‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 9 sur 124 · FRUIT DE DIOSPYROS · texte numérisé non relu

FRUIT DE DIOSPYROS

' Fructus Diospyri.

Origine botanique. — Le Diospyros Embryopiens Fers. {Embry optons ylutinifera Roxburgh) est un arbre toujours vert, de taille moyenne ou édevée, originaire de la côte ouest de l'Inde, de Geylan, du Bengale, de

Burina, de Siam et de Java (1). (a)

Historique. — Cet arbre, qui possède un nom sanscrit, était connu de Rheede, et fut figuré dans son Hortus mcdabaricus (2). Sir "William Jones apprit à Roxburgh, en 1791, que les fruits encore verts contiennent un liquide astringent, visqueux, employé par les indigènes de

(1) On trouvera une description complète de cet arbre et de toute la famille à laquelle il appartient dans : Éicrn, Monograpli of Ebenacex (m Tramact. or Cambridge Philosophieal Society , 1S73, XII, P. I )•

(2) HT. t. VI.

HISTOIRE DES DROGUES D’ORIGINE VÉGÉTA LE. ;j<j

l’Inde pom- enduire les carènes de leurs barques. L'introduction de ce fruit dans la pratique médicale est due à O’Shaughnessy (I). Elle a été suivie de son admission dans la Pharmacopée de l’Inde en 1868.

Description. — Le fruit est ordinairement solitaire, subsessile ou pédonculé, globulaire ou ovoïde. Il a de 4 à 5 centimètres de long. 11 est entouré à la base par un large calice divisé en quatre lobes profonds. Il est jaunâtre et couvert d’un duvet couleur de rouille. En dedans, il est pulpeux, et divisé en 6-10 loges, qui contiennent chacune une graine solitaire, aplatie. Avant la maturité, la pulpe est très-astringente, mais elle perd peu à peu cette qualité, au point de devenir comestible, lorsqu’elle est tout à fait mûre. On n’emploie le fruit qu'avant la maturité et à l’état frais .

Composition chimique. — On n’a pas encore fait d’analyse convenable de ce fruit, mais on ne peut pas douter qu’il ne soit, comme celui des autres espèces de Diospyros , riche en tannin avant la maturité. Charropin (2), qui a étudié, en 1873, le fruit du Diospyros Virginiana L. d’Amérique, y a trouvé un acide tannique qu’il regarde comme identique avec celui de la noix de galle, une grande quantité de pectine, du glucose, et une matière colorante jaune, insoluble dans l’eau, mais facilement soluble dans l’éther.

Usages. — Le suc épaissi du fruit de Diospyros a été recommandé, comme astringent, contre la diarrhée et la dysenterie chronique.

(a) Les Diospyros Daléchamfs (Bist., lib. III, cap. xxi, 349) sont des Ébénacées à fleurs dioïques ou polygames, ordinairement tétramères et à ovaire divisé eu 4 ou 8-16 loges.

Le Diospyros Embryopteris Persoox ( Synops ., II, 024, n° G) a des fleurs régulières, dioïques ou polygames. Les fleurs males sont disposées en grappes de cymes pauciflores, axillaires. Elles sont ordinairement tétramères, parfois pentamères, pubescentes, jaunâtres, accompagnées de bractées caduques. Le calice est gamosépale, étalé, a quatre divisions profondes et puiescentes en dedans. La corolle est campanulée, a lobes obtus, pubescents en dehors, glabres en dedans, imbriqués dans la préfloraison. L androcée est formé d’étamines en nombre indéfini, à peu près de même taille, insérées directement sur le réceptacle ou connées avec la corolle, à anthères linéaires, dressées, plus ou moins velues, à filaments très-courts, velus, bifides au sommet. Au centre de k fleur il existe parfois un rudiment d’ovaire. Les fleurs femelles sont disposées en petites cymes à pédoncules très-courts, ou solitaires à 1 aisselle des feuilles. Elles sont tétramères, plus grandes que les feuilles males, glabres ou pubescentes et accompagnées de bractées caduques. Le calice esl découpé en quatre lobes profonds, pubescents ou glabres, subcordés à la base. La

(1) Hengal Digpensatory , Calcula, 1842, 428.

G) Etudes sur I v P laque minier , Diospyros), Thèse, 1 87:!, 28-110.

■40 STYRACÉES.

corolle est divisée en lobes courts presque dressés. L’androcée est représenté par un à douze staminodes velus, connés à la base de la corolle ou en pariic hypogvnes, à anthères parfois fertiles. L’ovaire est globuleux, glabre, rougeâtre, glanduleux ou entouré à. la base d’un cercle de poils. Il est divisé en huit à dix loges contenant chacune un seul ovule anatrope suspendu, inséré dans le hnut de l’angle interne de la loge. L’ovaire est surmonté de quatre styles étalés, velus à la base, dilatés et lobés au sommet. Le fruit est globulaire ou ovoïde, glanduleux ou glabre, à 6-8-10 loges, entouré à la base par le calice persistant. Les graines contiennent un albumen cartilagineux et un embryon axile à radicule supère et à cotylédons foliacés. Le Diospyros Embryopteris est un arbre de taille moyenne, dressé, à rameaux épars, étalés, glabres dans le jeune âge, à écorce à peu près glabre, colorée en brun ferrugineux. Les fouilles sont alternes, oblongues ou ovales, ordinairement acuminées, obtuses à la base, coriaces, glabres, pétiolées, réticulées, molles et rouges dans le jeune âge, dépourvues de stipules. (Voy. in Botanicul lingister, VI, t, 4-99.) [Trad.]

STYRACÉES

Page 1