‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 103 sur 124 · SQUINE · texte numérisé non relu

SQUINE

Tubcr C/iinæ ; Jiadix Chimie; nngl., China liant; aliéna., Chinawurxel,

Origine botanique. — Smilax China L. [S. ferox Wall.). C’est un arbuste grimpant, ligneux, muni d’aiguillons, originaire de la Chine, du Japon et de l’Inde orientale, notamment du Népal, du Khasia, du Silckim et de l’Assam. C’est à cette espèce qu’on attribue généralement la drogue. L’autorité la plus importante en faveur de cette opinion est celle de Kampfer, qui a figuré la plante dans ses Amœnitates, p. 783, en 1712, et dont les échantillons sont encore conservés dans le British Muséum (a).

Le Smilax glabra Roxb. et le Smilax lanceæfolia Roxb., indigènes de l'Inde et du sucf de la Chine, possèdent des tubercules qui, d’après Roxburgh , ne peuvent pas être distingués de la Squine de la médecine, quoique ces plantes diffèrent beaucoup par leur aspect général du Smilax China. Le docteur Hance (2), de Wampoa, reçut un échantillon vivant de la plante qu’il s’assura être le S. glabra. Les trois espèces cidessus nommées croissent dans l’île de Hong-Kong.

Historique. — L’usage de cette drogue, comme remède contre la syphilis, fut indiqué aux Portugais de Goa par les négociants chinois, vers 1535. Garcia d’Orta, qui raconte ce fait, ajoute que la nouvelle drogue acquit une telle réputation, que de petites quantités employées à Malacca furent achetées au prix de 10 couronnes le ganta , poids de 24 onces. On parla des bons effets produits par la Squine sur Charles- Quint, qui souffrait de la goutte, et la drogue en acquit en Europe une telle célébrité, que plusieurs ouvrages (3) furent écrits pour célébrer ses

(1) Pour plus de détails sur ce tissu proseuchymateux qui existe dans toutes les monocotylédones, voyez: Schxvendener, Das Mecanische Princip irn Anatom. Bau (1er Monocotylen, 1874.

(2 ) Jour. of Bot., do Trimen, 1872, I, 102.— Le S. glabra et.le S. lanceæfolia ont été figurés par Seemann dans son Botany of the Herald, 1852-57, t. 99-100. Le Smilax China est bien représenté dans l’herbier de Kew. Nous avons examiné des échantillons provenant de Nagasaki, de Hakodadi et de Yokohama ; de Loochoo, de Corea, de f ormosa, de Ningpo ; et des échantillons indiens provenant de Khasia, d’\ssam et du Népal.

(3) Le plus ancien est celui d’Andréas Vesalius, Epistola rationem, modumque propinandi radiais Chÿmæ dccocti,quo nnper mvictissimus Carolus V imperator usas est, Venot., 1540. On trouve cependant une assez bonne description do la Squine dans 1 Hisloria stirpium de Valérius Cordus (212), publié à Strasbourg, par Conrad Gesnor,

SMILACÉES.

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vertus. Cependant, on ne tarda pas à s’apercevoir que ses propriétés avaient ôté beaucoup exagérées, mais elle conserva une certaine réputation comme sudorifique et altérante, et lut beaucoup employée jusqu’à la fin du dix-septième siècle aux mêmes usages que la Salsepareille. Elle occupe encore sa place dans quelques Pharmacopées modernes.

Description. — La plante produit des racines fibreuses, flexueuses, qui, çà et là, se renflent en gros tubercules. Ces derniers constituent, après dessiccation, la drogue qui porte le nom de Squine ou Racine de Chine. Tels qu’on les trouve sur le marché, ces tubercules sont irrégulièrement cylindriques, ordinairement un peu aplatis et produisant parfois de courtes branches noueuses. Ils ont de 10 à 15 centimètres ou davantage de long, et de 3 à 5 centimètres d’épaisseur; ils sont recouverts d’une écorce de couleur rouille, un peu luisante, lisse dan» quelques échantillons, mais plus ou moins ridée dans d’autres. Ils ne présentent aucune trace visible de feuilles rudimentaires, que cependant on peut voir sur les tubercules de quelques espèces voisines. Quelquesuns offrent encore des restes de la racine traçante ligneuse et semblable à une corde sur laquelle ils se sont développés, et la base de quelques racines. La plupart des tubercules portent des cicatrices indiquant qu ils ont été nettoyés avec un couteau.

