Œuvres dans P. L., LVn
3. Œuvres dans P. L., LXIII, LXIV. — Travaux : L. G. BounQuvRD, De A. M. Severino Boethio, chrisliano viro, Andegavi, 1877. A. Hildebrand, Boëthius und seine Stellung znm Christenlhum, Ilegensburg, !88.j. H. F. Stewart, Boethii'.s, an essay, London, 1892.
consolations philosophiae, le plus connu des ouvrages de Boèce, c'est proprement un livre de philosophie religieuse, qui peut passer, si Ton veut, pour une apologie de la Providence, et où le christianisme, sans se montrer, soutient tout. C'est à tort qu'on a voulu y voir l'œuvre d'un païen.
Boèce est un spéculatif : Cassiodore {v. 477-570) ' , son ami et, comme lui, ministre de Théodoric, est un génie tout pratique. S'étant retiré du monde vers l'an 540, il aurait voulu fonder pour l'Occident une école de théologie qu'il sentait nécessaire. Ne le pouvant pas, il donne du moins dans ses Institutiones divinarum et saecularium lectionum, un guide pour l'acquisition des sciences divines et humaines, et travaille à développer dans les monastères le goût de l'étude. Peu d'hommes ont mérité, autant que lui, de la civilisation et des lettres.
Entre les prélats africains qui bataillèrent contre le semi-pélagianisme, on a déjà plus haut nommé saint Fulgence (év. 507 ou 508, f 533)2. Bossuet l'appelle « le plus grand théologien de son temps », et il est vrai que Fulgence est un théologien d'un esprit net, précis, vigoureux, qui débrouille bien les multiples difficultés qu'on lui soumet, et qui sait trouver ordinairement dans son saint Augustin la réponse à y faire. C'est dire qu'il est généralement peu personnel; mais ce n'est pas un simple plagiaire : il s'est assimilé la doctrine du maître, et il la reproduit comme une chose qu'il a faite sienne par la méditation et l'étude. A côté de lui, paraît le diacre Ferrand, de Carthage, que l'on sait avoir été aussi fort consulté par
1. Œuvres dans P. £., LXIX, LXX. — Travaux : A. Fr.Axz. M. Aurelius Cassiodorus Senator, ein Beitrag zur Geschichteder theol. Literatur, Breslau, 1872. G. Minasi, M. A. Cassiodoro Smatore, mpoVi. 1895.
2. Œuvres dans P. L., LXV. — Travaux : A. Maixy, Das Leben des heil. Fttlgentius..., Wien, 1885.
ses contemporains, mais dont il ne reste que quelques lettres et une compilation canonique ^ .
Saint Fulgence ne s'était pas occupé seulement des questions de la grâce : il s'était occupé aussi, on l'a vu, de la question christologique, en réponse aux moines Scythes : il s'occupa du problème trinitaire pour réfuter les Vandales ariens. Sur ce dernier terrain de combat, ses auxiliaires paraissent avoir été nombreux, si nous en jugeons par le grand nombre d'écrits africains de cette époque, dirigés contre l'arianisme, écrits dont il est parfois difficile de désigner les auteurs. Au moins sait-on que l'évêque de Tapse, Vigile, mort peu après 520, en avait composé plusieurs, dont un au moins est conservé -. On possède également un court traité de l'évêque Céréalis de Castellum (v. 484) contre l'arien Maximin^. La controverse des trois chapitres, dans laquelle les africains en général prirent parti contre le pape et l'empereur, suscita aussi une littérature abondante. On connaît entre autres le grand traité de Facundus d'Hermiane, Pro defensione trium capitulorum (546-548), son Liher contra Mocianutn et son Epistula fidei^ ; les Excerptiones de gestis chalcedonensis concilil de Verecundus de Junca (-}- v. 552)^, et le Bres>iarium, surtout historique, du diacre Libérât de Carthage (560-566)®.
Si de l'Afrique nous remontons en Gaule, nous remarquons d'abord que toute l'activité théologique semble concentrée dans le midi, autour de Lérins, Marseille et Vienne ". C'est de Marseille et de Lérins