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Oratio XXXI

LA DOCTRINE TRIiNITAlRE GRECQUE AU IV' SIÈCLE. 89

padociens qui vient d'être donné, il est un point toutefois dont j'ai jusqu'ici dilTéré l'examen, et dont il est nécessaire maintenant de traiter à part, puisqu'il devait continuer d'exercer la sagacité des théologiens et soulever des controverses ardentes : il s'agit de la procession du Saint-Esprit.

§ 3. — La question spéciale de la procession du Saint-Esprit*.

Que xB Saint-Esprit procède du Père, c'est une vérité que l'Eglise grecque avait toujours admise, et qu'elle reconnaissait clairement au iv* siècle. Le Père est la source de la Trinité, et par conséquent le principe des autres personnes. Mais on pouvait se demander — et on l'avait déjà fait — si un rôle et quel rôle revient au Fils dans cette production. Et ce rôle pouvait d'ailleurs être conçu de diverses façons, ou comme celui d'un simple intermédiaire par lequel la substance du Père, communiquée au Fils, se communique au Saint-Esprit — à peu près comme un canal, recevant l'eau de la source, la transmet au réservoir oii elle se déverse; — ou bien comme celui d'un principe dynamique, participant à la fécondité active du Père, et produisant, avec lui et sous lui, l'Esprit-Saint.

On a vu plus haut que saint Athanase admet visiblement la conception générale qui fait venir immédiatement du Fils l'être du Saint-Esprit. L'idée de saint Cyrille de Jérusalem n'est pas différente : « Le Père donne au Fils, et le Fils communique au Saint-Esprit : IlaT^Jip fA^v Sîowoiv uiw xa) vîôç (xETaSiSwaiv âyiw irveufiati ^. »

1. V. Th. Schbrmann, Die Gotlheit des heiligen Geistes nach den grie- «hischen Vâtern des IV Jahrhunderten, Freiburg im Br., 1901. 9. Catéchèse XVI, 2».

Saint Basile précise un peu ces vues sans leur imprimer cependant rien de définitif. Le Saint-Esprit vient du Père ; il est comme le souffle de sa bouche ' ; mais aussi « la bonté native, et la sainteté naturelle, et la dignité royale émanent du Père par le Monogène sur l'Esprit (èx ïrarpoç âtà toïï [xovoysvouçj ^ ». Ce Fils rattache seul l'Esprit au Père 3. La relation qu'a le Fils avec le Père, le Saint-Esprit l'a avec le Fils : *£î<; xoivove/si ôuioçTTpo; tÔv Tratépa. outoj Trpo; tov olov to 7rveû[ji.a''. Il est l'Esprit du Fils, son Esprit propre (ÎSiov), en qui le Fils opère tout^.

Saint Grégoire de Nazianze ne dit presque rien de la question. Orateur qui expose le dogme, il s'en tient aux points définis. Le Saint-Esprit procède du Père (IxTropôûêTat). Parce qu'il procède de lui, il n'est pas le Père; et parce qu'il procède, il n'est pas né, il n'est pas le Fils. En quoi consiste précisément cette procession, nous l'ignorons. Que les adversaires disent d'abord ce qu'est Vi^tyvT,a'.ct du Père, et on leur dira ce que sont la yivvi]<ii<; du Fils et rixTropeudiç du Saint-Esprit^. — Quant aux rapports d'origine du Fils et du Saint-Esprit, le saint docteur n'en parle presque pas.

Il en va autrement de saint Grégoire de Nysse. A la fin de son petit traité Quod non sint très dii"^ , il remarque que ce qui fait la distinction des personnes dans la Trinité, c'est leur origine, l'une étant cause (to atTtov), les deux autres causées (to aÎTiarov}. Toutefois, celles qui sont causées ne le sont pas de la même

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