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SPORES DE LYCOPODE

Lycopodium, Semai vel Sporulæ Lycnpodn ; Lycopode, Poudre de Lycopode ; nngl,, Ly copodium ;

allom;, Bürlappsarnen, ÿexenmehl.

Origine botanique. — Lycopodium clauatum L. — Le Lycopode commun est presque cosmopolite. On le trouve dans les pâturages montagneux et dans les bruyères de l’Europe centrale et septentrionale, depuis les Alpes et les Pyrénées jusqu’aux régions arctiques; dans les montagnes de l’est et du centre de l’Espagne ; dans la Russie d’Asie, jusqu a la vallée de l’Amur et au Japon; dans le nord et le sud de l’Amérique; dans les îles Falkland; en Australie et au cap de Bonne-Espérance. Il se trouve dans la Grande-Bretagne, mais il est plus abondant dans les landes des pays septentrionaux (a).

La partie de la plante employée en pharmacie est constituée par les petites spoies qui sortent sous la forme d une fine poudre jaune de capsules triangulaires ou sporanges situés sur la face interne des bractées qui couvrent l’épi fructifère.

Historique. — Le Lycopode commun était bien connu, sous le nom de Muscus tèrrestris ou Muscus clavatus, des anciens botanistes, notamment de Tragus, Dodonæus, Tabernæmontanus, Bauhin, Parkinson et Rey, qui ont rappelé les propriétés qu’on lui attribuait. Quoique la poudre de Lycopode (spores) fût officinale en Allemagne, et employée en applications sur les plaies dès le milieu du dix-septième siècle (1), il ne paraît pas qu elle ait été connue dans les boutiques anglaises jusqu a une époque beaucoup plus récente. Elle n’est pas comprise par Deale (2) dans la liste des drogues vendues par les droguistes de Londien en 1G92, ni énumérée dans les listes des drogues anglaises du der-

(1) Schrûdf.r, Pharmacopaiia Medico - chymica, ed. \ ger, Documente, zuv Geschichte der Pharm ., G3.

(2) Pharrnacohxjia, Lond., J «93.

Lugd., 1G5G, 538. — Flücki-

LYCOPODIACÉES.

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nier siècle, et n’a jamais eu sa place dans la London Pltarmacopœia.

Description. — La poutli'c de Lycopode est fine, mobile, insipide, colorée en jaune pille; son poids spécifique est 1 ,062. Elle flotte sur l’eau et ne se mouille que difficilement, mais s’enfonce dans l’eau quand on l’y fait bouillir. Sous l’influence d’une trituration prolongée, elle devient cohérente, prend une teinte grise, et laisse sur le papier une tache huileuse ; on peut alors la mélanger avec >l’eau. Elle est immédiatement mouillée par les liquides huileux et alcooliques, le chloroforme et l’éther. Desséchée à 100° G., elle ne perd que 4 pour 100 d’eau. Chauffée lentement, elle brûle petit à petit, mais lorsqu’on la projette dans une flamme elle prend feu aussitôt et fait explosion en brûlant avec beaucoup de lumière. Ce phénomène est également présenté par quelques autres corps pulvérulents ayant une structure particulière, comme les spores de Fougère et la poudre de Kamala.

Structure microscopique. — Sous le microscope, la poudre de Lycopode se montre composée de granules uniformes, ayant 35 millièmes de millimètre de diamètre, munis de quatre faces, dont l’une, la base, est convexe, tandis que les autres se réunissent en une pyramide triangulaire dont les trois bords sillonnés ne se prolongent pas tout à fait jusqu'à la base. Ces tétraèdres sont marqués de fines côtes formant par leurs intersections des mailles régulières à cinq ou six faces. Au niveau des points d’intersection, il existe de petites saillies qui, sous un faible grossissement, donnent aux spores une apparence mouchetée. Au-dessous de cette couche réticulée, se trouve une membrane jaune, cohérente, mince, mais compacte et très-résistante, car elle ne se rompt pas quand on la fait bouillir dans l’eau ou même dans la potasse caustique. L’acide sulfurique n’agit pas sur elle à froid, même au bout de plusieurs jours; mais il pénètre les granules instantanément et les rend transparents en même temps que de nombreuses gouttes d’huile en exsudent.

Composition chimique. — Un des plus remarquables principes constituants des spores de Lycopode est une huile grasse ,qu’elles contiennent dans la proportion énorme de 47 pour 1 00. Bucholz a signalé son existence en 1807, mais il ne l’obtint que dans la proportion de 6 pour 100. Cependant, en brisant les spores par une trituration prolongée avec du sable, et en les épuisant ensuite avec du chloroforme, nous avons obtenu la proportion considérable d’huile essentielle que nous venons d’indiquer. L’huile est douce et ne se solidifie pas même à — 15° G. En soumettant le Lycopode ou son extrait a la distillation avec ou sans ad-

dition d’alcali, Stenhouse a obtenu des bases volatiles dont nous avons pu vérifier la présence, mais qui n’existent qu’en très-faible proportion. Le Lycopode abandonne 4 pour 100 de cendres non alcalines, contenant de l’alumine, et J pour 100 d’acide phosphorique, principes qu’on trouve aussi dans les parties vertes de la plante.

