Sentent., I
lions un peu froides , et présenter sous une forme pittoresque la déception et la défaite du démon, trompé par les apparences humaines de Jésus-Christ. On se rappelle cette comparaison, donn; jpar saint Grégoire de Nysse, du poisson vorace qui se jette sur Tappât et se prend à l'hameçon. Nos auteurs n'ont garde de la laisser perdre, et la répètent à l'envi \ Une comparaison analogue est celle de l'oiseau que le grain attire et qui se prend au filet- : toutes images où Ton aurait tort de voir autre chose qu'une façon vive de représenter la victoire de Jésus-Christ sur l'ennemi du genre humain.
§ 7. — Ecclésiologie.
Les écrits de saint Augustin contre les donatistes avaient mis en lumière cette vérité, que l'Eglise visible est un corpus mixtiun, un champ où l'ivraie est mêlée au bon grain. Cette doctrine continue à être professée en Afrique par saint Fulgence ^, à Rome par saint Grégoire qui la transmet à saint Isidore de Séville ^. Au ciel, remarque saint Grégoire, il n'y a que des justes, dans l'enfer il n'y a que des méchants; mais rÉglise de la terre contient des uns et des autres : « In hac ergo Ecclesia nec mali sine bonis, nec boni sine malis esse possunt^. » Cela n'empêche pas cette Église d'être le corps de Jésus-Christ, de ne former avec lui, suivant l'expression de saint Prosper, quun
1. Fllg. Ferrand, Epist. ni, 5; C\ssiod., In psalm. LIV, conclusio; S. Grég., Moral., XXXHI, 14, 17; In evangel. homil. XXV, 8; S. Isid., Sentent., I, 14, 14.
2. S. Grég., Moral., XXXni, 31; S. IsiD., Sentent., I, 14, 13.