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RÉSINE DE BENJOIN

Résina Benzoë; Benzoïnum ; Benjoin; angl., Denzoin, Gum Benjamin; allom., Benzaëharz (1).

Origine botanique. — Styrax Benzoin Dryander. C’est un arbre de moyenne taille, dont la tige atteint la grosseur du corps de l’homme et se termine par une belle couronne de feuillage. Il est indigène de Sumatra et de Java. C’est la première de ces îles qui produit le Benjoin (a).

L’arbre qui produit le Benjoin supérieur de Siam, quoique communément rapporté à cette espèce, n’a jamais été étudié botaniquement, et est actuellement inconnu. D’après l’expédition française d’exploration du Mékong et de la Cochinchine (1866-68), cette drogue serait produite dans les forêts qui fournissent la Casse, sur la côte orientale du Mékong, vers 19 degrés de latitude nord. Nous ignorons si une certaine quantité de Benjoin, est produite, comme le supposait Royle, par le Styrax Finlaysonianum Wall (a).

Historique. — Il ne paraît pas que les Grecs et les Romains (2) ni les plus anciens médecins arabes aient eu connaissance du Benjoin. On ne reconnaît pas non plus cette drogue parmi les marchandises que les commerçants arabes et persans transportaient en Chine, entre le

fl) Le Benjoin se nomme en malais et en javanais : Kamûnan, Kamiflan et Kamayan, en abrégé Mânan et Mihan (Crawfurd) ; eàsiamois : Kom-Yan et Kan-Yan; en

chinois : Ngdn-si-hidng. ..

(2) Crawfurd suppose que le Malabathrum des anijens est le Benjoin ( Dict . of Indian

I statuts, 50).

HISTOIRE DES DROGUES D'ORIGINE VÉGÉTALE. Tl

dixième et le treizième siècle, quoique le Camphre de Sumatra soit expressément nommé.

La première mention du Benjoin dont nous ayons connaissance se trouve dans les Voyages d’Ibn Batuta (1), qui visita Sumatra pendant son expédition en Orient, de 1325 à 1349. Il note que cette île produit de l’Encens de Java et du Camphre. Le nom de Java désignait à cette époque l’île de Sumatra ; il était même employé par les Arabes pour indiquer, d’une façon générale, les îles et les produits de l’Archipel (2). De là dérivale nom arabe de Lubân Jâwi , c est-à-dire Encens de Java, qui s’est transformé par corruption en Banjawi , Benjui , Ben*ui, Bcn^ue et Benzovi, et en un nom anglais plus vulgaire encore, celui de Ben-

jamin.

Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur cette drogue, jusque dans la dernière moitié du siècle suivant, où nous tiouvons qu’en 1461, le sultan d’Egypte, Melech Elmaydi, envoya à Pasquale Malipiero, doge de Venise, un présent de 30 rotoli de Benzol , 20 ? otoh de Bois d’Aloès, deux paires de tapis, un petit flacon de Baume de la Mecque, 15 petites boîtes de Thériaque, 42 pains de sucre, 5 boîtes de Sucre Candi, une corne de Civette, et 20 pièces de porcelaine (3). Agostino Barberigo, un autre doge de Venise, reçut de même, en 1490, du sultan d’Egypte, 35 rotoli de Bois d’Aloès, la même quantité de Benzm et 100 pains de sucre (4). Parmi les épices précieuses envoyées d’Egypte, en 1476, à Calarina Cornaro, reine de Chypre, se trouvaient 10 livres de Bois d’Aloès et 15 livres de Benzui( 5). C.es faits indiquent le haut prix qu’on attachait à cette drogue, à l’époque de sa première -introduction en Europe.

