P. G., LXXXVI, 2, col. 1848 A ; LebON, p
fois et la séparation et le mélange. Ainsi la cpudiç du Verbe, en devenant <7£(TapxwijL£vr,, devient, au même titre, cuvOexoç : elle s'adjoint une humanité qui ne subsiste pas en soi, mais dans le Verbe, tout en restant d'ailleurs une vraie humanité ^ . De ce fait, cette ©oaiç ne devient pas oittXouç ni onxri : elle comprend simplement, dans l'ordre de l'existence, un nouvel élément qu'elle ne comprenait pas d'abord : (xia cpùatç tou Ôsou Aoyou ae(japxoju.evv] ^.
Or, si l'humanité et la divinité persistent sans changement dans l'union, il s'ensuit que le Christ est en même temps consubstantiel au Père par sa divinité et consubstantiel à nous par son humanité. Les monophy sites dont nous parlons, et Sévère en particulier, acceptent cette conclusion sans hésiter : la double consubstantialité du Christ est pour eux un dogme : ils condamnent Eutychès qui l'a nié, et se donnent beaucoup de mal pour justifier Dioscore d'avoir innocenté le vieil hérésiarque au brigandage d'Ephèse. Dioscore, disent-ils, ne l'a fait que parce qu'il a été trompé sur la foi d' Eutychès^.
Mais dès lors, et si l'on peut distinguer dans le Christ l'oùaia divine et l'oùaia humaine non confondues, comment n'y pas reconnaître deux natures? C'est l'objection que presse contre Sévère un chalcédonien quelque peu équivoque, Jean le Grammairien ^, et qui va le forcer à rapprocher sa terminologie de celle de Chalcédoine, mais sans sortir pourtant de son système.
i. Doctrina, Diekamp. p. 309 et suiv. V. la correspondance avec Sergius, Lep.on, p. 321.