MANSI, X, 752; XI
alléguèrent d'autres qui la contredisaient ^ . — Qu'en est-il en réalité ?
Disons d'abord qu'au temps de Cyrille cette question ne se posait pas, et, par conséquent, n'a pas expressément attiré son attention. Elle est complexe d'ailleurs, et demande des précisions qui ne furent faites que plus tard ^. Saint Jean Damascène distinguera avec soin celui qui agit et qui veut (6 Ivepywv, ô ôiXojv), la faculté d'agir et de vouloir (o svspysTixv) §uva{xi(;, ToÔeXanxov), l'acte même d'agir et de vouloir (IvépYsia, ôsXrjaiç, Toev£pY£*tv, To ôsXstv) et l'objet de l'action et delà volonté (to lv£pYr,Tov, TO ôsXriTov). Or il n'est pas douteux, d'une part, que Cyrille n'ait admis en Jésus-Christ l'unité de sujet agissant et voulant, puisqu'il ne reconnaissait en lui qu'une personne, et, d'autre part, qu'il n'ait admis que cette personne unique a accompli deux sortes d'œuvres, des œuvres divines et des œuvres humaines, a agi Ôsïxwç ajxa t£ xai ffojfxatixw;^. On doit aller plus loin et, puisque notre auteur enseignait que le Verbe a pris une humanité complète et une âme raisonnable douée de tout ce qui lui convient^, il faut dire qu'il admettait aussi dans le Verbe incarné une faculté humaine d'agir, de vouloir, et de vouloir librement, et par conséquent un agir et un vouloir humains. C'est ce que l'on croit apercevoir dans certains textes où Cyrille parle de la double opération du Christ (SittXviv tyjv IvépYetav), souffrant comme homme et agissant comme Dieu ^, et où il oppose, à l'occasion de la scène de Gethsémani, la volonté humaine du