HUILE D’OLIVE
Oleum otlvx ; angl., Olive OU, SaladOil; àllem., Oliuenôl, Baumol, Provencer Oet.
Origine botanique. — Olea europêea L. C’est un arbre toujours vert, qui dépasse rarement 12 mètres de haut, mais atteint un âge trèsavancé. On le cultive beaucoup sur les bords de la Méditerranée, jusqu’à une altitude de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer (1). On a soupçonné que l 'Olea cuspidala Wall (Olea ferruginea Roy le), qui abonde dans l’Afghanistan, le Beluchistan et le Sind occidental, était la forme sauvage de Y Olea europæa; mais il est regardé par Brandis (2) comme une espèce distincte. Il ne paraît pas avoir encore été cultivé ; cependant son fruit, qui est de petite taille et peu abondant, est susceptible de fournir une huile de bonne qualité (a).
Historique. — D’après les recherches faites par Ritter (3) et A. de
(1) Grisebach [Die Vegèt. der’Erde nach ihrer klimatologischen Anordnung, 1872, I, ÜG2, 283, 342) a établi que les limites de la culture de l’Olivier au-dessus du niveau de la mer sont les suivantes : en Portugal (Algarve), 420 mètres; dans la Sierra Nevada, 000 mètres; sur les pentes occidentales de la même chaîne, 1-260 mètres; sur l’Etna, 060 mètres ; en Macédoine, 300 mètres; eu Cilicie, 000 mètres.
(2) Forent Flora of North-Westem ancl Central India , 1874, 307.
(3) Erdkunde von Ani.cn, 1844, VII, P. 11, 510-537.
62 ObÉACÉES.
Candolle (1), on ne peut pas dputer que l’Olivier ne soit originaire de la Palestine et peut-être de l’Asie Mineure et de la Grèce. Schweinfurth (2) le considère comme incontestablement sauvage dans les montagnes d’Elbe et de Soturba, 22° nord de latitude', sur les côtes occidentales de la mer Rouge, qu’il visita en 1868. L’Olivier paraît avoir été introduit à une époque très-reculée dans le nord de l’Afrique et en Espagne. 11 réussissait très-bien dans la Cyrénaïque, dès l’époque de Théophraste, au troisième siècle avant Jésus-Christ.
Aujourd’hui, on le cultive beaucoup en Algérie, en Espagne, en Portugal, dans le midi de la France, en Italie, dans la péninsule grecque et en Asie Mineure. En Crimée il pousse bien, mais ne donne pas de bonfruits. 11 a été transporté à Lima (Pérou), en 1560, et y réussit bien encore dans les vallées de la côte, en descendant vers le sud jusqu’à Santiago dans le Chili (3).
L’huile d’olive est si fréquemment mentionnée dans la Bible qu'elle doit avoir constitué un des produits importants des anciens Hébreux. Elle occupait une place égale chez les Grecs et chez les Romains (4).Leuisécrivains sur l’agriculture et l’histoire naturelle en parlent de la façon la plus détaillée. Les fruits de l’Olivier conservés dans la saumure servaient chez les Romains à l’alimentation et constituaient, dès le huitième siècle (5), un objet important de commerce avec le nord de l’Europe.
Production. — De même que la plupart des plantes importantes cultivées, l’Olivier offre plusieurs variétés qui diffèrent plus ou moins de la forme sauvage, et dont les plus belles sont propagées à l'aide de la greffe. On le multiplie aussi à l’aide des rejets que les vieux arbres produisent sur leurs racines, et qui se développent facilement en plantes indépendantes (6). Le fruit est une drupe ovale, longue de 1 à 3 centimètres ou plus, colorée en pourpre foncé et remarquable par la grande quantité d’huile grasse que renferme sa partie charnue ou sarcocarpe. Ce dernier est plus riche en huile lorsqu’il est mûr. 11 en contient alors près de 70 pour 100 et 25 pour 100 d’eau. Avant sa maturité, le fruit est,
(I) Géographie botdnique, ISotJ, 912.
Î2) Bot. Zeit ., 1868, 860.
(3) Perez- Rosaces, Essai silr le Chili, Hambourg, 1857, 133.
(/,) Hehn, Kulturpfianzen und Hausthiere in ilirem Uebergailge aus Asie n nach Griechenland wld Italien, Berlin, 1870, 44-60. 'Cet ouvrage contient des détails intéressants sur l’importance de l’olivier dans l’antiquité.
(B) Diplôme de Chilpéric , 616 ap. J.-Ç. - Pardessus, Diplomata, Chartæ, etc. Paris, 1849, II, 309.
(6) Winter, in Pharm. Journ .,7 sept. 1872.
comme les autres parties de la plante, riche en mannite, qui disparaît à mesure que l’huile se forme. L’olive mûre ne contient plus de mannite, celle-ci s étant probablement transformée en huile grasse (1).
