In psalterium, praefatio, XVII, col
3. Deremiss. peccatorum, 1,22. Cf. S. Prosper. In psalm. CXXXI, vers. 7; CXLVII, vers. ^3.
4. CxssionoKE, In psalm. CXV, vers. G; S. Gp.i-g., Moral., XXV, 12, 13; S. IsiD., Sentent., I, 16, 12.
maticum in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti baptizatum, si Ecclesiae catholicae non fuerit aggregatus. quantascumque eleemosynas fecerit, etsi pro Christi nomine etiam sanguinem fuderit, nullatenus posse salvari^ »
Au moment où nous sommes, cette Église en Occident avait commencé à ouvrir son sein aux multitudes barbares qui envahissaient l'empire. Du morcellement des régions qui obéissaient autrefois aux romains, et de la formation de nouveaux royaumes indépendants résulta un arrêt dans le mouvement de concentration qui, depuis un siècle surtout, allait à resserrer, au point de vue ecclésiastique, les liens qui unissaient à l'Eglise romaine les églises particulières 2. L'opposition au V® concile général et aux décisions de Vigile, qui au VI® siècle entraîna dans le schisme des provinces entières, est un fait qu'on ne saurait non plus négliger quand on se demande quelle notion avaient exactement de la primauté romaine les évêques récalcitrants. Mais enfin, et quelles qu'aient été les défaillances particulières, cette primauté était sans discussion acceptée par tout l'Occident. Il était entendu que, dans les questions de dogme et de discipline générale, les décisions du pape faisaient autorité ; que ses décrétâtes avaient force de loi comme les canons des conciles; que Rome était le centre de l'unité de l'Eglise, et que seulement dans la communion avec le siège apostolique pouvait se conserver l'intégrité de la foi et de la vie chrétienne. Pierre a été constitué par Jésus-Christ le
1. De fide, 80; cf. 78-79; S. Grég., A/orai., XIV, 3; Bède, Hexaemeron, I, col. 85,86. Dans les Slatuta ecclesiae antiqua, qui sont eu tout cas du VI® siècle (D. Morin conteste leur attribution a saint Césaire), on demande au candidat à l'épiscopat s'il croit* si extra ecclesiam cathoiicam nuUus salvetur « {P.L., LVI, col. 880).
2. Sur ce point v. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, p. -29 et suiv.
fondement et le chef de l'Église universelle, son maître et son docteur infaillible, et Pierre vit et parle toujours en ses successeurs ^ Ces idées et ces expressions se retrouvent un peu partout chez les auteurs que nous étudions, par exemple chez saint Pierre Chrysologue-, chez Maxime de Turin •'^, chez saint Fulgence'S chez Bède^; mais elles ont été surtout magnifiquement développées par saint Léon et saint Grégoire. Qui ne connaît ces périodes d'une sérénité si large, dans lesquelles le premier expose toute l'économie del evangélisation du monde et du gouvernement de l'Eglise :
« Divinae cultum religionis, quem in omnes gentes omnesque nationes Dei voluit gratia coruscare, ita Dominiis nosterlesus Christushumanigeneris salvator instituit,iit veritas, quae anlca legis et prophetarum praeconio continebatur per apostolicam tiibam in salutem imiversitatis exiret... Sed huius muneris sacramentum ita Dominus ad omnium apostolorum officium pertinere voluit, ut in beatissimo Petro omnium apostolorum summo principaliter collocaril ; et ab ipso quasi quodam capite dona sua velit in corpus omne manare, ut cxsortem se mysterii intellegeret esse divini qui ausus fuisset a Pétri soliditate recedere. Hune enim in consortium individuae unitatis assumptum, id quod ipsc erat voluit nominari dicendo : Tu es Petriis et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam (Matth., XVI, 18); ut ae terni templi aedificatio mirabili raunere gratiae Dei, in Pétri soliditateconsisteret: hac Ecclesiam suam firmitale corroborans, ut illam nec humana temeritas posset appetere nec portae contra illam inferi praevalerent g ». — « Manet ergo, dispositio veritatis, et beatus Petrus in accepta fortitudine petrae perseverans, suscepta Ecclesiae gubernacula non reliquit. Sic enimprae caeteris estordinatus ut, dum petra dicitur,
1. Sur l'histoire du mot « papa» v. P. de Labriolle, dans le Bulletin daacienae littérature et d'archéologie chrétienne, I (1911), p. 315 et suiv. C'est au vi^ siècle que l'on commence à réserver à l'évéque de Rome l'appellation de pape, décernée jusqu'alors presque indistinctement à tous les évéques. Au vic^ siècle cette coutume prévaut complètement, en Occident du moins.
•2. Epist. ad Eutychetem, inter epist. S. Leonis, Episl. XXV, 2.