‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 12 sur 124 · AUTRES SORTES DE MANNE · texte numérisé non relu

AUTRES SORTES DE MANNE

Diverses plantes peuvent, comme le Frêne, produire, dans certaines conditions, des exsudations saccharines, dont certaines ont constitué la Manne orientale , employée autrefois en Europe. D’après ce que nous savons, ces produits diffèrent de la Manne officinale en ce qu’ils ne contiennent pas de mannite.

Manne d’Aiiiagî; Turanjabln des Arabes. — Elle est, fournie par YAlhagi Camelorum Fischer, petite plante épineuse de la famille des Légumineuses, de la Perse, de l’Afghanistan et du Beluchistan. D’après les excellents échantillons de cette Manne, qui ont été recueillis pour nous dans le nord-ouest de l’Inde par le docteur E. Burton Brown et par M. T.-W.-H. Tolbort, cette substance se présente en petites larmes arrondies, dures, sèches, dont la taille varie depuis celle d'une Muscade jusqu’à celle d’un grain de Chènevis ; sa coloration est d’un brun clair, son goût est sucré, agréable, son odeur ressemble à celle du Séné. D’après Ludwig (1), elle contient des larmes ou des grains cristallins de sucre de canne, un peu de dextrine, une substance mucilagineuse douceâtre et une très-petite quantité d’amidon. M. A. Villiers vient de démontrer (janvier 1877) que cette Manne contenait de la mélézitose. Les folioles, les épines et les gousses de la plante, mélangées aux grains de cette Manne, sont caractéristiques et facilement reconnaissables.

La Manne d’Alhagi est recueillie près de Kandahar et de Hérat. On la trouve sur les plantes à l’époque de la floraison. Elle est importée dans l’Inde, de Kabül et de Kandahar, dans la proportion d’environ 25 maunds (2000 livres) par an; son prix est fixé à 30 rupees le seer (30 sh. la livre) (2).

Ga* Anjabin des Arabes; Manne «le Tamaris (en partie). — Pendant les mois de juin et juillet, les arbustes du Tamaris ( Tamarix Gallica , var. mannifera Ehrenberg), qui croissent dans les vallées. de la péninsule du Sinaï, et surtout dans le Wady es Sheikb, laissent exsuder de leurs branches grêles, à la suite de la piqûre d’un insecte ( Coccus manniparus Ehrenberg), des gouttes d’un liquide semblable à du miel, qu’on

(1) Archiv der Pharm., 1870, 193, 32-52.

(2) Stewart, Punjab Plants, Lahore, 18G9, 57. — Davies, Report on the trade and ressources of the countries on the N. W. boundary of British India, Lahore, 1862.

OLftACÉES.

Iiouvo à 1 étal solide pendant la fraîcheur du matin. Celle substance est la Manne de Tamanx. Les Arabes la recueillent et la vendent aux moines do Sainte-Catherine. Ceux-ci l’offrent aux voyageurs qui visitent le couvent. La Manne de Tarnarix est aussi produite (mais on ne la recueille peut-être plus) en Perse, où on la nomme Gaz Anjabin (I), et probablement aussi dans le Punjab (2). Il est probable qu’elle a été apportée de ces pays en Europe à une époque reculée.

Un échantillon de Manne de Tarnarix, rapporté du Sinaï, étudié en 1801 par Berlhelot, avait 1 apparence d'un sirop épais, jaunâtre, souillé de débris végétaux. On le trouva composé de sucre de canne, de sucre interverti (lévulose et glucose), de clextrine et d’eau, celte dernière formant un cinquième de la niasse totale (3).