La Squine est inodore et presque insipide. Sur une section transversale, elle offre une substance interne, dense, granuleuse, coloree en brun fauve pâle.

structure microscopique. - La partie externe de l’écorce est formée d’une couche de cellules brunes, à parois épaisses, allongées tangentiellement. Ces cellules contiennent de nombreuses touffes de cristaux aciculaires d’oxalate de calcium, et des masses d'une résine brun rougeâtre. A l’écorce succède un parenchyme interne qui contraste fortement avec elle par sa structure ; il est formé de grandes cellules à parois minces et ponctuées, gorgées d’amidon, mais contenant aussi, ça et la, de la résine brune et des cristaux aciculaires d’oxalate de calcium, es grains d’amidon sont volumineux ; ils ont jusqu’à 50 millièmes de millimètre de diamètre, sont sphériques, souvent aplatis ou anguleux par pression réciproque. Ils offrent, comme ceux du colchique, un hile radie ; ils sont très-fréquemment crevés et réunis les uns aux autres, proba j e-

cmestion à l’occasion de l'histoire de la Salsepareille. [F. A. I .j

ment parce que le tubercule a été échauclé. Les faisceaux vasculaires sont dispersés dans le parenchyme ; ils contiennent d’ordinaire deux larges vaisseaux scalariformes ou des vaisseaux réticulés, un parenchyme à parois minces et délicates, et de belles cellules ligneuses épaisses et munies de ponctuations linéaires.

Composition chimique. — La drogue passe pour ne contenir aucun principe auquel on puisse attribuer des propriétés médicinales. Nous avons essayé, sans aucun succès, d’en retirer de la parilline, substance active cristallisable de la salsepareille.

Commerce. - La Squine est importée en Europe du sud de la Chine, ordinairement de Canton. La quantité embarquée dans ce port, en 1872, a été seulement de 384 péculs; tandis que la même année il en fut expédié, deHankow, la grande cité commerçante du Yangtsze, à destination des ports de la Chine, 10258 péculs (I).

Usages. — Malgré la haute opinion qu’on avait autrefois des propriétés de la Squine, cette drogue est aujourd'hui complètement tombée en désuétude en Europe. En Chine et dans l’Inde, elle est encore tenue en haute estime contre les maladies rhumatismales et syphilitiques, et comme aphrodisiaque et adoucissante. Polak affirme que les tubercules de Smilax servent à l’alimentation des Turcomans et des Mongols (2).

Substitution. — Plusieurs espèces américaines de Smilax fournissent une drogue qui, à diverses époques, a été apportée sur le marché sous le nom de Raclix Chinæ occidental is. Il est difficile de dire exactement par quelle espèce elle est fournie ; cependant les S. Pseudo- China L., S.tamnoides L., qui croissent aux Etats-Unis, dans le New-Jersey, et plus au sud, le S. Balbisiana Kuntm, plante connue dans toutes les îles des Indes occidentales, et les S. Japicanga Griseb., S. Syringnides Griseb. et le S. hrasiliensis Spreng., sont considérés comme fournissant de gros rhizomes tuberculeux, qui remplacent, dans plusieurs localités, la Squine d Asie, et sont employés aux mêmes usages.

Le Smilax china L. ( Species , 1459) possède avec les caractères généraux du ] geme (voyez page 552, note a) une lige aérienne frutescente, cylindrique, grimpante, <■

munie d’aiguillons peu nombreux, très-courts et épars ; des feuilles alternes, hier- 1

(1) lletums of Trafic àt the Treaty Ports in China for 1872, 34, 154.

(2) Nous signalons cette indication avec réserves sachant que les Chinois et les Eulopéens ont souvent confondu la Squine avec la singulière production fongoïde nommée Pacht/ma Cocos. La première est nommée par les Chinois Tu-fuh-ling, la seconde tuh-luiy ou Pc-fuh-ling ( Pharm . Journ., 1862, III, 421. — R. Poivrai Smith, Mat. i ci., and Nat. Hist. of China , 1871, 198. — Dragendohff, Volksmedicin Turkestcins m Hcpcrtorium de Buciiner, 1873. XXI f, 135).

mes, ovales, aiguës, quinquenerviées, glabres, pétiolées, et accompagnées de deux cirrhes stipulaires; des pétioles bidentés. Les fleurs sont disposées eu petites inllorcscences ombclliformes, axillaires. Le fruit est une petite baie arrondie, rouge, triloculaire.

Le Smilax glabra Roxihirgh ( Flora indica, 111, 792) se distingue pat scs îameaux inernics, cylindriques, lisses; ses feuilles lanceolécs-acuminées, anondies a la base, trinerviées ; ses folioles calicinales larges, obcordées ; ses anthères trèsgrandes et sessiles.

Le Smilax lanccœ folia Roxhuhgii ( Flora indica, III, 792) possède également des rameaux cylindriques, inernics et lisses ; ses feuilles sont lancéolées, lisses, trinerviées ; les segments de son périanthe sont linéaires-oblongs. [Thad.)

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