Col
aient songé ; d'autres, comme Zachée, le sont après s'être déjà tournés vers Dieu [ad coîispectum se Domini fideliter extendenteni)\ d'autres enfin, comme Paul, sont en quelque sorte entraînés malgré eux [ini>itum ac repugnantem) {io, 17, 18).
Appelé par Dieu et éclairé de sa lumière, l'homme peut de lui-même croire et avoir la foi (14) ^ car il peut librement et de lui-même rejeter ou suivre la grâce de Dieu : « Manet in homine semper liberum arbitrium quod gratiam Deipossitvel negligerevelamare^ » (12, 13; Collât, m, 19). Cassien ne conçoit pas la grâce comme un auociliuîn quo çolumus, mais plutôt, ainsi qu'Augustin concevait la grâce du premier homme innocent, comme un auxiliujn sine quo non volumus. La grâce appelle, sollicite, incline, mais elle ne fait pas vouloir.
Toutefois, si l'homme peut de lui-même avoir parfois la pensée et le désir du bien; s'il peut répondre de lui-même à l'appel de Dieu, il ne saurait, sans la grâce, réaliser le bien désiré et conçu, exécuter ce à quoi Dieu l'appelle (9) ^. Pour faire et pour persévérer, le secours d'en haut est absolument nécessaire. Aussi, conclut Cassien, ne disons pas que la grâce n'est pas gratuite, ni qu'il y a parité entre nos efforts et la récompense future, car ces efforts ne sont rien, comparés à l'action de la grâce et à la grandeur de la récompense (13) ^ Et ne disons pas non plus, avec les pélagiens, que la grâce est donnée à chacun parce qu'il l'a méritée et suivant son mérite; n'attribuons pas, avec eux, le tout de l'œuvre du salut au libre arbitre, puisque notre liberté ne peut revendiquer dans cette