais à la question des rapports du Père et du Fils une autre venait justement de se joindre, celle de la divinité du Saint-Esprit et de ses rapports avec les deux autres personnes. Le problème était bien un problème trinitaire.

Arius et Eunomius, on l'a vu, regardaient le Saint- Esprit comme une créature du Fils : toutefois, ce côté de leur doctrine était jusqu'ici resté dans l'ombre. Vers 359-360, il émerge en deux points géographiques à la fois. Athanase s'est retiré au désert : il y reçoit des lettres de Sérapion, l'évêque de Thmuis, l'informant qu'un certain nombre de fidèles ou de pasteurs, détestant d'ailleurs l'impiété d'Arius sur le Fils, conservent sur le Saint-Esprit des sentiments erronés.

1. HiLAiRK, Contra Const. imper., 15; SozomÈ!«e, Hist. eccles., IV, 23; EcLPiCE SÉvÈr.E, Hist. sacra, U, 43.

Ils en font une créature, un des esprits serviteurs, ne différant des anges que par le degré : Xeyovtojv aùro (tô ayiov Trve'u[x.«) [ir\ (jlovov XT(flr[jLa, àXXà xai Twv XeiTOupYixtôv ttvsu- [xocTtov Iv ocÙtÔ eTvai, xai |3a6ij(,â) [xovov aÔTO Sta'pspstv twv àyyé- Xwv^. Pour réfuter cette erreur, Athanase écrit ses lettres I, m, iv à Sérapion. Il y nomme les nouveaux hérétiques tropicistes (xpoTrixoi), parce qu'ils expliquent par des métaphores ou tropes les paroles de l'Ecriture qui vont contre leur sentiment.

Au même moment, ou peut-être un peu avant ^, des évêques du parti homoiousien ou semi-arien se prononçaient aussi contre la divinité du Saint-Esprit, et ne craignaient pas de le présenter comme un serviteur semblable aux anges ^. Leur doctrine se répandit rapidement à Constantinople, dans la Thrace, la Bithynie, l'Hellespont et les provinces voisines. Tous les semi-ariens ne l'adoptèrent pas d'abord : elle devint toutefois si commune parmi eux que le nom de semiariens devint, entre 360 et 380, synonyme de pneumatomaques. On appela encore ceux-ci macédoniens, du nom de l'ancien évêque de Constantinople ^ ou marathoniens, du nom de l'évêque de Nicomédie, Marathonius, un de leurs chefs.

Page 1