Les procédés d’extraction de l’huile varient un peu avec les pays, mais consistent, d’une façon générale, à soumettre la pulpe crue du fruit mûr à une pression modérée. On cueille les olives sur les arbres ou on les ramasse sur le sol, en novembre, ou pendant toute la durée de l’hiver ou au commencement du printemps, et on les réduit, sous une meule en pierre, en une masse pulpeuse. On place cette dernière dans de larges sacs qu’on empile les uns au-dessus des autres, et qu’on soumet à une pression modérée dans un pressoir à vis. L’huile ainsi obtenue est conduite dans des cuves ou des citernes pleines d’eau, à la surface de laquelle on l’écume avec des cuillers. On nomme cette première huile Huile vierge. Après qu’elle a cessé de couler, le contenu des sacs est versé dans de l’eau bouillante et soumis à une pression plus forte' que la première, qui donne une huile de deuxième qualité. Lorsqu’on laisse les fruits trop longtemps entas, ils se décomposent et donnent à la pression une qualité d'huile très-inférieure, nommée en France Huile fermentée. L huile la plus inférieure, retirée des résidus, porte le nom d 'Huile tournante ou Huile d'enfer (2).
Il paraît que dans quelques pays les meules en pierre sont établies de façon à écraser la pulpe sans briser le noyau. On obtient ainsi l’huile de la pulpe sans mélange avec celle de l’amande (3). Nous avons fait quelques recherches en Italie et en France au sujet de ce procédé de fabrication, mais nous n’avons pas pu découvrir les endroits où il est employé {b).
L’huile fixe de l’amande des olives mûres a été extraite et étudiée par l’un de nous (F.). Quoique les amandes aient une saveur amère,
I huile qu elles fournissent est tout à fait douce ; par exposition à la sapeur de 1 acide hyponitrique, elle se concrète comme celle de la pulpe. Si on l’obtenait tout entière en fabricant l’huile d’olive, celle-ci contiendrait environ une partie d’huile d’amande et quarante parties d’huile de pulpe.
(1) De Luc a, in Journ. de Pharm., 1864, XLV, 614. Ann. aes sc. nat, 1861 . - Ou
es 1 cchcrches de Ilarz sur la formation de l’huile d’olive dans ViertCljahrcs c/irift fürprakt. Pharm., de Wittstein, 1870, 161.
(2) Le nom à Iiuile d enfer vient de ce que les bassins dans lesquels on la recueille
son nommes enfers. Ce sont des citernes voûtées, bien étanches, qui communiquent
Ca, “nCT,1 2 * * S,)1Vf lcs auU;(i's Par ^s siphons. ( Voy. Coutance, l’Olivier, 1877, 202.) [Trad.]
U j K <-r>'ocert 25 avril 1868, Supplément. — Pereira, H lem. of Mat. med., 1850,
OLÉACÉES.
Description. — L’huile d’olive est un liquide jaune pâle ou jaune verdâtre, un peu visqueux, d’une odeur agréable et d’une saveur douce, oléagineuse, suivie d’une légère sensation d’âcrcté (I). Son poids spécifique est, en moyenne, 0,916 à 17° G: Dans l’eau froide, l’huile d’olive perd sa transparence par suite de la séparation d’un corps gras cristallin. Ce dépôt sc forme à quelques degrés 'au-dessus du point de congélation de l’eau, et même dans quelques huiles à 10° G. Lorsqu’on fait congeler l’huile complètement et qu’on la soumet alors à une forte pression, on peut en séparer environ le tiers de son poids d’un corps gras solide. Après des cristallisations répétées, ce dernier fond entre 20° et 28° G. La partie liquide ou Oléine reste fluide jusqu’à — 4° à — 10° C. L’huile d’olive appartient à la classe des huiles non siccatives les moins altérables.
La description que nous venons d’en donner ne s'applique pas aux sortes inférieures, qui se congèlent plus facilement, ont une coloration plus ou moins foncée, une odeur et un goût désagrables et deviennent très-vite rances. Ges huiles inférieures trouvent leurs applications particulières dans l’industrie.
Composition chimique. — Le principe le plus important de l’huile d’olive est Y Oléine ou, plus correctement, la Trioléine C(l) * 3H303, 3GIRH330, identique, autant que nous pouvons l’affirmer aujourd’hui, avec la partie fluide de toutes les huiles non siccatives. La proportion d’oléine qui existe dans l’huile d’olive aussi bien que dans les autres huiles est soumise à des variations qui résultent en partie dès circonstances naturelles et en partie des procédés de fabrication. Les meilleures huiles sont comparativement riches en oléine. Chevreul pensait que la partie solide de l’huile d’olive était la Margarine , qu'il observa la première fois en 1820, mais Heintz (1852 et plus tard) a montré que la margarine est nn mélange de palmitine avec d’autres composés de glycérine et d acides gras. Collet, en 1854, isola V acide Palmitique, C16H3202, de l’huile d’olive. Heintz et Krug, en 1857, ont prouvé en outre que la Tripalmitine est le principal constituant de la partie solide de l’huile d’olive. Ils y trouvèrent aussi un acide qui fond à 71°, 4 G., et qu’ils regardèrent comme étant Y acide Arachique. Heintz et Krug ne parvinrent pas à démontrer la présence de l’acide stéarique dans l’huile d’olive.
