P. G., XCI, 21 et suiv
LE MONOTHELISME. 191
OsXrjuia Yvw|J-t>tov ne se distingue donc pas du ^ikfi^oL cpuatxov comme le particulier du général, ni surtout comme le libre du nécessaire ; car le Ô£X-/)aa cpuaixov peut être libre lui aussi et même d'une liberté plus haute, car elle exclut la possibilité de se tromper et de pécher. Dieu veut librement de cette façon'. Le 6£Xy]|ji.aYvojuLixovestle vouloir purement humain, toujours faillible et imparfait par quelque endroit.
Ceci posé, Maxime remarque que la volonté libre faisant partie de la nature humaine, le Verbe, s'il a pris réellement cette nature, a pris nécessairement aussi cette volonté^. Mais il l'a prise sans ses défauts, c'est-à-dire sans la possibilité de faillir et de pécher, puisque cette possibilité vient en nous de l'ignorance et de la concupiscence, deux choses auxquelles le Christ n'est pas sujet. On trouve donc en lui le 6sXyi(xa cpuaixov, c'est-àdire la volonté et l'acte de vouloir tels qu'ils conviennent à notre nature, mais non pas le ôsXyjixa yvwfjitxov, dont les causes sont des défauts de cette nature. Jésus- Christ n'avait besoin, pour se décider, ni de peser les raisons pour et contre, ni de faire appel à des motifs extérieurs : le bien lui apparaissait de prime abord, et sa volonté s'y portait sans obstacle 3.
C'est l'union hypostatique évidemment qui était, en Jésus, le principe de cette rectitude absolue de la volonté humaine. On ne peut imaginer dans l'Homme- Dieu une déviation morale qui serait attribuable au Verbe. Et c'est pourquoi, contrairement à l'affirmation des monothélites, on doit admettre en Jésus-Christ deux volontés, l'une divine, l'autre humaine, sans craindre qu'elles s'opposent et se combattent. Il n'y a
1. p. G., IV, 141; XC, 1088. On remarquera que Maxime entre dans l'idée platonicienne qui fait de l'ignorance la source du péché, P. G., 989 A.