P. G., LXXXYI, 1, col. 119G
Saint-Esprit ejc Filio. Le pape Martin P"" avait dû sans doute l'énoncer quelque part, dans ses écrits envoyés en Orient au sujet du monothélisme. Ses adversaires Taccusèrent d'hétérodoxie. Saint Maxime, qui nous apprend le fait\ s'efforce de disculper le pape en expliquant que les latins, en disant que le Saint-Esprit procède du Fils, n'ont pas l'intention de faire du Fils la cause (aKia) de l'Esprit-Saint, car le Père seul est cause proprement des deux autres personnes, mais seulement d'indiquer que le Saint-Esprit vient par le Fils (àXX' iva to ôi' au-rou Trpoïsvat ôyjXwdioffi), et qu'il a même substance que lui. C'était ramener la formule latine au sens de la formule grecque. En tout cas, c'est à cette dernière formule que s'en tient personnellement saint Maxime : le Saint-Esprit, dit-il, « procède substantiellement et ineffablement du Père par le Fils engendré », Ix tou TcaTpb; ouaitoSox; ôi' uîou Y£vvY)6£VToç àcppa<TTO)ç IxTTopsuoaevov - .
§ 2. — Angélologie.
On a vu qu'au iv^ siècle les cappadociens eux-mêmes n'étaient pas fixés sur la spiritualité proprement dite des anges, et que saint Grégoire de Nazianze n'ose se prononcer absolument sur cette question. Au v^ siècle, les auteurs continuent d'enseigner que les anges sont àacojxaToi^^uTTÈp orwfjia xal aïc6riaiv'«, cpucriç àaapxoç àdpaxoç;, et qu'ils ne peuvent éprouver la concupis-
\. p. G., XCI, 133, 136; cf. P. L., CXXIX, 577.
2. Quaestiones ad Thalassium, LXHI (P. G., XC, 672); Quaest. et dubia, Interrog. 34.
3. Théodoret, Quaest. in Gènes., Interrog. 3 (col. 81) et cf. interr. 69 (col. 177); Quaest. in Exod., Interr. 29 (col. 257) ; Gi^aec. affect. curatio, III (col. 891).
4. Cyrill., Contra Iiilian., III (col. 641) : Glaphyr. in Gènes.. II (col. 52, 53).
cence'. Ces auteurs s'élèvent surtout contre l'ancienne interprétation du passage de la Genèse (vi, 2), qui voyait des anges dans les fils de Dieu séduits par les femmes =^. Et il serait pourtant téméraire de conclure de tout ceci que la doctrine de la spiritualité des anges fût dès lors communément admise en Orient. C'est que le sens du mot awjjLa n'était pas pour ces auteurs aussi précis qu'il Test pour nous. D'un côté, saint Cyrille de Jérusalem remarque que tout ce qui n'a pas un corps grossier (TrapawijLa) peut être justement appelé esprit (Trvsujjia)^, et Philopon reproche en effet à Théodore de Mopsueste et à Théodoret d'avoir attribué aux anges des corps subtils '•. D'autre part, nous voyons Anastase le Sinaïte distinguer des corps terrestres, à trois dimensions, et des corps célestes qui n'ont point de profondeur ou d'épaisseur (7rdt;(oç), et encore des corps matériels (uXtxov) tangibles et corruptibles, et des corps simples (Xstttov) qui ne tombent pas sous le toucher^.
A la fin du v^ siècle cependant, le Pseudo-Aréopagite affirma clairement la spiritualité des anges. Il parle de leur simplicité déiforme, OsoiSsa-caTY) à-rcXotyic;, de leur vie toute intelligente, et les appelle des esprits supramondains (uTrepKofffxiwv vowv)^. Cette conception devait triompher. Elle fut naturellement adoptée par saint Maxime dans ses scholies; mais ce fut plutôt dans l'Église latine qu'elle reçut sa pleine expression. Anastase le Sinaïte se contente d'indiquer comme
1. Basile de Séleucie, Orat. VI (col. 88); Isidor. Pelus., Epi&t. IV, 19-2.
2. Cyrill., Glaph. in Gènes., II (col. 54); Théodoret, Quaest. in Gencs., Interr. 47 (col. 148); Basil. Seledc, Orat. VI (col. 88); Isid. Pelus., Epist. IV, 492.