Col
la venue de TEsprit-Saint, surnaturellement convertis (aeTaTToiouvTai) au corps et au sang du Christ, de sorte qu'il n'y a pas deux corps [différents], mais un seul, et celui même du Christ ^ ».
Comment cela se peut-il faire? Inutile d'en chercher d'autre explication que la puissance de Dieu, la puissance du Saint-Esprit qui agit en ce mystère. Dieu a tout créé par sa seule parole ; le Verbe s'est incarné par sa seule volonté : il a dit de même : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites ceci en mémoire de moi », et cela est comme il l'a dit et parce qu'il l'a dit. Le Saint-Esprit par qui Dieu a tout fait, et qui a donné à Marie sa fécondité, devient, par l'épiclèse, « la pluie [qui fait lever] cette nouvelle moisson ^ ».
On a pu remarquer que saint Jean Damascène attribue nettement la conversion des éléments eucharistiques au Saint-Esprit invoqué au moment de l'épiclèse, à l'exclusion même des paroles de l'institution. C'est, comme on l'a remarqué '^^ une conséquence de l'erreur qu'il a commise au sujet du mot àvTiTu.xa. Le Damascène ne veut pas que, dans les auteurs anciens, ce mot désigne les éléments consacrés^ mais seulement le pain et le vin dans leur état naturel. Comme, d'autre part, ce mot est précisément employé dans la liturgie de saint Basile après les paroles de l'institution, mais avant l'épiclèse, pour désigner les ohlatùy il en a conclu qu'à ce moment la consécration n'est pas encore faite, et quelle ne se fera que par l'épiclèse. Nouvelle erreur, plus grave que la première, et dans laquelle il a fixé la théologie grecque.
La chair eucharistique de Jésus-Christ étant son vrai corps est conséquemment une chair vivifiante, bien