Enfin, Benecke a découvert dans l’huile d’olive une petite quantité
(l) D’après nos expériences, cet arrière-goût est produit même par 1 huile qui
s’écoule de la pulpe et qui est de la plus grande fraîcheur, mais il est plus sensible avec
l’huile qui a été longtemps conservée.
de Cholestérine, GMHuO, qu’on peut enlever au moyen de l’acide acétique froid ou de l’alcool, qui 11e dissolvent qu’une très-petite partie de
l’huile.
Commerce. — On distingue sur le marché anglais plusieurs sortes d’huiles d’olive, notamment celles de Florence, de Gallipoli, de Gioja, d’Espagne (Malaga et Séville), de Sicile, de Mytilène, de Gorfou et de
Mogador.
Pendant l’année 1872, il fut importé dans le Royaume-Uni pour 1 193 064 livres sterl. d’huile d’olive. Près de la moitié de cette quantité avait été expédiée d’Italie, un cinquième d’Espagne et le reste des autres ports de la Méditerranée.
La production annuelle moyenne de l’Italie est estimée à plus de 1 500000 hectolitres, représentant une valeur de 8 millions de liv. st. , mais la quantité exportée ne dépasse pas la valeur de 2800000 liv. st. (1). D’après les statistiques du gouvernement français, la production annuelle de l’huile d’olive eu France ne dépasse pas 250000 hectolitres, représentant 30 millions de francs (2).
lisages. — L’emploi de l’huile d’olive en médecine et l’immense consommation qui s’en fait pour l’alimentation dans les parties chaudes de l’Europe sont trop connus pour que nous ayons besoin d’v insister (c).
Falsification. — L’huile d’olive étant sujette à être mélangée frauduleusement avec un grand nombre d’huiles moins coûteuses, les moyens de découvrir ces fraudes ont beaucoup attiré l’attention. Parmi les divers procédés qui ont été tentés par les chimistes pour s’assurer de la pureté de l’huile d’olive, les plus dignes d’attention sont les suivants :
a. Les huiles siccatives (comme celles de pavot et de noix) peuvent être distinguées à ce qu’elles ne se convertissent pas en élaïdine solide cristal! isable sous l’influence de l’acide hyponitrique ou d’une solution concentrée de nitrate de protoxyde de mercure. Toute huile d’olive qui contient une proportion un peu considérable de l’une de ces huiles ne se solidifie pas lorsqu’on l’expose pendant un moment à l’un des réactifs mentionnés plus haut. Cependant ces moyens 11e sont pas suffisamment délicats pour révéler la présence d’une petite quantité d huile siccative.
(1) Juum. of Soc.'oj Arts, 22 mai 1868.
(2) Exposition de Paris de 1867, Rapports du jury international , XI, 108. lltST. UES DROGUES, T. II.
ou
OLÉACÉES.
./'• L’huile d’olivo élanl des huiles les plus légères, le poids spécifique peut indiquer, dans une certaine limite, son mélange avec une huile plus lourde. Pour tirer parti de cette propriété, Gobley et d’autres chimistes ont (inventé un instrument nommé Elaïomètre, destiné à indiquer le poids spécifique des huiles.
c. L’huile d’olive mélangée à de l'acide sulfurique concentré abandonne moins de calorique que la plupart des huiles analogues traitées de la même façon, mais comme l’estimation de la quantité de calorique dégage demande, une grande habileté d’expérimentation, cette méthode ne peut pas être d’une grande utilité pratique.
d. Observation de la figure de cohésion. Ce procédé, proposé par M. Tomhnson en 1864 (1), repose sur les forces de cohésion, d’adhésion et de diffusion. Lorsqu’une goutte d’huile suspendue à l’extrémité d’une baguette de verre est déposée doucement à la surface d’une eau chimiquement pure, contenue dans un verre propre, il se produit une lutte entre les forces en question, au moment où la goutte d’huile tombe en vertu de son poids sur la surface de l’eau. L’adhésion de la surface liquide tend à etaler la goutte d’huile, la force de cohésion des particules de la goutte tend à prévenir cette extension, et la résultante de ces forces est une figure que M. Tomlinson considère comme définie pour chaque sorte de liquide. La figure ainsi produite porte le nom de figure de Cohésion. Il est nécessaire de faire un grand nombre d’expériences soigneuses avec des matériaux d’une pureté incontestable, pour arriver à démontrer la possibilité d’appliquer cette méthode de recherche h l’huile d’olive. D’après les figures données par M. Tomlinson, nous craignons qu il n’y ait guère d’espoir de pouvoir l’appliquer à la recherche de l’huile de sésame, à moins que cette dernière n’existe en très-forte proportion.
