Homil. F» de Paschate, col
sents dans l'eucharistie pour être la nourriture des fidèles, ceux-ci ont le devoir de les recevoir de temps en temps. Saint Augustin, on s'en souvient, avait été entraîné par la controverse contre les pélagiens à soutenir que cette réception était absolument nécessaire même aux enfants pour entrer dans la vie éternelle, suivant le texte de saint Jean, vi, 54. Saint Fulgence vit l'excès, et le corrigea en enseignant que l'enfant satisfait suffisamment à l'injonction de Jésus-Christ contenu dans le Nisi manducaveritis, en devenant membre de Jésus-Christ par le baptême [de ossibus eius) ., en entrant dans le corps mystique de Jésus-Christ, qui est l'Eglise ^. Quant à la fréquence de la communion, les principes restaient fixes, mais la pratique, naturellement, variait beaucoup avec les lieux et les personnes. Saint Isidore enseigne, comme saint Augustin, que l'on peut communier tous les jours, pourvu que l'on soit exempt de péché grave et qu'on le fasse « cum religione et devotioneet humilitate^ ». Gennade est à peu près du même avis; mais il insiste pour que Ton communie au moins tous les dimanches ^. Même insistance de la part de Maxime de Turin ''. Cette communion dominicale était, en fait, pratiquée à Saint- Victor de Marseille, dans le couvent de Cassien. Cassien toutefois signale, en les blâmant, certains moines qui, dans d'autres monastères, ne communiaient qu'une fois l'an, afin de se préparer mieux à ce grand acte et d'être moins indignes du corps du Seigneur^. Cependant peu à peu la coutume, puis les conciles et les évêques déterminèrent des jours ou des temps de communion obligatoire. Saint Léon suppose manifestement