Mansi, XIV
4. J'ai déjà dit que l'existeoce de certains abus dans le culte des images n'est pas niable; elle serait confirmée au besoin parle témoignage de Théodore Sludite lui-même, qui approuve le spathaire Jean d'avoir donné pour parrain à son fils l'image de saint Demetrius (P. G., XCIX,961, 964).
Les images placées trop bas avaient été enlevées; celles qui se trouvaient plus haut avaient été tolérées, mais à la condition qu'on ne les honorât point.
L'empereur avait compté évidemment sur cet adoucissement de la doctrine iconoclaste pour se concilier Louis le Débonnaire. On verra plus loin qu'il y réussit. Mais son successeur Théophile (829-842) revint à une théorie plus rigide et à des mesures plus violentes. De nouveau, les prisons se remplirent d'évêques et de moines réfractaires, et les peintres d'images surtout se virent inexorablement fouettés, battus et mutilés. C'était comme le dernier effort de l'erreur expirante.
Théophile mourut en 842, laissant un fils de trois ans, et pour régente sa femme Théodora. Théodora, comme Irène, était favorable aux images. Autour d'elle on était lassé de cette lutte inutile contre un sentiment qui s'affirmait de plus en plus comme inséparable de la piété grecque. Aussi le second rétablissement des images s'opéra-t-il sans difficulté. Le patriarche Jean Hylilas fournit lui-même une raison de l'écarter^ : on lui donna pour successeur le savant Methodius, qui avait souffert pour la foi sous Théophile. Un synode fut réuni en 842, qui confirma les décrets de Nicée. Les évêques iconoclastes ne furent pas les derniers à se prononcer dans le sens de la cour^. Une fête nouvelle fut instituée le premier dimanche de carême, pour perpétuer la mémoire du triomphe de l'orthodoxie ^. L'Église grecque la célèbre encore'* : on n'y anatliématise pas seulement les