Autant que nous pouvons en juger d après nos propres expériences, les moyens que nous venons d’indiquer pour essayer l’huile d’olive (et il en est plusieurs autres que nous n’avons pas mentionnés) ne sont utiles que dans les cas où la falsification est considérable et sont tout à fait insuffisants pour découvrir le mélange d’une petite quantité d autres huiles avec 1 huile d olive. On peut juger du peu de valeur qu’on leur accorde parce fait que la Chambre de commerce de Nice (2) a proposé récemment une récompense de 15000 francs pour tout procédé
(1) Phanm. Joarn., 1864, V, 387, 495, avec des ligures, (âj Annales de Chimie et de Physique, murs 1869, 309.
HISTOIRE DES DROGUES D’OIüGINE VÉGÉTALE. 07
simple et facile de faire reconnaître le mélange avec l’huile d'olive de 5 pour 100 au moins d’une autre huile de graines.
(a) Les Olea Tournefort ( Instit ., 598, t. 370) sont des Oléacées de la tribu des Oléinées, à périanthe tétramère, à deux étamines exsertes, à fruit drupacé ordinairement uniloculaire et monosperme par avortement.
L 'Olea curopœa L. ( Spec ., 1 1 ; — Olea saliva Hoffmansegg.) est un arbre toujours vert à coloration générale grisâtre, à branches rigides, blanchâtres. Les feuilles sont opposées, simples, entières, à bords un peu réfléchis en dessous, lancéolées ou ovales-lancéolées, mucronées, courteinent pédonculées, glabres et lisses, vertes en dessus et grisâtres en dessous, coriaces, à nervures peu marquées. Les fleurs sont disposées en grappes simples ou composées, axillaires, dressées, plus courtes que les feuilles. Les fleurs sont hermaphrodites et régulières, à réceptacle convexe. Le calice est gamosépale, cupuliforme, vert, coriace, découpé en quatre dents courtes et arrondies. La corolle est gamosépale, à tube court, ne dépassant guère le calice, à limbe divisé en quatre lobes rotacés, aigus, d’un blanc jaunâtre, assez épais, Fig. pjo. olea euvopm.
à préfloraison valvaire indupliquée, alternes
avec les sépales. L’androcée se compose de deux étamines latérales, connées au tube de la corolle, de même longueur que les pétales, à filet court et grêle, il anthère volumineuse ovoïde, basifixe, biloculaire, déhiscente par deux fentes longitudinales
Fig. 137. Olea europoiu.
Fleur entière.
Fig. 138. Olea europxa. Fleur.
Coupe longitudinale.
Fig. 139. Olive.
Coupe longitudinale.
extrorses. L’ovaire est il peu près conique, atténué en un style cylindrique qui se divise en deux gros lobes stigmatiques divergents. Il est divisé en deux loges, l’une antérieure, l’autre postérieure, contenant chacune deux ovules anatropes, insérés dans l’angle interne, descendants, à micropyle dirigé en haut et en dedans et à raphé dorsal. L’une des loges avorte d’ordinaire complètement ainsi que l’un des ovules de celle qui persiste. Le fruit est une drupe ovoïde, elliptique ou plus ou moins arrondie, il épicarpe vert d’abord, puis pourpre et presque noir, à chair
ÜLÉACÉliS.
«ihondante, gorgée il huile, a noyau ligneux dur et épais contenant d'ordinaire une >lu1i, gi aine suspendue, Celle-ci renferme sous ses téguments un albumen charnu qui enveloppe complètement un embryon droit, formé de deux cotylédons charnus et d’une radicule conique dirigée vers l’extrémité libre du fruit.
Beaucoup d’auteurs admettent dans VOlea europaia deux variétés :
a. oleaster, Olivier sauvage.
P. saliva , Olivier cultivé.
Il est loi t probable que ces deux variétés ne sont dues qu’à la culture. Les fruits de la première variété sont d’ordinaire plus petits et moins riches en huile, mais cette dernière esl plus agréable au gout et se conserve davantage que celle des fruits plus volumineux de la. deuxième variété. Les feuilles de la première sont plus espa- (ées, plus xertes, plus courtes et plus étroites, ses rameaux sont plus quadraugulaiies et souvent terminés par une pointe droite et dure ', son écorce est plus lisse et plus grise.
L époque a laquelle ou effectue la récolte des olives influe beaucoup sur les caractères de l’huile. Certains agriculteurs conseillent de cueillir les olives vers mois de novembre, avant qu’elles noircissent, d’autres, lorsqu’elles sont tout à fait mûres. Les premières donnent une huile verte, les secondes une huile blanche, mais moins agréable au goût.
