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CHAPITRE YIII

LE SEMI-PELAGIANISME ET LES DEFINITIONS DU SECOND CONCILE d'orange ^

§ 1. — La doctrine semi-pélagienne. Cassien.

Le second volume de cet ouvrage a signalé les condamnations que les conciles et les papes avaient portées dans le premier tiers du v® siècle contre le pélagianisme, et renseignement que saint Augustin avait développé contre cette erreur. Les premiers avaient insisté presque exclusivement sur Texistence du péché originel et sur la nécessité de la grâce pour les bonnes œuvres ; saint Augustin avait pénétré plus profond, et retourné à peu près sous toutes ses faces le problème de notre vie surnaturelle. Mais quelle que fût l'autorité personnelle de l'évêque d'Hippone, on ne pouvait la confondre avec celle de l'Eglise ; et certaines de ses théories, celle de la distribution de la grâce par exemple et celle de la prédestination, étaient

1. Travaux généraux : G. F. ^Viggers, Versuch einer pragmatischen Darstellung des Augustinismus und Pelagianisrnus, tom. II, Hamburg. 1833. P. Slblet, Le semipélagianisme, Namur, 1897. F. Woerter, Beitrâge zur Dogynengeschichte des Semipelagianismus, Paderborn, 1898; Zur Dogmengeschichte des Semipelagianismus, Munster, 1900. J. Tlp.- UEL, Saint Augustin et la controverse semi-pélagienne ; La controverse semi-pélagienne après saint Augustin, dans Revue d'hist.et de littéral, relig., IX (1904), p. 41 -433 et 497-518.

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bien trop violentes, au moins dans leur expression, pour ne pas occasionner des malentendus et soulever de légitimes répugnances.

C'est ce qui ne tarda pas à se produire. Nous savons que, dès 427, la lecture dans le monastère d'Adrumète, dans la Byzacène, de la lettre cxciv d'Augustin au prêtre Sixte ^ y provoqua des querelles et des troubles. Le moine Florus, qui l'avait fait connaître, fut accusé par plusieurs de ses confrères de nier la liberté et la juste rétribution des œuvres par Dieu au jour du jugement. Un autre moine, de son côté, avait conclu de l'enseignement du maître que toute correction devenait inutile, puisque Dieu faisait tout en nous, et que nous n'étions pour rien dans nos actions. Il fallut que saint Augustin lui-même intervînt pour dissiper les malentendus, écarter les conclusions outrées et expliquer ses écrits antérieurs. Il le fit dans deux traités, De gratta et liber o arhitrio et De correptione et gratia, qui paraissent en effet avoir ramené la paix à Adrumète ^.

Ceci n'était qu'une escarmouche. La vraie bataille se préparait dans le sud de la Gaule. Là, on admettait les décisions des conciles africains et des papes, mais on n'allait pas plus loin. Plusieurs des théories augustiniennes y semblaient des exagérations dangereuses, sinon des erreurs manifestes. Malheureusement, on y confondit avec ce qui était théorie discutable ce qui était vérité certaine : on ne sut pas tirer des décisions antérieures les conséquences voulues, et, tout en repoussant en gros le pélagianisme, on en conserva quelques affirmations plus subtiles. En face des

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