Quoique la dénomination de Gaz Anjabin signifie Miel de Tarnarix ,

( lie est employée actuellement, d après Haussknecht (4), en Perse, pour désigner certains pains ronds, connus dans tous les bazars, dont la partie constituante principale est une Manne recueillie dans les districts montagneux de Chahar-Mahal et de Faraidan, et surtout dans le voisinage de la ville de Khonsar, au sud-ouest d’Ispahan, produite par l’As- Iragalus jlovulentus Boissier et Haussknecht et VAstragalus adscendens Boissier et Haussknecht. Les meilleures sortes de cette Manne, nommées Gaz Ale fi ou Gaz Khonsari , sont recueillies, pendant le mois d'août, sur les branches des arbres, à l’état de petites gouttes qui s’agglutinent et finissent par former une masse impure, d’un blanc grisâtre, molle. La sorte commune, recueillie sur la tige, est encore plus impure. Un échantillon de cette drogue, rapporté par Haussknecht, donna à Ludwig (5) de la dextrine, un sucre incristallisable et des acides organiques.

Shîr-khisiit. — Les anciens auteurs de matière médicale, comme Garcia d’Orta (15G3), mentionnent une sorte de Manne connue sous ce nom, qu’on trouve encore dans les bazars du nord-ouest de l’Inde, où- elle est importée en petite quantité de l’Afghanistan et du Turkestan (G). Haussknecht, dans son mémoire sur la Manne orientale, déjà cité, dit qu’elle est un produit d’exsudation du Cotoneaster nummularia Fisu. et Meyer, de la famille des Rosacées, et de Y Atraphaxis spinosa L.,

(1) Angélus, Pharm. Persica, 1681, 339.

(2) Stewart, op. cit., 92.

(3) Compt. rend. Ac. sc., 1861, LIII, 683. — Pharm. Journ., 1862, III, 274.

(4) Archiv der Pharm., 1870, 192, 246.

(5) Loc. cit.

(6) Davies, ouvrage cité à la page 55, note 2.

de la famille des Polygonacées, et qu'elle provient, en majeure partie de Hérat. Nous devons au docteur Burton Brown, de Lahore, et à M. Tolbort des échantillons de cette Manne, qui, d’après les fragments qu’elle.contient, provient sans aucun doute d’un Coloneaster. Elle est eu larmes irrégulières, arrondies, dont Je plus grand diamètre a d’un demicentimètre à I centimètre et demi, d’un blanc opaque foncé, légèrement visqueuses et faciles à pétrir entre les doigts. Elle a une faible odeur de Manne, une saveur simplement sucrée. Sa cassure est cristalline. Elle forme dans l’eau une solution sirupeuse qui abandonne un résidu abondant de grains d’amidon.

D’après Ludwig, la Manne de Shir-khisht constitue un produit d’exsudation analogue à la gomme adragante, mais contenant en même temps deux sortes de gomme, un sucre lévogyre amorphe, de l’amidon et de la cellulose.

Manne de Chône. — La présence d’une substance saccharine sur le Chêne est signalée par Ovide et par Virgile, et mentionnée aussi par les médecins arabes, notamment par Ibn Baytar(l) et Elluchasem Elimithar (2). Ce dernier, mort en 1052, dit que dans le Diarbékir un produit d exsudation apparaît sur le chêne. Aujourd’hui ce produit est 1 objet dune certaine industrie parmi les tribus errantes du Kurdistan, qui, d après Haussknecht, le recueillent sur le Quercus Vallonea Kotscuy et le Quercus Persica Jaubert et Spach. Ces arbres sont fréquentés, au mois d août, par de nombreux petits Coccus blancs dont la piqûre est suivie de l’exsudation d’un liquide sucré qui se solidifie en petits grains. Le matin, avant le lever du soleil, les indigènes font tomber les grains de Manne sur des toiles étendues au-dessous des arbres.

On recueille aussi le produit de cette exsudation en faisant tremper les petites branches qui le portent dans des vases pleins d’eau chaude où il se dissout. On évapore ensuite la solution jusqu’à consistance d’un sirop qui sert pour sucrer les aliments ou qu’on mélange à de la farine pour fabriquer une sorte de gâteau.

Un bel échantillon de Manne de chêne du Diarbékir fut envoyé à 1 exposition internationale de Londres de 1862. C’était une masse molle, humide, formée de larmes agglutinées, très-semblable à une sorte inférieure de Manne de frêne. Son goût était sucré et agréable.

H existe une forme moins pure de cette Manne, qui se présente en

(1) E(l. Sontheimeu, Bd. I, 375.

