Livre d'Hér., p
2. Id., p. 194. — Voici encore quelques textes qui appuient toute cette partie de l'exposé <iu système de Neslorius. On remarquera qu'ils sont tous tirés du Livre d'Héraclide. Les fragments antérieurs à l'exil du patriarche ne disent rien notamment de l'échange des prosôpons, dont l'idée revient si souvent dans l'apologie; et cette circonstance fait soupçonner que nous sommes ici en présence d'une théorie imaginée après coup pour sa défense, t Toi [Cyrille], tu fais le contraire [des Pères], parce que tu veux que, dans les deux natures, Dieu le Verbe soit le prosôpon d'union » (p. 1-2"). « C'est donc le Christ qui est le prosôpon de l'union, Dieu le Verbe n'est pas celui de l'union, mais de sa nature, et ce n'est pas la même chose de le dire et de le comprendre » (p. 128; cf. 14ii). » C'est pourquoi le Livre divin parle avec précaution du prosôijon de la divinité, et désigne les deux (natures) par le prosôpon de l'union » (p. 23:2). « Ce n'est pas la divinité (seule) ni l'humanité (seule) non plus qui forme le prosôpon commun, car il appartient aux deux natures, aûn que les deux natures soient connues dans lui et par lui... L'essence même de l'humanité se sert du prosôpon de l'essence de la divinité, mais non de l'essence, et l'essence de la divinité se sert du prosôpon même de l'humanité et non de l'essence, comme tu l'as inventé » (p. 282). « Le prosôpon de la divinité, c'est l'humanité, et le prosopôn de l'humanilé, c'est la divinité : il est autre dans la nature et autre dans l'union « (p. 168). « L'humanilé du Christ n'est pas différente en nature de celle des hommes, mais en honneur et en prosôpon... non par un autre honneur, mais par l'honneur de celui qui a pris le prosôpon : l'humanité utilisant le prosôpon de la divinité, et la divinité le prosôpon de l'humanilé » (p. 183). « Ils prennent \e prosôpon l'un de l'autre et non les natures, et c'est pourquoi ils sont autre chose et autre chose, mais (lui) n'est pas un autre et un autre en prosôpon » (p. 195). « La divinité se sert du prosôpon de l'humanilé, et l'humanité de celui de la divinité : de cette manière nous disons un seul prosôpon pour les deux... elles [les natures] sont unies sans confusion, et se servent mutuellement de leurs prosôpons respectifs » (p. 212, 213). « C'est par compensation mutuelle de la prise et du don de leurs p7-osôpons qu'il Grégoire de Nazianze] parle de l'union de la divinité et de
L'unité personnelle ainsi conçue reste loin, en définitive, de la conception orthodoxe. Outre qu'elle réduit trop le rôle du Verbe, elle tend à faire de l'unité personnelle de Jésus-Christ une pure unité morale; et dès lors on comprend que Nestorius, tout en admettant en théorie, et en proclamant maintes fois cette unité personnelle, parle trop souvent des deux natures et surtout du Verbe et de Ihomme comme de deux personnes indépendantes :
« Alius qiiidem Deus Verbum est qui erat in templo quod operatus est Spiritus, et aliud templiim praeter habitantem Deumi. » — « Si quis hominem qui de virgine et in virgine creatus est hune esse dixerit Unigenilum qui ex utero Patris ante luciferum natus est, et non magis propter unitionem ad eum qui est naturaliter Unigenitus Patris, unigeniti appellatione confUealur eum participem factum ; lesum quoque alterum quempiam praeter Emmanuel dicat, anatliema sit^. »
Dans ces textes et dans vingt autres que l'on pourrait citer, il est clair que Nestorius oublie qu'il a affirmé que Dieu et l'homme ne sont, en Jésus-Christ, qu'une personne. Je le répète, il n'a pas vu tout le sens de son affirmation. Ne va-t-il pas jusqu'à dire « que le
rhumanité » (p. 232;. « L'incarnation est conçue comme l'usage mutuel des deux {prosôpons) par prise et don, mais (le Livre diviu) l'appelle Fils, et Christ, et Seigneur, tantôt à cause dn prosôpon de la divinité, et tantôt à cause du prosôpon de l'humanité » (p. 233). « Elles [les natures] portent le prosôpon l'une de l'autre, aussi une nature se sert du prosôpon de l'autre nature comme s'il était sien » (p. 266). « Par les prosôpons de l'union, l'un est dans l'autre, et cet « un » n'est pas conçu par diminution, ni par suppression, ni par confusion, mais par l'action de recevoir et de donner, et par l'usage de l'union de l'un avec l'autre, les prosôj^ons recevant et donnant l'un et l'autre et non les essences, ^■ous regardons celui-là comme celui-ci, et celui-ci comme celui-là, tandis que celui-ci et celui-là demeurent » (p. 223). « De la même manière, il y a dans le Christ deux natures, l'une de Dieu le Verbe et l'autre de l'homme, et un prosôpon de Fils dont l'humanité se sert aussi, et un [de l'Jhomme dont la divinité se sert aussi. Ils ne (se servent pas l'un l'autre) de la nature, mais du prosôpon naturel des natures... Les natures ne sont pas sans prosôpons, ni non plus le prosôpons sans essence » (p. 272, 273).