Le Benjoin de Siam est noté dans le journal du voyage de Vasco de Gama (6). Dans l’énumération des royaumes de l’Inde, il est établi quo Xarnauz (Siam) (7) fournit beaucoup de Benjoin, coté 3 cruzados , et d’aloès, coté 25 cruzados par farazola. D’après le même récit, le prix du

(1) Voyages d’Ibn Batoutah, trad. Defrémery et Sanguinetti, Paria, 1853-59, IV, 22S, 240.

(2) Yule, Boolc of Ser Marco Polo, 1871, II, 228.

(3) Muratori, Renan Italicarum Scriptores, 1733, XXII, 1170. — 100 rotoli répondent à environ 80 kilogrammes.

(4) L. De Mas Latrie, Hist. de l’tle de Chypre, etc., 1801, III, 483.

(а) Ibid., III, 400.

(б) Roteiro da Viagcm de Vasco da Gama em 1497, par Herculano e o Banlo Gasteillo de Paiva, seg. edie., Lisboa, 1801, 109. — Flükiger, Documents inédits pour servira l’histoire de la Pharmacie, Halle, 1870, 12, 48.

(7) Yule, op. cit., II, 222.

STVHACÉES.

Benjoin ( Beijoim ) était, à Alexandrie, de I cruzaclu par arratel, la moitié du prix du Bois d'Aloès.

Le voyageur portugais Barbosa, qui, en 1511, visita Galicul, sur la côte de Malabar, constata que le Benzui était un article d’exportation des plus estimés, un farazola (22 livres G onces) coûtant de 65 à 70 fumes, le camphre valant à peu près autant, et le macis de 25 à 30 fanon seulement. Nous savons d'autre part que le Benjoin constituait, au commencement du seizième siècle, un des articles du commerce de Venise.

Garcia d’ürta, qui écrivait à Goa de 1534 à 1563, fut le premier à donner sur le Benjoin des renseignements précis et scientifiques. Il exposa avec détail les procédés de récolte, et distingua la drogue de Siam et de Martaban de celle qui était produite par Java et Sumatra.

Dans la première partie du dix-septième siècle, il existait des relations commerciales directes entre l’Angleterre et Siam et Sumatra. 11 exista à Ayulhia (Siam), une factorerie anglaise jusqu’en 1623, et le Benjoin fut, sans aucun doute, une des marchandises importées. L’impôt levé en Angleterre sur ce produit, en 1635, s’élevait à 10 s. par livre (1). L'acide Benzoïque fut décrit, dès 1617, par Biaise de Yigenère (2), et même avant lui par le célèbre astrologue Michel de Nostre- Dame, dans son « Excellent et moult utile opuscule à touts nécessaire qui désirent avoir cot/noissance de plusieurs exquises receptes », 1556.

Production. — Le Benjoin est recueilli dans le nord et dans l'est de Sumatra, surtout dans le district de Batta, situé vers le sud de l’état d’Achin (3). L’arbre croit aussi en abondance dans les terres élevées de Palembang, dans le sud de l’île, où l’on recueille la résine. C’est principalement dans le voisinage des côtes qu’on en trouve des plantations considérables. Teysmann a observé sa culture sur le cours de la rivière Batang Leko, où les arbres atteignaient environ 15 pieds de haut. Le Benjoin qui provient de l’intérieur, est récolté, en majeure

(1) The Rates of Marchandises, Lond., 1635.

(2) Traicté du Feu et du Sel, Paris, 1622, 91. — On dit qu’il en existe une édition de 1608, que nous n’avons pas vue.

(3) Miquel, Pmdromus Floræ Sumatranæ, 1860, 72. — Marsdex, Hist. of Sumatra, Lond., 1783, 123. Ce dernier résida à Beneoolen pendant huit ans en qualité d’employé du gouvernement anglais. Ses échantillons de Benjoin sont maintenant dans le musée de la l'harmaceutical Society. L’assertion de Crawfurd ( Dict . of the Indian Islands, 1856, 50), d’après laquelle le Benjoin serait recueilli à Bornéo [On the Northern Coast ■in the Territory of Brunai) est pour nous inexplicable. M. Saint-John, consul anglais à Bornéo, dans un rapport officiel sur le commerce de Brunai, daté de cette ville, du 29 janvier 1858, énumère les divers produits du district, mais ne nomme pas le Benjoin.

partie, sur des arbres sauvages qui vivent au pied des montagnes, à une altitude de 90 à 300 mètres.