(2) Tacuini Sanitatis, Argent., 1331, 24.

OLÊACÉES.

masses compactes, grisâtres, saccharines, parfois assez dures pour qu’on doive les broyer avec un marteau. Elle est formée d’une matière sucrée mélangée à une grande quantité de petits fragments de fouilles vertes ; son odeur est herbacée ; son goût est sucré et agréable. Un échantillon de cette substance rapporté du Diarbékir, examiné par l’un de nous, donna 90 pour 100 de sucre dextrogyre, qui ne put être obtenu à l’état cristallin, quoiqu’il existât sous cette forme dans la drogue brute. L’amidon et la dextrine manquaient complètement (1).

Un échantillon fourni à Ludwig (“2) par Haussknecht donna beaucoup de mucilage, un peu d’amidon, environ 48 pour 100 de sucre de raisin dextrogyre et des traces d’acide tannique et de chlorophylle.

Manne de Briançon. — On désigne ainsi une substance saccharine blanche qui, dans le fort de l'été et pendant les premières heures du jour, se trouve en grande quantité sur les feuilles des Larix ( Pinus Larix L.) des montagnes du Dauphiné, dans les environs de Briançon. Autrefois on la recueillait pour l’usage médical ; mais elle était déjà rare du temps de Jeoffroy (1709-1731), et aujourd’hui elle a tout à fait disparu du commerce, quoique les paysans la recueillent encore. Un échantillon récolté pour l’un de nous, en 1864, près de Briançon, consiste en petites larmes indépendantes, opaques, blanches, souvent ohlongues et creusées en gouttières, incrustées sur les feuilles en aiguilles du Larix. Leur saveur est douce et leur odeur faible. Sous le microscope, elles présentent des cristaux peu distincts.

La Manne de Briançon a été étudiée par Berthelot, qui y a découvert un sucre particulier nommé Mélézilose (3).

Plusieurs autres exsudations saccharines ont été observées par les voyageurs et les naturalistes; mais, comme la plupart d’entre elles nous sont inconnues, nous nous bornerons à énumérer les plus remarquables, en renvoyant aux sources originales le lecteur désireux de plus de détails.

Le Pirus glabra Boissier donne, dans le Luristan, une substance qui, d’après Haussknecht, est recueillie par les habitants et ressemble beaucoup à la Manne du chêne. Le môme voyageur dit que le Salix fragilis L. et le Scrophularia frigida Boissier donnent aussi, en Perse, des exsudations saccharines. On récoltait autrefois sur le Cèdre (Pinus Ce-

(1) Pour plus de détails, voy. Flückiger, Ueber die Eiclienmanna von Kurdistan, in Ai'ch. der Pharm., 200 (1872), 159.

(2) Loc. cit., 35.

(3) Gmelin, Chemistry, XV, 298 ; Journ. de Pharm., 1858, XXXIV. 292.

drus L.)(l) une sorte de Manne. En Espagne, le Cistm ladani férus L.(2) fournit une Manne,

La Manne d'Australie qui se présente en petites masses sèches, arrondies, opaques, blanches, découle des feuilles de Y Eucalyptus viminalis Labillardière. Elle contient un sucre nommé Mélitose (3). Sa saveur est douce ; elle est dépourvue de propriétés médicinales et n’est pas recueillie pour l’usage (4).

La substance désignée sous le nom de Tigala, et par corruption Trehala, dont 011 a retiré un sucre particulier (5), est le cocon d’un insecte, et non une exsudation saccharine proprement dite (6).

La Mamie de Lerp d’Australie est aussi d’origine animale (7). Elle se compose de 14 parties d’eau, de 33 parties d’une substance filamenteuse et de 53 parties de sucre. Les filaments ont les propriétés caractéristiques de l’amidon, dont ils diffèrent par leur forme et par leur inaltérabilité même dans l’eau bouillante. Cependant, dans des tubes scellés,’ ils se dissolvent dans 30 parties d’eau à 135° C. Le sucre est dextrogyre ; il imprègne les filaments à l’état d’une mousse brune, molle, amorphe. A l’état pur, il ne cristallise pas, même au bout d’un temps très-long. Les filaments sont convertis par l’acide sulfurique dilué en sucre de raisin cristallin.