En b rance, la culture de 1 Olivier est limitée à douze départements groupés de la façon suivante: l’Ardèche et la Drôme sont les moins productifs; dans l'Aude et celui de Vaucluse il est davantage cultivé ; les Basses-Alpes viennent ensuite, puis 1 Héiault, le Gaid, les I yrénées-Orientales, ou il est beaucoup plus commun ; son abondance augmente ensuite graduellement dans la Corse, les Bouches-du-Rhône, et enfin les Alpes-Maritimes et le Var, qui sont les plus productifs (1).
En Espagne, l’orientation générale des montagnes de l’est à l’ouest agit très-puissamment sur la culture de l’Olivier. L’arbre croît bien sur les pentes dirigées vers le sud et s y élève même a des altitudes considérables, tandis qu’il ne pousse pas sur les pentes dirigées vers le nord. D’après M. D. J. H. Tablada, l’Olivier ne peut être cultivé en Espagne avec profit que dans les localités dont la température moyenne est de 13° C. pour le printemps, de 21° C. pour l’été et de 14° C. pour l’automne, et où le thermomètre ne descend pas à 0° en hiver. Certaines variétés supportent eu outre des températures nuisibles à d’autres (2). [Trad.]
[b) M. Coutance (3) figure et décrit les meules employées autrefois pour déchirer la pulpe du fruit sans broyer le noyau, mais il ne fait nullement allusion à l’emploi actuel d’aucun procédé de cette nature. 11 est au moins probable que dans le midi de la France, où habite cet auteur, on broie partout l’olive entière pour retirer à la fois l’huile du péricarpe et celle de l’amande. [Trad.]
(c) Les olives vertes destinées à être servies sur les tables et qui dans le midi de 1 Europe constituent une partie importante de 1 alimentation ont naturellement une saveur amère très-prononcée qui empêche de les consommer directement. Pour faire disparaître ce goût désagréable, on les fait macérer pendant quelques jours dans une lessive de cendres de bois ou parfois de cendres de noyaux d’olives, puis- on les place dans la saumure (100 gr. de sel pour 1 000 gr» d’eau).
(1) Coutance, l 'Olivier, Paris, 1877, 153.
(2) Voy. Coutance, loc. cit ., 156.
(3) Luc. cit., 283,101.
APOCYNACÉES
ÉCORCE D’ALSTONIA.
Cortex Alatoniæ Sctiolaris ; nngl.. Alatonia Car le ; allcm.. Jh'tnrmle,
Origine botanique. — Alstonia (I) scholaris R. Brown (Ec, hiles scholaris L.). C’est un bel arbre qui atteint plus de 13 mètres, et quelquefois jusqu’à 23 à 27 mètres de haut (2), commun dans les forêts de la péninsule indienne, depuis l’Himalaya jusqu’à Ceylan et Burma. On le trouve aussi dans les Philippines, à Java, à Timor, dans l’est do l’Australie et dans l’Afrique tropicale. Les feuilles sont oblongues, obovales ; les capsules sont grêles, pendantes, et atteignent 30 centimètres ou'davantago de long (a).
Historique. — Rheede (3), en 1678, et Rumphius (4), en 1 741 , ont décrit et figuré cet arbre et mentionné l’usage fait de son écorce par les médecins indigènes. Rumphius dit que son nom spécifique scholaris vient de ce que son bois à grain fin est employé pour faire des planches sur lesquelles on écrit comme sur les ardoises de nos écoles. Graham parla avantageusement des propriétés toniques de son écorce, dans son Catalogue of Bombay Plants (1839), et elle fut recommandée plus tard, en 1853, par le docteur Alexandre Gibson (5).- Cette drogue a sa place dans la Pharmacopée de l’Inde de
Description. — La drogue, telle qu’elle a été présentée à l’un de nous par le Dr Gibson et par M. Broughton d’Ootacamund, consiste en fragments irréguliers d’écorce ayant de 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Elle est spongieuse et se brise facilement ; sa cassure est grossière et courte. La surface externe est très-inégale et rugueuse, brunâtre ou gris foncé, quelquefois semée de taches blanchâtres. L’intérieur et la surface interne
Fig. 140. Ecorce A Alatonia Scholaris.
(1) Ainsi nommée en l’honneur do Charles Atslon, professeur de botanique et de matière médicale (1740-,17G0) fi l’Université d’Edinburgh.
(2) D’après Brandis (Far. Flor.of centv. and wednni India).
(3) Hortus malabancit.i, I, t. 43. — Wight, Icônes Fl. Ind. or., t. 422.
(4) Herb. Am.b., II, t. 82.
(3) Pharm. Journ., 1853, XII, 422.
APOCYNACÉES.
<lu liber sont colorés en chamois clair. Sur une section transversale, le liber se montre traversé par de nombreux rayons médullaires étroits. Ciette écorce est presque inodore, son goût est simplement amer, sans Acreté ni arôme.
