Ibid., ool. lOC, 107 et suiv
LE SEMI-PELAGIANISME. 299
Mais déjà la polémique s'était étendue d'un autre côté. On a vu plus haut ' que les délégués des moines scythes à Rome, mécontents du retard d'Hormisdas à approuver leurs formules christologiques, s'étaient adressés aux évêques africains réfugiés en Sardaigne, parmi lesquels se trouvait saint Fulgence ^. Leur consultation ne portait pas seulement sur le sujet de l'incarnation : ils exposaient aussi, telle qu'ils la comprenaient, la question de la grâce (14-28). Ils y professaient notamment la perte de la liberté chrétienne par le péché d'origine (17), l'impossibilité, sans la grâce, « cogitare, velle, seu desiderare divina » et de croire (18, 19, 24), l'impénétrabilité de la conduite de Dieu dans la distribution des grâces et dans l'économie du salut de chaque homme (20-23), bref tout l'augustinisme. L'écrit se terminait par un anathème contre Pelage, Celestius, Julien d'Éclane et les livres de Fauste « quos contra praedestinationis sententiam scriptos esse non dubium est » (28). 11 était signé des moines Pierre, Jean et Léonce, et du lecteur Jean.
Les évêques consultés répondirent par la plume de saint Fulgence. C'est VEpistula xvii, plus connue sous le titre de Liber de incarnatione et gratia Domini nostri lesu ChrîstP. Peu après, mais avant de revenir en Afrique (ce qui eut lieu en 523), saint Fulgence écrivit encore les trois livres Ad Monimum^^ dont le premier traite de la prédestination à la gloire et au châtiment; puis, sur la demande des moines scythes, les sept livres (perdus) Contra Faustum. De retour en