{a) Les Frênes ( Fraxinus Tournefort, Instit.fHn, t. 343) sont des Oléaoées de la tribu des Fraxinées, à ovaire biloculaire et à loges biovulées ; à fruit sec, en samare, uniloculaire et monosperme par avortement.

Le Fraxinus Ornus L. ( Spec ., 1510) ou Ornus europœa Pers. est un arbre dressé, a tete arrondie, à rameaux noueux, [irréguliers. Les feuilles sont opposées, sans stipules, composées, imparipennées, à sept ou neuf folioles pétiolulées, ovaleslanceolées ou oblongues, atténuées aux deux extrémités, aiguës, munies dans les deux tiers supérieurs de leurs bords de dents ovales-arrondies, et barbues sur la face inférieure des pétioles et de la nervure dorsale. Les bourgeons sont tomenteux. Les fleurs apparaissent en même temps que les feuilles ; elles sont petites, d’un blanc verdâtre, disposées en grappes axillaires et terminales, composées, à ramifications opposées et souvent très-développées. Les fleurs sont régulières, polygames,

(1) Geoffroy, Mat. med., 1741, II, 584.

(2) Dillon, Travels through Spain , 1780, 127.

(3) Gmelin, Chemistry, XV, 296.

(4) Pharm. Journ., 1863, IV, 108.

(5) Compt. rend. An. sc., 1858, XLVI, 1276. — * Gmelin, Chemistry, XV, 299.

(6) Belon, Singularité: , 1554, livr. II, cap. xci. — Guibourt, in Comp. rend. Ac. sc., 21 juin 1858, 1213. — IIanbury, in Journ. of the Linn. Soc., Zool., 1859, III, 178; Science Paper s, 1876, 158, 159.

17) Dobson, Proceed. of Roy. Soc. of Van Diemens Land, 1851, I, 234 ; Pharm. oui n. , 1863, IV, 108. — Flückiger, in Vierteljahresschr., de Wittstein, 1868, XVII, 191 ; Archiv der Pharm., 196 (1872), 7 ; in Ycarbook ofPharm.,\sn, 188.

OLÉACÉES.

à réceptacle convexe. I.e calice est gamosépale, petit, à quatre dents, deux antérieures et deux latérales, calvaires dans la préfloraison. La corolle est formée de quatre pétales blancs, beaucoup plus longs que les sépales, unis à la base, calvaires dans la préfloraison, étroits, caducs. I.'androcée se compose de deux étamines libres, latérales, à filet grêle et, à anthère biloculaire, déhiscente par «leux fentes latérales. Dans les fleurs femelles, les étamines manquent complètement. Le gynécée, très-rudimentaire dans les fleurs mâles, est composé dans les fleurs hermaphrodites et les fleursïemelles de deux carpelles situés l’un en avant, l’autre en arrière, réunis en un ovaire biloculaire ovoïde, surmonté d’un style court à extrémité stigmatique bilobée. Chaque loge ovarienne contient deux ovules descendants, anatropes, insérés sur un placenta axile, collatéraux, à micropyle dirigé en haut et en dedans et à raphé regardant le dos de la loge. Le fruit est une samare linéaire à aile bilatérale. Elle a 2 centimètres de long sur 3 à 4 millimètres de large; elle est émarginée obliquement au sommet et souvent surmontée d’une pointe formée par le style persistant, atténuée et un peu tronquée à la base. Le fruit ue contient, par suite d’avortement de l’une des loges et de l’un des ovules de celle qui persiste, qu’une seule graine, descendante, à peu près cylindrique et linéaire, renfermant sous ses téguments un embryon droit, entouré d’albumen.

Sous le nom de Fraxinus rotundifolia L. ( Spec ., 1510) ou Ornus rolundifolia Link ( Enum ., Il, 452), quelques auteurs conservent, comme espèce distincte, une variété du Fraxinus Ornus qui croît dans le Levant et dans la Calabre et qui ne se distingue de la variété précédente que par ses folioles subsessiles, arrondies, ovales, aiguës, serretées vers l’extrémité, entières et un peu cunéiformes à la base, lisses en dessous. Cette plante fournit de la Manne comme la précédente. [Trad.]