Ges arbres croissent rapidement; on les sème sur les bords des rizières et ils n’exigent aucun autre soin que d’être débarrassés du Voisinage de toute autre plante, jusqu’à ce qu’ils aient six à huit ans. Leur tronc a alors de 15 à 20 centimètres de diamètre, et ils sont susceptibles de fournir de la résine. A cet âge, on incise la tige; il s’en écoule un suc résineux, épais, blanchâtre, qui ne tarde pas à durcir par l'exposition à l’air, et qu’on recueille avec soin à l’aide d’un couteau.

Chaque arbre continue, pendant dix à douze ans, adonner environ 3 livres par an de résine. Ensuite on les abat. La résine qui s’écoule pendant les trois premières années passe pour être plus riche en larmes blanches, et par suite de qualité supérieure à celle qui s’écoule ultérieurement; elle est désignée par les Malais sous le nom de Head Benzoin. Celle qui suinte pendant les sept ou huit années suivantes est plus brune et moins estimée ; elle est connue sous le nom de Belhj Benzpin. La troisième sorte, nommée Foot. Benzoii }, est obtenue en fendant l’arbre et raclant le bois. Elle est mélangée de beaucoup d’écorce et de débris (I).

Le Benjoin est apporté pour la vente dans les ports de Sumatra, en larges pains nommés Tampangs , enveloppés dans des paillassons. On les brise et on les fait ramollir, soit par la chaleur du soleil, soit par l’eau bouillante, puis on les emballe dans des caisses carrées, que la résine est destinée à remplir complètement.

Los seuls renseignements que nous possédions sur la récolte du Benjoin de Siam ont été donnés, il y a quelques années, par Sir R. H. Schomburgk, consul anglais à Bangkok (2). Il dit qu’on incise toute la surface de l’écorce, et que la résine qui s’écoule, s’accumule et durcit entre le bois et l’écorce qu’on enlève ensuite. Ce renseignement est confirmé par l’aspect de certains benjoins de Siam, du commerce, et par celui des morceaux d’écorce qui sont en notre possession ; mais il est évident que tout le Benjoin de Siam n’est pas obtenu parce procédé. Schornburgk ajoute que la résine est très-détériorée et brisée pendant son

(1) Les expressions anglaises, Head (tète), Belly (ventre) et Foot (pied) répondent ;i nos mots supérieur, moyen et inférieur. Elles sont employées, en Orient, pour distinguer les qualités de plusieurs aulres marchandises, notamment le Camphre de Bornéo, les nids comestibles d’oiseaux, le Cardamome, le Gaibanum, etc.

(2) Ces renseignements doivent avoir été puisés à quoique source antérieure, car

Sir R. II. Schomburgk n’a certainement jamais visité la région qui produit le Benjoin. ’

4i STYRACÉES.

transport, dans dos petits paniers, sur le dos des bœufs, jusqu'aux parties navigables du Mcnam, d’où elle descend à Bangkok (1).

11 reste encore à rechercher si le Benjoin doit sa fluidité primitive ù une huile volatile, tenant la résine en dissolution, et déterminant par son évaporation la solidification du produit, ou si la résine elle-même durcit par oxydation, phénomènes qui produisent la diversité remarquable d’aspect qui existe entre le liquide opaque et laiteux primitif et la résine complètement transparente du commerce.

Description. — Le Benjoin (toujours désigné, dans le commerce anglais, sous le nom de G urn Benjamin) est distingué en deux sortes; celui de Siam et celui de Sumatra; toutes les deux présentent des degrés variables de pureté et de grandes différences d’aspect.

