‹ Histoire des dogmesChapitre 384 sur 426 · Ibid., De fide orth., III, 15, col. lOiu · texte numérisé non relu

Ibid., De fide orth., III, 15, col. lOiu

et sans que cette autre participe en quelque manière à son action. Si nous considérons par exemple les actions humaines de Jésus-Christ, outre que le Verbe en est, par Fliumanité, le principe responsable, la divinité y concourt en opérant ce qu'elles ont de surhumain, naître d'une vierge, marcher sur les eaux, etc., et en leur donnant leur valeur rédemptrice et salutaire. Si nous considérons au contraire ses actions divines, nous voyons que souvent l'humanité en est l'organe, et qu'elle y concourt par quelque geste extérieur et visible — extension de la main, attouchement — dont se sert le Sauveur pour exercer sa toute-puissance ^

Et c'est cette union intime des deux opérations divine et humaine que Denys a voulu mettre en relief par l'expression xaivy^ tiç ÔEavSpixT) Ivepvsia de sa quatrième lettre à Caïus. Cette expression marque l'unité de la personne en qui les deux genres dopérations viennent converger, et comment ces opérations se compénètrent en quelque sorte. La Tuepi/copyiciç qui enchaînait l'une à l'autre les natures, liait aussi l'une à l'autre leurs activités : *H av6pw7civy) aÙTou (Xpiarou) EvspYsia 6£ia :^v yjyouv Teôeoifxsvrj, xai oux àjjioipo; tyjc Ôeiaç auTOu IvEpyeiaç , xai rj ôsia auTot) IvspYeta oux dffJLOipoç tvîç àvÔpwTrtvrjÇ aÙTotî IvspYEia;;, à}X Ixaiepa aùv t^ iTepa 6eojpou[Asv7)^.

Si le Damascène a longuement développé sa christologie, il n'a pas consacré à la sotériologie même un chapitre spécial de son grand ouvrage. On en peut cependant recueillir les traits épars, qui n'offrent rien d'original. Dans l'œuvre de notre salut, observe-t-il, tous les attributs de Dieu sont manifestés, sa bonté, sa

1. in, 15, col. lOoT-iOSO; De duab. volunt-, 42, 43, col. 181-184. ■2. m, 19, col. 1077-4081.

justice, sa sagesse ^ et à cette œuvre tous les mystères de Jésus-Christ concourent ^1 toutefois c'est la croix seule en définitive qui nous sauve ^. Le péché en effet nous avait réduits à l'esclavage; il nous avait rendus passibles d'un châtiment, soumis à la malédiction. Jésus-Christ se substitue à notre place ^; il accepte pour nous la malédiction -^ Il paie à Dieu notre rançon; car ce n'est pas au démon qu'il a donné son sang [absit I) c'est à son Père. 11 s'offre à lui en sacrifice*^, apaise sa colère dans son sang et devient propitiation (îÀaaTTipiov) pour nos péchés ^. Le résultat est que nous sommes rendus à la liberté, affranchis de la malédiction, et unis à Jésus-Christ, le tout par sa mort^.

On a remarqué tout à l'heure que saint Jean, comme saint Grégoire de Nazianze, condamne la théorie juridique des droits du démon, admise par Origène et saint Grégoire de Nysse. De ce dernier cependant il a retenu la théorie de l'abus du pouvoir, et l'image de la mort et du démon trompés par Dieu. Car le démon et la mort, en voulant s'emparer de l'humanité de Jésus- Christ, se sont pris à l'hameçon de sa divinité, et la mort, frappée elle-même à mort par la chair vivifiante qu'elle a prétendu engloutir, a dû vomir ceux qu'elle avait déjà dévorés ^.

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