Structure microscopique. — L’écorce est revêtue d’une couche mince de suber. Sa couche moyenne est composée de cellules parenchymateuses à parois minces, au milieu desquelles sont dispersées en grand nombre d’immenses cellules à parois dures, épaisses, formant des groupes irréguliers de couleur jaune, visibles même à l’œil nu. Vers la région interne, ces cellules pierreuses disparaissent et le tissu est traversé par des rayons médullaires onduleux, dont les cellules sont remplies de petits grains d’amidon. Un grand nombre des cellules parenchymateuses du liber contiennent des cristaux d’oxalate de calcium. Sur une coupe longitudinale, le liber montre des vaisseaux laticifères larges, mais peu nombreux, formés par des cellules ordinaires, dont les parois transversales sont détruites. Ces vaisseaux sont remplis d’un latex brunâtre concrété, qui abonde dans toutes les parties de l’arbre [b).
Composition chimique. — Gruppe (1), pharmacien à Manille, a retiré de cette écorce une substance amère, incristallisable, qu’il nomme Dilaïne (2), et à laquelle il attribue les propriétés fébrifuges de la drogue. D’après les recherches chimiques faites sur l'écorce d’une plante voisine d’Australie, YAlstonia constricta F. Mülleiï, on peut supposer que le principe amer de YAlstonia scholaris n’est pas un alcaloïde. L’écorce australienne analysée par Palm, dans le laboratoire de Wittstein (3), donna un corps résineux, amorphe, amer, soluble dans l'alcool, mais très-peu soluble dans l’éther et l’eau, une huile essentielle à odeur camphrée, et une substance tannique, colorée en vert par les sels de fer. Palm s’assura que le principe amer n’était pas une base. L’écorce australienne, dont un échantillon a été présenté à l’un de nous par le docteur Wittstein, est tout à fait différente parles caractères anatomiques de celle de YAlstonia scholaris (4).
(1) Zeitschrift des Œsterreich. Apoth.-Vereins, 1873, 219.
(2) De Dita, nom de l’arbre dans l’ile de Luzon.
(3) Viertelj ahresschrift für prakt., 1863, XII, 161.
(4) MM. Hesse et Jobst (in Annalcn der Chemie, 178, 1876, 49) viennent de constater la présence, dans l’écorce de YAlstonia scholaris, de deux alcaloïdes, la Ditamine, soluble dans l’éther, et la Ditaine, qui se dissout dans l’eau, mais pas dans l’éther. L’écorce contient de plus un acide huileux, deux substances amorphes, YEehicaout chine, CS8HwO*, et VÉchirétine C^II5C01 2 3 4, dont la solution dans l’éther est dextrogyre;
Usages. — L’écorco d’Alstonia a été recommandée comme tonique et antispériodique, mais ollo n’a pas encore été employée en Europe (I).
(a) Les Alslonia R. Brown (in Mem. Wern. Soc., I, 75) sont des Apocynacées, de la tribu des Plumériées, à feuilles vertieillées ou opposées, à calice dépourvu d’écailles et de glandes, à. corolle dépourvue de couronne, à étamines incluses ; à gynécée formé de deux carpelles distincts dans la portion ovarienne, multiovulés, à fruit formé de deux follicules linéaires.
L 'Alslonia scholaris R. Brown (in Mem, Wern. Soc., I, 75) est un grand arbre glabre, dont les inflorescences seules sont velues. Les feuilles sont vertieillées en nombre variable (/ entre cinq et sept. Elles sont simples, entières, coriaces, luisantes en dessus, opaques et pâles en dessous, oblongues ou obovales-oblongues, obtuses, rarement aiguës, atténuées à la base en un pétiole court, munies de nervures secondaires pennées, nombreuses, transverses et parallèles. Les fleurs, colorées en blanc grisâtre, sont relativement petites et disposées en panicules de cvmes ombelliformes disposés dans Faisselle des verticilles terminaux des feuilles. Le calice est gamosépale, pubescent, à tube obeonique, court, découpé en cinq petites dents. La corolle est gamosépale et pubescente comme le calice, h tube cylindrique et a limbe formé do cinq lobes plus courts que le tube, étalés. L’androcée est formé do cinq étamines à filets courts insérés sur la gorge de la corolle en alternance avec les lobes, à anthères biloculaires introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le gynécée se composo do deux carpelles libres dans la portion
liesse et Jobst ont enfin isolé de i’écorce en question, les trois substances suivantes eristallisables : 1 ’Êchicérine C®°H«0®, VÉchitine et 1 ’Êchitéine C43H70O2 ; elles
sont dextrogyres toutes les trois.