1° Benjoin de Siam. — La sorte la plus estimée consiste entièrement en larmes aplaties ou en gouttes de résine, qui ont do 2 1/2 à 5 centimètres de long, sont opaques, d’un blanc laiteux, et étroitement agglutinées. Plus fréquemment, la masse est tout à fait compacte, et consisto en une certaine quantité de larmes blanches, de la taille d’une amande, englobées dans une résine translucide d’une belle coloration brun d’ambre foncé. Parfois la résine translucide prédomine et les larmes blanches manquent presque complètement. Dans quelques envois, les larmes de la résine blanche sont très-petites et la masse entière a l’aspect d’un granit brun-rougeâtre. Il existe toujours un certain mélange de fragments de bois, d’écorce et d’autres impuretés accidentelles. Lorsqu’on brise les larmes blanches, elles montrent une certaine stratification, avec des couches plus ou moins translucides. A la longue, la résine d’abord d’un blanc laiteux, devient brune et transparente à la surface. D’après les recherches de l’un de nous (F.), cette opacité ne paraît pas due à de l’eau, mais plutôt à un état moléculaire particulier (semi-cristallin ?) que prend la résine.

Le Benjoin de Siam est très-cassant ; dans les larmes opaques, la cassure est un peu cireuse ; elle est vitreuse dans la partie transparente. Il se ramollit facilement dans la bouche, et se laisse facilement mâcher comme le mastic. Son odeur est très-délicate, balsamique, semblable à celle de la vanille, mais sa saveur est très-faible. Lorsqu’on le chauffe, il exhale une odeur très-forte, et dégage des vapeurs irritantes d’acide benzoïque. 11 fond à 75° G. La présence de l'acide benzoïque peut être révélée par l’examen microscopique de lames minces de résine placées dans l'huile de térébenthine.

(I) Pharm. Journ., 1862, III, 126.

Le Benjoin de Siam est importé en blocs cubiques, dont la forme est moulée sur celle des caisses en bois dans lesquelles il a été emballé pendant qu’il était encore mou.

51° Benjoin de Sumatra. — Avant le renouvellement de nos relations commerciales directes avec Siam, en 1853, cette sorte de Benjoin était la plus commune dans le commerce. Elle est importée en blocs cubiques semblables à ceux de la sorte précédente, dont ils diffèrent par une teinte généralement plus grise. Lorsque la drogue est de bonne qualité, la masse contient de nombreuses larmes opaques, englobées dans une résine translucide d’un brun grisâtre, mélangée de fragments de bois et d’écorce. Lorsque la qualité est moins bonne, les larmes blanches manquent et la proportion des impuretés est plus considérable. Nous avons même des échantillons formés presque entièrement de fragments d’écorce. L’odeur du Benjoin de Sumatra est plus faible et moins agréable que celle de la drogue de Siam. L’apparence de cette sorte de Benjoin est généralement moins belle, et sa pureté moins graude, d’où son prix de beaucoup inférieur (1). La portion colorée en brun grisâtre fond à 95° G., les larmes à 85° G. Nous n’avons pas encore examiné le Benjoin de Zanzibar mentionné dans le Pharmaceutical Journal du 4 novembre 1876, p. 383.

Les droguistes de Londres distinguent une variété de Benjoin de Sumatra sous les noms de Penang Benjamin ou Storax-Smelling Benjamin. Nous en avons vu d’une très-belle qualité, avec des larmes blanches, dont quelques-unes avaient jusqu’à 5 centimètres de long, englobées dans une résine grisâtre (v2). Son odeur est très-agréable; elle diffère nettement de celle du Benjoin dç Siam et de celle du Benjoin ordinaire de Sumatra. Nous ignorons si cette sorte est produite à Sumatra, et si elle découle du Styrax Benzoin ; mais il est digne de remarque que le S. subdent iculat uni Miquel, qui habite l’ouest de Sumatra, porte le même nom indigène (Kajoe Kimënjan) que le N. Benzoin; Miquel dit de lui : « an etiam benzoiferuYn ? » (3).