Production et Commerce. — Pour recueillir la poudre de Lycopode, on coupe les épis fructifèrés un peu avant la maturité, et on les secoue pour faire tomber la poudre, qu’on sépare à l’aide d’un tamis. Ep Russie, en Allemagne et en Suisse, on la récolte surtout en juillet et en août, La quantité obtenue varie beaucoup à cause des arrêts fréquents de développement de la plante.

En 1870, la France a importé 7 262 kilogrammes de poudre de Lycopode, provenant en majeure partie d’Allemagne. La consommation qui s’en fait en Angleterre est probablement beaucoup plus faible, mais nous ne possédons à cet égard aucune donnée.

Usages. — La poudre de Lycopode est aujourd’hui considérée comme ne possédant pas du tout de propriétés médicinales; on ne l’emploie à l’extérieur que pour recouvrir les surfaces excoriées, et pour saupoudrer les pilules, afin de les empêcher d’adhérer les unes aux autres. Elle est aussi employée par les artificiers.

Falsification. — Les spores de Lycopode possèdent une structure si caractéristique, qu’on peut facilement les distinguer à l’aide du microscope de toutes les autres substances. Les espèces de Lycopodiacées voisines du L. clavatum (1), possèdent un produit analogue et pouvant être employé aux mêmes usages.

L’amidon et la dextrine, qu’on mélange parfois frauduleusement à la poudre de Lycopode, sont faciles à distinguer à l’aide des réactifs que tout le monde connaît. Les poudres inorganiques, notamment le gypse et la magnésie, se reconnaissent à l’aide du bisulfure de carbone, dans lequel elles s’enfoncent, tandis que la poudre de Lycopode reste à la surface, et aussi par l’incinération, la poudre de Lycopode ne laissant pas plus de 4 pour 100 de cendres. Le polie» de quelques plantes phanérogames, notamment celui du P inus silveslris, ressemble à première vue aux spores de Lycopode, mais son organisation est tout à fait différente, et il est toujours facile de distinguer ces deux sortes de corps.

(a) Les Lvcopodes ( Lycoporlium L., Gênera , n. 1184) sont des Lycopodiacées îi une seule espèce de spores contenues dans des sporanges dépendant des feuilles de 1 inflorescence et déhiscents par une fente transversale.

(I) Notamment les L. annotinum , L. nomplanatum et L. inundatum.

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LYCOPODIACÉES.

lie Lycopodium clavalwn L. ( Species , 1564) est une plante vivace, atteignant de 30 à bO centimètres et parfois 1 mètre de long; sa tige est très-ramifiée, rampante, et émet de distance en distance des racines adventives qui parvenues au niveau du sol se ramifient diehotomiquement. De cette tige couchée sur le sol, s’élèvent des rameaux fructifères, «tressés, cylindriques, ramifiés diehotomiquement et chargés comme la tige de feuilles spiralées, disposées sur plusieurs rangs, trè's-rapprochées les unes des autres et formant aux axesqui les portent un revêtement complet; elles sont linéaires-lancéolées, et terminées par une soie, plus ou moins étalées et arquées, infléchies, roules, munies d’une seule nervure longitudinale, peu prononcée. Vers le sommet des rameaux, les feuilles sont un peu plus petites et plus espacées et enfin le rameau se termine soit par une seule, soit par deux inflorescences nées de sa dichotomie. Les inflorescences ou épis sont cylindriques, fusiformes, formés d’un axe cy-

lindrique sur lequel s’insèrent un grand nombre de bractées ovales acuminées, toi minées par une pointe allongée et roule, colorées en jaune pâle, axec des bord? membraneux, ondulés et très-finement denticulés, et une base rétrécie. Chaque bractée porte, sur sa face interne, au-dessus de la portion rétrécie par laquelle elle s’insère sur l’axe d’inflorescence, un sac réniforme ou sporange, allongé transversalement, à bord inférieur concave, adhérent à la bractée, à bord supérieur convexe, arrondi, épais, déhiscent par une grande fente longitudinale qui le parcourt dans toute son étendue. La cavité unique de chaque sporange contient un grand nombre de spores dont le rôle physiologique n’est pas encore complètement connu. M. de Bary (1) a pu cependant observer la germination des spores d une espèce voisine, le Lycopodium inundatum, et assister à un commencement de formation de prothalle; plus récemment M. Fankhauser (2) a rencontré des prothalles de Lycopodium annolinum provenus sans doute des spores de cette espèce. Ces prothalles étaient souterrains, dépourvus de chlorophylle, blancs, munis sur leur face inferieure île poils radicaux et sur la face supérieure d’organes mâles ou anthéridies ovales, enfon-

(1) U ber Keimung (1er Lycopodium, in Bericht. (L naturf. Gesellsch. zu Freiburg in Brisgau, 1858.

(2) In Bot. Zeit., 3 janvier 1873.

Fig. 273.

Lycopodium clavatum.

Fig. 274. Lycopodium clavatum.

Bractées sporangiféro et spores.

cées dans le tissu clu prothalle et contenant un grand nombre d’anthérozoïdes à corps relativement volumineux et a filament no formant que deux tom s de spiie* D’autres bourrelets paraissaient indiquer la place des archégones ou organes femelles, mais ces derniers n’étaient pas encore développés ; sur quelques-uns de ces prothallcs de jeunes plantulcs étaient déjà développées. D’après ces observations, le prothalle des Lvcopodes serait monoïque, ce qui explique la présence dans ces plantes d’une seule espèce de spores. De nouvelles recherches plus complètes sont cependant encore nécessaires. [T h ad.]

FOUGÈRES

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