Ces trois substances paraissent être très-voisines de plusieurs principes également eristallisables que l'on a découverts dans le latex d’autres plantes, par exemple dans celui du Cynanchum acutum L., du Galactodendron utile Kuntii, du Lactuca virosa L., de l’ Euphorbia resinifera Berg, de YAntictris toxicaria Leschenault. — Ces substances, produites toutes, autant que l’on peut en juger, dans des vaisseaux laticifôres, méritent une étude d’ensemble approfondie. [P. A. F.]
(1) On Fa récemment préconisée ii outrance à Manille comme substitutif de la quinine.
Fig, 141. Ecorce A'Alstonia scholaris.
Coupe transversale.
ASCLÜPIADACÉES.
ovarienne, velus, surinonjés d’un style cylindrique que termiue un stigmate renflé en boule. Chaque loge contient un nombre indéfini d’ovules nnnfropes, insérés dans 1 angle interne. Le fruit consiste en deux follicules grêles, allongés, distincts, contenant. un grand nombre de petites graines oblongues, comprimées, peltées, couvertes sur le bord de longs poils, et contenant un albumen peu abondant et un embryon à radicule supère et il cotylédons oblongs, aplatis. [Trad. |
[b) Ainsi que le montre la figure I il, l’écorce (Y Alslonia offre de dehors en dedans : 1° une. couche de subor a, formée de petites cellules tabulaires, aplaties, à parois minces sèches et brunes ; 2° une couche de cellules sclérenchymateuses b, de môme forme que les précédentes, mais se distinguant par des parois épaisses, dures, jaunâtres, fortement ponctuées. Le bord inférieur de cette zone est ordinairement irrégulier; 3° un parenchyme cortical épais, c, c, formé en majeure partie de cellules à parois minces allongées tangentiellement. Dans l’épaisseur de cette zone sont distribués des groupes, d, J, de grandes cellules sclérenchymateuses à contours irréguliers, à parois épaisses, jaunâtres, ponctuées, à cavité parfois très-réduite. Vers la partie interne du parenchyme cortical sont dispersés des éléments prosenchvmateux, p, o, fusiformes, à contours elliptiques sur la coupe transversale, à cavité capillaire et à parois très-épaisses offrant de nombreux cercles concentriques qui répondent à des couches de densité différente ; 4° un liber formé en majeure partie de parenchyme à parois épaisses entremêlées de fibres à parois peu épaisses et contenant de nombreux vaisseaux laticifères qui, sur des coupes longitudinales, se montrent fréquemment anastomosés et contiennent un latex blanchâtre granuleux, [Trad.]
ASCLÉPTADACÉES
RACINE D’HEMIDESMUS.
Jtadix Bemidesmi; angl., Hemidesmus liant, IVitnnari liant, ïndian Sarsaparilla.
Origine botanique, — Hemidesmus indicus R. Brown ( Periploca indic.a Willd. , Asclepias pseudo-sarsa Roxb.). C’est un arbuste sarmenteux, répandu dans toute la péninsule Indienne et à Ceylan. Les feuilles sont très-dissemblables, les inférieures étant étroites et lancéolées, tandis qu’elles sont larges et ovales sur les branches supérieures (a).
Historique. — La racine do cette plante est depuis longtemps employée en médecine, dans les parties méridionales de l’Inde (1), sous le nom de Nannârî ou Ananto-mül. Ashburner, en 1831, attira le premier l’attention des médecins européens sur ses propriétés médicinales (2).
(1) La racine indienne figurée par Acosta ( Troctado de las Drogas de las Indias
Orientales, 1578, c. lv), sous le nom de Palode Culebra , ressemble beaucoup à la drogue en question. Il la décrit aussi comme ayant une odeur douce de mélilot. Il dit que la plante est nommée, en canarese, Buda Sali. Cette figure est reproduite dans la traduction d’Antoine Colin, mais non dans celle de Clusius.
(2) Land. Med. and Phys. Journal, LXV, 189.
En 1864, elle fut admise dans la Pharmacopée anglaise, mais son efficacité n’a guère été mise en relief.
Description (I). — La racine d’Hémidesmus se présente en fragments de 15 centimètres ou davantage de long. Elle est cylindrique, tortueuse, sillonnée dans le sens de la longueur, épaisse de 5 à 15 millimètres, le plus souvent simple ou munie de quelques minces radicules. Elle émet des tiges aériennes ligneuses, grêles, ramifiées, épaisses de 6 millimètres ou même moins. Elle est colorée entièrement en brun foncé, parfois avec des reflets gris violacés clairs, visibles surtout au soleil. Cette racine est dure. Sur une section transversale, elle offre une couche extérieure corticale blanchâtre, brunâtre ou légèrement violette, n’ayant pas plus de 2 millimètres d’épaisseur, et un cylindre ligneux jaunâtre, séparé de l’écorce par une ligne foncée, ondulée, de tissu cambial. Dans les gros fragments, ni le bois, ni l’écorce n’offrent de structure radiée ; dans ceux qui sont plus minces, la partie ligneuse montre des rayons médullaires. La partie intérieure, qui est très-mince, se sépare facilement de l’écorce, qui est fréquemment marquée de larges crevasses transversales. La racine exhale à l’état frais et sec une odeur faible, mais agréable, analogue à celle de la fève tonka et du mélilot. La racine sèche a une saveur sucrée mélangée d’un peu d’âcreté. Les tiges sont presque insipides et inodores. La racine qu’on trouve sur le marché anglais est souvent de très-mauvaise qualité.
