Novelle CXWllï (de 539), P. L., LXXII, col
loppement du monachisme. Il avait pris naissance au IV® siècle en Egypte d'abord, mais il se répandit rapidement en Palestine, en Syrie, dans la Cappadoce et autour de Constantinople. La vie monastique, qu'il s'agisse de la vie érémitique ou de la vie conventuelle, est, en soi, l'expression d'un christianisme plus complet, d'une perfection chrétienne plus haute. Astreint au célibat, à la pauvreté, souvent à l'obéissance sous un abbé, généralement mal nourri, mal vêtu, jeûnant fréquemment, le moine apparaissait aux simples fidèles comme l'homme de Dieu par excellence. Ce n'est pas que tous réalisassent cet idéal, il s'en faut, mais beaucoup y tendaient, et il suffît de parcourir les historiens et auteurs ascétiques du temps, Isidore de Péluse, saint Nil, V Histoire religieuse de Théodore!, Cyrille de Scythopolis, saint Jean Climaque, Jean Moschus etc. , pour se convaincre que la vertu de leurs héros était authentique et sûre. Aussi les moines étaientils populaires, et leur influence pour le bien était énorme quand l'hérésie ne les saisissait pas pour en faire des fanatiques. Placés entre le clergé et le peuple, ils traduisaient pour celui-ci les formules savantes du dogme, et d'autre part introduisaient dans l'Eglise certaines formes simplistes et en somme innocentes de la piété des foules. Les dispositions des conciles et les ordonnances des empereurs sont nombreuses qui traitent de leurs habitations, de leurs prières, de leur nourriture, en un mot qui règlent tout le détail de leur vie. Mais c'est là objet d'histoire de la discipline plus que d'histoire des dogmes.
§ 11. — Eschatologie.
Avant la rédemption de Jésus-Christ, remarque saint Cyrille d'Alexandrie, les âmes des défunts des-
cendaient directement aux enfers : maintenant, celles des justes peuvent entrer dans le paradis ^ îl admet donc que la rétribution définitive suit immédiatement la mort; et c'est bien aussi la pensée de saint NiP, et probablement celle de Théodoret^. Il semble même que saint Maxime fasse allusion à un jugement particulier qui succède au trépas, jugement dans lequel les hommes dont les œuvres sont mêlées de bien et de mal seront purifiés par la crainte comme par le feu'*. Il y a là une sorte de purgatoire, mais c'est d'ailleurs l'un que forme sous laquelle cette doctrine se présente d rectement chez les grecs à l'époque que nous exam nous.
La croyance en la résurrection de la chair est si ancienne qu'il y a à peine lieu de la mentionner parmi celles des v'^-vii® siècles : elle est affirmée et défendue maintes fois ^. Mais il faut signaler à part, sur cette question, le traité d'Énée de Gaza, vers 530^. L'auteur ne veut pas établir seulement le fait de la résurrection : il veut dire quelle sorte de corps sera de nouveau uni à l'âme, et comment ce corps sera celui-là même qu'elle avait perdu. Car il est juste, observe-t-il, que, après la résurrection, le même corps soit jugé, souffre ou jouisse avec l'âme qui lui a servi dans son existence terrestre. Comment cela pourra-t-il se faire, étant donné la dispersion et la transformation des éléments matériels?