(6) Le Fraxinus excelsiorL. [Spec., 1509) ou Frêne commun se distingue nettement du précédent par ses fleurs apétales, caractère qui lui avait fait donner par les anciens le nom de Frêne sans fleurs. C’est un arbre de 10 à 12 mètres de haut. Les feuilles ont de neuf à treize folioles pétiolulées, ovales-lancéolées ou oblongues, acuminées, dentées, velues en dessous de chaque côté de la nervure médiane. Les bourgeons sont noirs. Les fleurs sont polygames, disposées en grappes de cymes, axillaires. Le calice est formé de quatre sépales valvaires, unis à la base. La corolle est nulle. L’androcée se compose de deux étamines latérales à anthères introrses. Le gynécée ressemble à celui de l’espèce précédente. Le fruit est également une samare ; il est elliptique, arrondi à la base, tronqué ou obliquement emargiué au sommet, qui est mucrouulé, par le style persistant. Grenier et Godron [Fl. Fr.} II, 471) distinguent trois variétés de Fraxinus excelsior : a. borealis, à folioles lancéolées ;

p. auslralis, â folioles plus étroites, oblongues-lancéolées ;

y. monophylla, à foliole terminale seule développée, les folioles latérales n existant

pas.

Le Fraxinus excelsior fournit incontestablement une certaine quantité de Manne. Les feuilles sont considérées comme douées de propriétés purgatives analogues a celles du Séné. Elles passent aussi pour diurétiques. Son écorce est un peu amère et a été regardée comme tonique et même fébrifuge. La première de ces deux actions

est seule admissible. .

L'Écorce de Frêne [Cortex Fraxini, Cortex Linguœ Avis) est aujourd hui tout a fait abandonnée et ne doit être mentionnée que pour mémoire. On la trouve en plaques enroulées ou en forme de gouttières, minces, provenant de jeunes rameaux. Sa face externe est lisse, grisâtre ou jaunâtre, couverte de petites verrues saillantes

blanchâtres. Sa face interne est lisse, jaunâtre ou brunâtre. Sur une coupe transversale mince, elle offre de dehors en dedans : 1° un faux suber peu épais rempli de chlorophylle, à cellules irrégulières brunâtres ou jaunâtres, sèches, plus ou moins aplaties ; 2" un parenchyme moyen à grandes cellules allongées tangentiellement, parmi lesquelles sont disséminées des cellules sclérenchymateuses jaunâtres, à parois épaisses ponctuées, isolées ou réunies en petits groupes irréguliers ; 3° une courbe mince de cellules sclérenchymateuses, â parois épaisses et jaunâtres, ponctuées. Ces cellules forment une zone circulaire non continue, immédiatement en contact avec le liber. Au milieu des cellules sclérenchymateuses de cette zone sont distribués de. petits groupes d’éléments proscnchymateux, à parois épaisses, qui, sur la coupe transversale, se distinguent, par leur diamètre moindre et, leur forme plus régulière, des cellules sclérenchymateuses voisines. Ces petits groupes représentent, des faisceaux libériens primaires ; 4° un liber composé de fibres et de. parenchyme libériens. Ses faisceaux sont séparés l'un de l’autre par des rayons médullaires très-visibles, formés chacun de deux ou trois rangées radiales de cellules quadrangulaires ou un peu allongées radialement. Chaque faisceau est formé de trois sortes d’éléments : des fibres à parois épaisses, brillantes, et à cavité très-étroite, disposées par petits groupes et formant des cercles assez réguliers ; des fibres â parois minces destinées à s’épaissir plus tard ; et du parenchyme libérien. Cette écorce est dépourvue d’odeur ; sa saveur est amère et astringente.

L’écorce de frêne contient du tannin et une substance particulière, retirée, en 1 839, par Salm-Horstmar, la Fraxinc (voir p. 33). [Trad.]

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