‹ Histoire des dogmesChapitre 72 sur 426 · Mansi, VI, 148; S. LÉON, Epist. GUI · texte numérisé non relu

Mansi, VI, 148; S. LÉON, Epist. GUI

3. Mansi, YI, VII. Et Yoyez Hefele-Leclercu, Hist. des Conciles, XI, 2. i. Mansi, VI, 1048.

reçu à sa communion et illégalement réintégré Eutychès, légitimement condamné par Flavien; d'avoir refusé, au brigandage, de faire lire la lettre de Léon au concile ; d'avoir même excommunié le pape ' ; d'avoir violé les canons en refusant de répondre aux citations du présent concile, et dans d'autres occasions encore; bref, d'être contumace et obstiné dans sa malice. Dioscore, d'ailleurs, protestait que sa doctrine n'était autre que celle de saint Cyrille, et que, s'il n'admettait avec lui qu'une cpuaiç aprèsrunion,iln'enrepoussaitpasmoins tout mélange et toute conversion des natures unies-. Les complices de Dioscore furent épargnés. Ils se repentaient, étaient nombreux, et il fallut bien reconnaître que leur faiblesse au brigandage avait quelque excuse. Théodoret, accueilli d'abord avec des cris de rage par les égyptiens, fut, dans la huitième session, déclaré orthodoxe et rétabli dans la possession de son siège. Mais on exigea de lui préalablement qu'il anathématisât nettement Nestorius, ce qu'il avait jusqu ici refusé. Il le fit d'assez mauvaise grâce ^. Le cas d'Ibas était plus compliqué. Aux soupçons qu'inspirait sa foi s'ajoutaient des accusations relatives à l'administration de son diocèse, accusations qui avaient été déjà examinées aux synodes de Tyr et de Beyrouth. Parmi les pièces du procès se trouvait notamment la lettre

1. Celle excommunication avait été prononcée en effet peu de temps peut-être avant l'ouverture du concile de Chalcédoine (Mansi, VI, 1010).

■2. OuTS o-ûyyjjatv X£yo[j.ev, ouTS TO[jLYiv ouTETpoTîrjV' àvâôeixa ttô )£YOvxi G\i'iyya\.v, 9) Tpo7ry)v, y; àvàxfiacriv (Mansi, VI, 676, 677). On verra plus loin que Dioscore, en effet, n'était pas eutychien et ne soutint que par politique Eutychès contre Flavien.

3. « Anathème à Nestorius et à quiconque ne dit pas que la sainte Vierge Marie est mère de Dieu, et à quiconque partage en deux fils le seul Fils unique : pour moi, j'ai souscrit la formule de foi et la lettre du très saint archevêque Léon, et c'est ainsi que je pense : et maintenant, portez-Yous bien! >• (Mansi, VII, 189). Dans celte même session. Sophronius de Constance et Jean de Germanicie durent égalem.ent anathématiser Nestorius.

L'EUTYCHIANISME. 93

qu'Ibas avait écrite à Maris d'Ardaschir, et qui devait être plus tard condamnée par le cinquième concile général. Or, celui de Chalcédoine interrogé trouva que ces accusations n'étaient pas prouvées, et que la lettre d'Ibas établissait plutôt son orthodoxie : « Après lecture des documents, déclarèrent les légats, nous avons reconnu, d'après la sentence des révérendissimes évêques (Photius de Tyr et Eustathe de Beyrouth), que le révérendissime Ibas est innocent; car sa lettre ayant été lue, nous avons reconnu qu'il est orthodoxe » (avaYV(o9ei(7y]ÇYàp t^ç l7ri<7ToX9]ç auroïï, £7réYVt»i(xev aùxov ÔTcapj^siv ôpôdSo^ov) ^ Le concile s'associa à cette conclusion, et on rendit à Ibas son évêché : mais on exigea aussi de lui qu'il anathématisât Nestorius et Eutychès, ce qu'il fit^. La question de foi fut agitée surtout dans les deuxième, quatrième et cinquième sessions. Le concile était à cet égard très irrésolu, et plus d'une fois on surprit dans l'assemblée des manifestations d'esprit monophysite nettement prononcé. Surtout, l'ensemble des Pères ne voulaitpas d'une nouvelle formule de foi, et désirait s'en tenir à l'approbation d'un certain nombre de documents, dont la doctrine représenterait sa croyance. Dans la deuxième session en effet, on fit lire et on acclama le symbole de Nicée, celui de Gonstantinople de 381 ^, la lettre iv de saint Cyrille à Nestorius. sa lettre Laetentur caeli à Jean d'Antioche et la lettre de Léon à Flavien (Pierre a parlé par la bouche de Léon!)^. Les légats ne souhaitaient pas

1. Maîssi, vn,261. Maxime d'Antioche déclara, lui aussi, orthodoxe en particulier la lettre à Maris : ôp66ôo|oç a)^6r] aO-roO r\ urtayopia {ibid., 264). En revanche, Eunomius de Mcomédie lit remarquer, dans son vote, qu'Ibas avait plus tard rétracté ce qu'il avait dit de Cyrille {ibid., 266).

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