Composition chimique. — Le Benjoin est composé en grande partie de résines amorphes, parfaitement solubles dans l’alcool et dans la potasse, douées de propriétés acides faibles, un peu différentes par la façon dont elles se comportent vis-à-vis des dissolvants, ce qui les a

(1) Dans le Public Ledger, 2 mai 1874 , les prix sont établis de la façon suivante ; Benjoin de Siam, lre et 2° qualité, de 10 îi 28 1. st. le quintal ; Benjoin de Sumatra, 1,c et 2e qualité, de 7 1., 10 s. ïi 12 1.

(2) Huit caisses de cette drogue furent mises en vente publique le lit avril 1871.

(8) Prnd. Flor. Sumatramr, 1800, 474.

STVKACKES.

I;iil désigner sous les noms à! alpha-résine, heta-rêsine , etc. Cependant elles paraissent avoir les mêmes propriétés essentielles. Lorsqu’on fait fondre du Benjoin avec de la potasse, il se décompose en partie et fournit, d après Illasiwetz et Barth, parmi d autres produits, de l 'acide Protocatéchuique (plus de 5 pour 100), de l’acide P ave^oxy benzoïque C7H6Ü\ et de la Pyrocatéchine.

Soumis a la distillation sèche, le Benjoin donne, comme produit principal, de \ acide Benzoïque, G7H60- , et des principes empyreumatiquos. parmi lesquels Berthelot a démontré la présence (dans le Benjoin de

Siam) du St y vol. L’acide benzoïque existe tout formé dans la proportion de 14 à 18 ou davantage pour 100. Quoique cet acide se dissolve facilement dans 12 parties d’eau bouillante, la résine à laquelle il est mélangé empêche de l’extraire complètement par ce procédé. Celte extraction est cependant accomplie facilement à l’aide d’un alcali, et avec plus d’avantages à l’aide d’un lait de chaux qui ne se combine pas avec la résine amorphe.

Le Benjoin n’est pas attaqué d’une façon manifeste par le bisulfure de carbone ; mais, si on le laisse en contact avec lui pendant un mois ou deux, il se montre de très-gros cristaux incolores d’acide benzoïque. Transportés dans une chambre chaude, ces cristaux se dissolvent rapidement, mais se reproduisent avec facilité sous l’influence du froid.

La plupart des pharmacopées prescrivent, non point l’acide inodore obtenu par fa voie humide, mais celui qui se dégage dans la sublimation sèche, et qui contient une petite proportion de principes empyreumatiques odorants.

La résine, soumise à des sublimations répétées, donne jusqu'à 14 pour 100 d’acide benzoïque. On sait depuis longtemps que les larmes blanches, opaques, du Benjoin, sont moins riches en acide benzoïque que la résine brune transparente dans laquelle elles sont englobées. S. W. Brown a retiré de cette dernière, en 1833, 13 pour lüû d'acide impur, et des larmes à peine 8 et demi pour 100. Nous ne sommes pas certains que cette différence soit constante.

L'huile d’amandes amères qui, par oxydation, fournit de l’acide benzoïque n’existe pas dans le Benjoin. On n’y trouve en réalité que très-peu d’huile volatile. Une demi-livre de Benjoin de Penang, de la meilleure qualité, ne nous a donné par distillation avec l’eau que quelques gouttes d’une huile extrêmement odorante ( Styrol ?).

Le chlore ferrique colore la solution alcoolique de Benjoin en vert brunâtre sombre, coloration que ne prend pas, sous la même influence,

J a décoction aqueuse de la résine réduite en poudre. Cette réaction ne peut donc pas être attribuée au tannin.

Le Benjoin se dissout dans l’huile froide de vitriol en formant une solution d’une splendide couleur carmin, de laquelle l'eau sépare des cristaux d’acide benzoïque.

