Col
ment converti au corps dans la consécration. 11 concède qu'après cette consécration il n'y a qu' « un corps du Fils ». mais de la même façon qu'après l'incarnation il n'y a qu'un fils et une personne en Jésus-Christ, encore que les deux natures persistent d'exister. Voici le texte :
« Sicut enim antequam sanctificetur panis, panem nominamus : divina autem illum sanctificante gratia, mediante sacerdote, liberatus est quidem ab appellatione panis ; dignus autem habitus dominici corporis appellatione, etiamsi natura panis in ipso permansit, et non duo corpora,sed unum corpus Filiipraedicamus : sic et hic divina èviSpua-àcjr];, id est insidente corpoii natura, unum Filium, unam personam utraque haecfecerunt^. )>
C'est ainsi que la crainte du monophysisme, et l'abus que faisaient sans doute les eutychiens de l'argument rapporté dans V Eranistes ont arrêté en Orient le développement de la doctrine de la conversion. On la retrouvera dans saint Jean Damascène, mais réduite à une simple affirmation, sans commentaire qui l'explique.
Quant au caractère sacrificiel de l'eucharistie, il est souvent affirmé dans la période qui nous occupe, sans que la théorie proprement dite du sacrifice eucharistique avance beaucoup. Théodoret remarque que le Sauveur a inauguré à la cène l'exercice de son sacerdoce, sacerdoce qu'il continue d'exercer comme homme par le ministère de l'Église, alors qu'il reçoit, comme Dieu, l'offrande du sacrifice^. Il y a donc dans l'Église « un sacrifice divin et non sanglant » (Oeia xai àvaifxaxxoç
1. Col. 7o8. M. GoRE {Dissertations on subjects connected with the Incarnation, London, 1895, p. 27o, 276) cite encore, comme partisan de la doctrine de Théodoret en Orient, le patriarche Ephrem d'Antioche (526-545) : mais le texte qu'il donne et qui est tiré de Photius {Biblioth., cod. 229, P. G., cm, 980) me paraît peu concluant.
2. In psalm. CIX, v. 4 (col. 1772, 4773) ; cf. EuTYCinus, Sermo de paschale, 2, 4, col. 2393, 2397.
ôuffia) ^ dont Jésus-Christ est le prêtre principal, dont la victime est aussi le seul agneau immaculé qui porte les péchés du monde-. Là, est représentée par la fraction du pain la mort du Sauveur ; Jésus-Christ est mystiquement immolé; il meurt spirituellement^; caries prêtres n'offrent pas un autre sacrifice que celui de la Croix, mais célèbrent la mémoire de cet unique et salutaire sacrifice ''. Le mot le plus énergique sur ce sujet, et qui rappelle une expression de saint Grégoire de Nazianze, est de Nestorius : « Le Christ est crucifié en figure, égorgé par le glaive de la prière sacerdotale », TTaupouTai [X£V xaxà xbv tuttov XpiCTo'ç, tt] ir^ç îepaTixî^ç eù/v^ç jxaj^aipa açaTToasvoç^.En dehors des descriptions données par les Constitutions de l'église égyptienne et par le Pseudo-Denys ^, nous possédons d'ailleurs de cette époque d'abondants documents sur la liturgie eucharistique, puisque de nombreuses liturgies furent alors rédigées sous le nom d'apôtres ou de docteurs célèbres, dont le texte, encore qu'il ait pu être retouché, nous renseigne assez exactement sur les croyances et les usages alors en vigueur ".
§ 8. — La pénitences.
La discipline pénitentielle dut occasionner, elle