Sermo XCIV, col. 722; Homil. LIV, col
't. Epist. XVII, 21.
o. Homil., II, IG, col. 223.
<3. Epist. X, 1.
diim fundamentiini pronuntiatur, dura regni caelorum ianitor constituitur, dum ligandorum solvendorumque arbiter, mansura etiam in caelis iudicioriim suorum definitione praeficitur, qualis ipsi cum Christo esset societas per ipsa appellationum eius mysteria nosceremiis. Qui nunc plenius et potentius ea quae sibi comraissa sunt peragit... In universa namque Ecclesia Tu es Chris tus Filius Dei vivi quolidie Petriis dicit, et omnis lingua quae confitetur Dominum magisterio huius vocis imbuitur... His ilaque modis, dilectissimi, rationali obsequio celebratur hodierna festivitas, ut in persona humilitatis meae ille intellegatur, ille honoretur, in quo et omnium pas^iorum sollicitudo cum commendatarum sibi ovium custodia persévérât, et cuius dignitas etiam in indigno haerede non déficit'. »
Saint Grégoire ne parle pas cette belle langue; mais il n'est pas pour cela moins énergique à affirmer que saint Pierre w primus erat in apostolatus culmine » ; qu'il estleprince des apôtres à qui « cura totius Ecclesiae et principatus committitur- » ; que Tévêque de Rome est le chef de la foi [caputfidei]\ qu'en matière de foi son jugement est souverain ; que le siège de Rome « universali Ecclesiae iura suatransmittit » ;que l'Église de Constantinople lui est soumise, comme les autres; que sans l'autorité et le consentement du siège apostolique, ce qui est résolu dans les synodes ne saurait avoir aucune force ^. Mais surtout ces deux grands papes firent passer, si l'on peut ainsi parler, ces idées, déjà existantes avant eux, dans la vie quotidienne de leurs contemporains, et, par la sollicitude effective qu'ils montrèrent pour toutes les églises, par leur incessante intervention dans toutes les parties du monde chrétien, firent de leur autorité œcuménique
\. Sermo HT, 3, 4; V, 4. Sur l'idée que la primauté du pape est bien de droit divin, voir le décret de Gélase, II : « Romana ecciesia nullis synodicis constitutis caeteris ecclesiis praelata est, sed evangelica voce Doraini et salvatoris nostri primatum oblinuit » {Malth., XVI, 18).
2. In Ezechiel, II, homil. VI, 9; In evang. homil. XXIV, 4; Epist^ V, 18, 20, col. 7iO, 74G: VII, 40, 41.
3. Epist. III, ol\ V, 54; IX, 12, col. 957; IX, 68, COl. lOOo ; XIII. 3T.
une réalité partout sentie ' . Entre leurs successeurs, les papes Hormisdas^, Martinl""'et Agathon ne montrèrent pas une moindre conviction de leur droit; et l'on sait avec quelle vigueur le dernier, à l'imitation de saint Léon, imposa sa décision doctrinale dans l'affaire monothélite. Ni l'un ni l'autre d'ailleurs ne supposèrent que l'on pût examiner à nouveau leur enseignement, ni mettre en question son orthodoxie.
D'autre part, et bien que l'Eglise se pose comme souveraine dans l'ordre spirituel en face de l'Etat souverain dans Tordre temporel^, leurs rapports deviennent, dans la période que nous étudions, de plus en plus étroits. L'autorité civile, affaiblie dans les régions restées romaines, inexpérimentée et sans culture dans les nouveaux royaumes barbares, s'appuie volontiers sur le prestige moral du clergé, et lui demande le secours de sa science. L'Eglise, dont beaucoup des envahisseurs ne sont pas moins ennemis que de l'Empire, doit recourir au bras séculier pour se défendre contre des attaques que ses anathèmes ne suffisent pas à repousser. Aussi saint Léon proclame-t-il, après saint Augustin, que le pouvoir est donné aux princes « non ad sohim mundi regimen, sed maxime ad Ecclesiae praesidium* » ; saint Fulgence, que le devoir de
4. On sait cependant que saint Grégoire repoussait pour lui-même le titre de patriarche universel {Epist. V, 43, col. 771 ; Vin, 30, col. 933).
:2. Remarquer, dans la fameuse formule qu'Hormisdas fit souscrire aux évêques grecs en 319, ces deux idées : 1<* que la règle de foi est dans la doctrne lies Pères et plus spécialement dans celle du siège apostolique ; -2° que l'on ne saurait être dans la communion de l'Église qu'à la condition d'être en communion avec le siège apostolique. P. L., LXni, col. 444, 44o.
3. V. GÉLASK, E/jlst. vni : • Duo quippe sunt, imperator auguste, quibus principaliter niundus hicregitur, auctoritas sacra pontlficum et regalis potestas. in quibus tanto gravius est pondus sacerdotum, quanto etiatn pro ipsis regibus Domino in divino reddituri sunt examine rationem • (P. L., LIX, 42).