Epist. ad Epictetum
4. De decretis, -2' ; De synodis, 41 ; Tomus ad Antioch., 6. En revanche, il distingue oûcta de çOatç. Ce dernier mot marque l'eiisemble des propriétés et qualités de la subslanco, qui découlent d'elle. De là l'expression xaxà xi^v oùfftav xai xaxà t/jv çûaiv, par exemple C. ai'ianos, I, î3; De synodis, 45; Tomus ad Antiochenos, 6.
§ 2. — La doctrine trinitaire des Cappadociens.
Le rôle principal des Cappadociens, au point de vue trinitaire, a donc été de ramener à l'Eglise le parti des semi-ariens, et de fixer la terminologie grecque orthodoxe. Ils se trouvaient préparés à le remplir par ces circonstances qu'ils étaient, à des degrés divers, des disciples d'Origène, et qu'ils vivaient au milieu des dissidents dont ils devaient faire la conquête. Mais ces circonstances même, qui les rapprochaient de leurs adversaires, ont donné occasion, contre eux, dans ces derniers temps, à des accusations de fléchissement doctrinal que nous devrons examiner. On les a présentés comme des néo-nicéens qu'il fallait soigneusement distinguer des nicéens primitifs, Athanase, Eustathe, Hosius, et dont la pensée n'était qu'en apparence et dans les formules d'accord avec la leur.
On a déjà dit qu'Athanase et les Pères du concile de Nicée avaient confondu le sens d'oiuta et d'ÔTrôuTadiç. Ils avaient en cela suivi les Occidentaux, pour qui ÛTOffTaoriç se trouvait être la traduction littérale de substantia\ Les ariens et semi-ariens, au contraire, et les disciples d'Origène, d'accord avec leur maître, donnaient à oTtofyraffiç le sens de personne, et regardaient l'expression [Ai'a vizôazctmq comme une formule sabellienne. Ce n'était là sans doute qu'une question de mots, mais qu'il importait souverainement de résoudre enfin, pour écarter les malentendus.
Qu'est-ce que l'oùffi'a, et qu'est-ce que l'ÔTtoaTaorn;? Ces deux mots disent-ils la même chose; et si non, en quoi diffèrent les objets qu'ils signifient?
1. On peut voir dans les lettres de saint Jérôme XV et XVII quelles difficultés soulevait pour les Occidentaux la formule Tpeïç (jnociiczn.
Saint Basile aborde directement le problème dans sa lettre xxxviii à Grégoire de Nysse. L'oùai'a est ce qui est commun dans les individus de même espèce (to xoivo'v), qu'ils possèdent tous également, et qui fait qu'on les désigne tous sous un même vocable, sans en désigner aucun en particulier (2) '. Mais cette oùffi'a ne saurait exister réellement qu'à la condition d'être complétée par des caractères individuants qui la déterminent. Ces caractères reçoivent différents noms : on les appelle iSiottiteç, î5iw[/.aTa, îSta^ôvta (Tï)[x«îa, Î8ia Y^'wp((T[xaTa, ^(^apKXTïjpsç, }Aop<pai' (3, 4) ^. Si l'on ajoute ces caractères individuants à Voùai'x^ on a rôTCoorxaai;. L'hypostase est l'individu déterminé, existant à part, qui comprend et possède Toùaia, mais s'oppose à elle comme le propre au commun, le particulier au générique : Oùdia SE xal uuoffTadK;, écrit saint Basile, TauT-/;v E/Ei TTjv Siacpopàv •î^v iyn to xoivov Trpcx; xo xotô' exaffxov, olov wç i/ti xo Cwov Trpo; xov Seiva àv9pto7TOV^. Et encore : « L'IlVpostase n'est pas la notion indéfinie de la substance qui ne trouve aucun siège fixe, à cause de la généralité de la chose signifiée, mais bien ce qui restreint et circonscrit dans un certain être, par des particularités apparentes, le commun et l'indéterminé''. »
Cette définition de saint Basile, remarquons-le, n'est pas suflisamment poussée, et elle paraît trop identifier l'hypostase avec la substance individuelle, l'individu, et faire des caractères individuants le constitutif de la personne. Néanmoins le mot capital s'y trouve, le xo xaô' exaffxov qu'il suffira d'approfondir pour avoir
1. A la prendre en soi, saint Basile la définit, dans son Adversus Eunomium, I, 10, aùxà to eivat. En Dieu c'est l'être intime par opposition à ses atlributs (çûdtç) et à ses modes personnels (Onôffxaaiî).