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LE SEMI-PELAGIANISME. 279
œuvre que la moindre part et quelquefois même aucune part : « Absoluta plane pronuntiamus sententia etiam exuberare gratiam Dei et transgredi interdum humanae infidelitatis angustias ^ » (16).
C'est bien cependant au libre arbitre que revenait, dans la pensée de Cassien, et quoi qu'il en dît, le dernier mot dans la question du salut. Il regardait comme un horrible blasphème la négation de la volonté salvifîque universelle de Dieu, repoussait absolument toute théorie de la prédestination ante praevisa mérita, et admettait que la grâce est donnée à tous indifféremment, et que l'usage seul ou l'abus que nous en faisons détermine notre salut ou notre condamnation ^.
Toutefois, ces derniers points ne sont pas, dans Cassien, aussi développés que la question des forces de la nature et de l'efficacité de la grâce. Pour trouver un exposé plus complet de ce qu'on en pensait dans les monastères de Provence^, il faut consulter les deux lettres écrites en 429 par saint Prosper et Hilaire à saint Augustin^. Les deux amis ont entendu âprement contester parmi les moines les théories augustiniennes sur l'économie du salut ^ ; ils ont recueilli leurs opinions, et les transmettent à l'évêque d'Hippone pour qu'il en prépare la réfutation.
Sur le pouvoir de l'homme de concevoir de bons sentiments, de former de bons désirs, de regretter le passé, de commencer à croire sans le secours de la grâce, l'enseignement est le même que celui de Cas-