‹ Histoire des dogmesChapitre 374 sur 426 · II, 12, col · texte numérisé non relu

II, 12, col

Quel était l'état primitif de l'homme? Un état bienheureux. Adam, orné de la grâce divine, vivait dans la société de Dieu et la conversation des anges, innocent, jouissant de toute félicité, pouvant rester immortel s'il observait la loi qui lui avait été faite. Son paradis était à la fois spirituel et matériel, paradis du corps et de l'âme ^. Dieu cependant, prévoyant sa chute, avait placé près de lui la femme, afin que, par leur union, pût se propager le genre humain devenu mortel^.

Adam pécha en effet, et perdit par sa faiblesse les dons que Dieu lui avait octroyés. Privé de la grâce ^, il devint sujet à la mort et à la corruption, aux misères de la vie ; il connut la concupiscence et la tyrannie du corps sur l'âme ^. Par Adam, cette même mort et ces souffrances sont entrées dans le monde et ont passé dans ses descendants"^. Toutefois, si saint Jean nous représente comme héritant de notre premier père les misères de la vie, suite du péché, il ne parle pas d'une souillure morale proprement dite qui nous serait transmise avec la vie. Dans son commentaire sur VÉpître aux Romains, chapitre v, il interprète le Icp' 6 du verset 12 dans le sens causal Si' o6, et le aijiapToAot du verset 19 dans le sens de « sujets à la mort à cause du péché ^. »

Cette déchéance cependant n'a point enlevé à l'homme sa liberté (il, 25). Le Damascène va jusqu'à affirmer, en un passage, que nous pouvons, de nous-mêmes, choisir entre le bien et le mal, encore que nous soyons incapables de réaliser le bien sans le secours de Dieu ' ;

i. n, H, 30, col. 912, 913, 916, 917, 970. 977.

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