‹ Histoire des dogmesChapitre 321 sur 426 · Epist. XI, 64, col. H · texte numérisé non relu

Epist. XI, 64, col. H

o. De eccles. offic, I, 3ri, 1-6. Il sera question plus loin et spécialemen du culte des images.

lettres et surtout dans les Dialogues de saint Grégoire des mentions fréquentes. Ces pieuses pratiques n'allèrent pas toujours sans mélange et sans abus; et il n'est besoin que de parcourir les conciles des temps mérovingiens, les prohibitions portées par les pénitentiels ouïes statuts des évangélisateurs des peuples barbares, de saint Bonifacepar exemple, pour voir quel amas de superstitions menaça à cette époque d'altérer la foi et la morale des simples chrétiens. Mais il serait profondément injuste de rendre l'Eglise responsable de ces corruptions du sens religieux qu'elle condamna toujours, et qui n'étaient, dans la plupart des cas, que les restes d'un paganisme encore à moitié vivant.

Signalons enfin, pour être moins incomplet, le développement que le monachisme prend alors dans l'Eglise latine. L'idée toujours plus prononcée de la supériorité de la virginité sur l'état du mariage \ jointe, chez beaucoup de fidèles, à un sentiment intense de la nécessité de la pénitence, suscite la fondation d'une multitude de monastères, où hommes et femmes s'efforcent de pratiquer une vie plus parfaite. C'est dans ces asiles que se conserveront, au milieu de la décadence profonde des siècles suivants, les restes de la pensée antique, et que grandiront silencieusement les germes de la future civilisation chrétienne.

§ 13. — Eschatologie.

Saint Augustin avait refoulé, en eschatologie, la poussée origéniste qui s'était produite en Occident à la fin du iv^ siècle, et avait mis en lumière la doctrine du

1. Cassien, Col. xxn, 6; S. Pierre Chrysol., Sermo CXLIII, col. o83; Gennade, De eccles. dogm., 65, 68; S. Filgence, Episl. H, 10: De Trinitale, XH; etc.

purgatoire, plus ou moins confusément entrevue avant lui. En précisant encore cette dernière doctrine, et en développant celle de la rétribution immédiate après la mort, les siècles suivants, héritiers de sa pensée, donnèrent à Teschatologie chrétienne sa forme à peu près complète et définitive.

La mort, déclare saint Julien de Tolède, n'est pas un bien en soi, mais elle est « plerumque bonis bona, quia per eam pertransitur ad immortalitatem futuram ^ » .

Tous les hommes mourront-ils? On le pensait généralement en Occident. Gennade fait remarquer cependant que ce n'est point là un dogme, des auteurs catholiques, « eruditi viri », pensant que la « commutatio » qui se produira dans les hommes vivants au dernier jour pourra leur tenir lieu de résurrection-.

La mort sera suivie d'un jugement particulier dont saint Césaire est peut-être le premier à faire mention expresse^, mais qui se trouve d'ailleurs impliqué dans la doctrine de la rétribution immédiate après la mort. Car, si l'on excepte Cassien, qui n'accorde aux âmes, avant le jugement général, qu'un avant-goùt de ce qui les attend après '*, nos auteurs sont unanimes à déclarer que les âmes reçoivent, incontinent après le trépas, leur récompense ou leur châtiment entier : « Quando caro, quae modo tantum diligitur, dit Césaire, vermibus coeperit devorari in sepulcro, anima Deo ab angelis praesentatur in caelo, et ibi iam, si bona fuerit, coronatur, aut si mala, in tenebras proiicitur^. »

Page 1