Kolbe et Lautemann, en 1860, découvrirent dans le Benjoin de Penang et de Siam, indépendamment de l'acide benzoïque, un acide d’une constitution différente, qu’ils reconnurent, en 1861, pour de l 'acide Cinnamique, C°H901 2 3. Aschoff, en 1861, trouva dans un échantillon de Benjoin de Sumatra, seulement de l’acide einnamique dans la proportion de 11 pour 1 00, et dans un Benjoin amygdaloïde de Siam et de Penang l’acide Benzoïque seul. Dans quelques échantillons de ce dernier, l’un de nous (F.) a trouvé aussi de l’acide einnamique. En triturant cette sorte avec du peroxyde de plomb, et faisant bouillir le mélange dans l’eau, on détermine la production de l’odeur d'amandes amères due à l’oxydation de l’acide einnamique.

La présence simultanée, dans le Benjoin, des deux acides benzoïque et einnamique ou l’absence de l'un ou de l’autre sont dues à des circonstances encore inconnues.

Commerce. — Les statistiques de Singapore (1), qui est le grand entrepôt du commerce de l’archipel Indien, établissent qu’en 1871 les importations d’e Benjoin s’élevèrent à 7 442 quintaux. Sur cette quantité, 6 1 85 quintaux avaient été expédiés de Sumatra et 405 quintaux de Siam . Penang, qui sert aussi de marché pour cette drogue, parait, d’après le même document, avoir rèou de Sumatra pour être réexpédiés, 4959 quintaux de Benjoin. Padang, à Sumatra, exporta, en 1870, 4 303 peculs (3 122 q.) et, en 1871,4 064 peculs (4 838 q.) de Benjoin (2). Les importations de Benjoin, de Bombay, pendant l’année 1871-72, ne furent pas moindres de 5 975 quintaux, et les exportations, de 1043 quintaux (3).

Usages. — Le Benjoin paraît être à peu près dépourvu de propriétés médicinales cl n'est que peu employé. Il est importé surtout pour être utilisé comme encens dans les temples de l’Église grecque.

(a) Ées Styrax Touiunkfout sont des Styracées à fleurs régulières et hermaphrodites; ;i calice gamosépale et à corolle gamopétale ; il androcée diplostémonc ; à ovaire à demi infère, triloeulaire, et à fruit drupacé.

(1) HI ho, liook for the, Colony of the Straits Setlments , Singapore, 1 872.

(2) Comular Reports, août 1873, 953.

(3) Statement of the T rude and Navigation of the Presidcncg of Bombay) foi' 1871-72, P. II, 20, 29.

18 OLÉACÉES.

Le Styrax Benzoin Dryander (in Philos. Trans., LXXVI1, 308, t. 12) est un petit arbre à feuilles alternes, simples, dépourvues de stipules, oblongues-acuminées, courtement pétiolées, colorées en vert foncé et glabres en dessus, couvertes sur la face inférieure de poils blanchâtres. Les fleurs sont disposées en cvmes axillaires plus longues que les feuilles. Le calice est urcéolé, divisé en cinq dents aigues, persistant. La corolle est formée de cinq pétales unis en tube à la base, beaucoup plus' grands que les sépales, alternes avec ces derniers, valvaires dans le bouton, jaunes-verdâtres en dehors, rouges en dedans, un peu charnus. L’androcée est formé de dix étamines, cinq opposées aux sépales et cinq opposées aux pétales, toutes fertiles, à filets adhérents avec le tube de la corolle, à anthères biloculaires, introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. L'ovaire est à demi infère, ovoïde, triloculaire, surmonté d’un style trilobé. Chaque loge contient un nombre variable d’ovules insérés dans 1 angle interne, anatropes, à micropyle dirigé en bas et en dehors. Le fruit est une drupe a novau monosperme par avortement. Les graines sont albuminées. [Trad.]

OLÉACÉES

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