structure microscopique. — Le tissu cortical tout entier est formé d’un parenchyme uniforme, dans lequel on ne peut distinguer ni liber, ni rayons médullaires, ni mésophlœum. Cependant, à l’aide d’une section longitudinale, on peut voir quelques vaisseaux laticifères allongés, remplis d’un suc laiteux concrété, incolore. Sur une coupe transversale, ils se montrent répandus irrégulièrement dans l’écorce, surtout dans ses couches internes, mais leur nombre n’est même en ce point que peu considérable. Ils ont fréquemment 30 millièmes de millimètre de diamètre et ne sont pas ramifiés. Le bois est traversé par de petits rayons médullaires, visibles seulement sur les coupes longitudinales. Le tissu parenchymateux de la racine est rempli de gros grains ovoïdes d’amidon. On n’y trouve guère de matière tannique, si ce n’est dans les couches subéreuses extérieures.
Composition chimique, — GeLtc racine n’a été soumise à aucun examen chimique sérieux. Son goût et son odeur ne. paraissent pas dus à
(I) Elle est tracée d’après d’excellents échantillons qui nous ont été obligeamment envoyés de l’Inde par le docteur L. W. Stewart et par M. Broughton.
7i ASCLÜPIADACÉES.
une huile essentielle, autant du moins qu’on peut en juger par l’examen microscopique. Tl est plus probable qu’on doit les attribuer à un corps appartenant au même groupe que lacuinarinc. D’après Scott (1), cette racine donne, par simple distillation avec l’eau, un stéréaptène, qui est probablement la substance obtenue par Garden, en T 837, et considérée comme un acide volatil.
Usages. — Cette drogue est considérée comme altérante, tonique, diurétique et diaphonique ; mais elle est rarement employée, du moins en Angleterre.
(a) Les ffemidesmus R. Brown (in Mem. Wern. Soc., 1, 30] sont des Asclépiadacées, de la tribu des Périplocées, à corolle rotacée et volvaire, à couronne formée de cinq écailles fixées à la corolle.
L ’Hemidesmus indicus R. Br. (in Hort. Kew., Il, 7o) est une plante tomenteuse, diffuse, ligneuse, dont la tige à peu près lisse, ne dépasse pas d’ordinaire le diamètre d’une plume d’oie. Les feuilles sont opposées, courtement pédonculées, dimorphes. Celles des jeunes pousses qui naissent des vieilles souches et rampent sur le sol sont linéaires, aiguës et striées de blanc sur le milieti de la face inférieure ; celles des parties supérieures et des vieilles branches sont d’ordinaire larges, lancéolées, parfois ovales ou ovoïdes ; toutes sont entières, lisses, luisantes, coriaces, très-variables en taille. Elles sont accompagnées de stipules latérales, caduques, petites. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires et sessiles. Elles sont petites, vertes en dehors, pourpre foncé en dedans. Le calice est gamosépale, à cinq lobes aigus, pourvu do glandes. La corolle est gamosépale, rotacée, à cinq lobes oblongs, pointus, rugueux; elle est munie, au niveau de la gorge, de pinq écailles obtuses insérées au-dessous des sinus. L’androcée est formé de cinq étamines à filets connés au tube de la corolle et connés entre eux à la base, distincts dans le haut ; à anthères cohérentes entre elles, dépourvues de barbes, non bifurquées à l’extrémité supérieure, à deux loges introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le pollen est granuleux, disposé en masses, attachées dans chaque loge en deux à des appendices dilatés, cuculliformes des corpuscules. Le gynécée est formé d’un ovaire à deux loges surmonté d’un style à stigmate aplati, dépourvu de pointe. C.haque loge ovarienne contient un nombre indéfini d’ovules anatropes insérés dans l’angle interne. Le fruit consiste en deux follicules cylindriques, très-divariqués, lisses, allongés et grêles, contenant de nombreuses graines chevelues. Celles-ci renferment, dans un albumen charnu, un embryon axile, à radicule supère. [Trad.]
ÉCORCE DE MUDAR.
Cortex Mudar ; Cortex Calotropidis ; Ecorce de racine de Mudar; nngl., Mudar.
Origine botanique. — La drogue dont nous allons parler est fournie par deux espèces très-voisines de Calotropis (a), qui occupent une situa-
(1) Pharmacopœia of India, 457; Chem. Gazette, 1843, 378.
tion géographique un peu différente, mais qui ne sont pas distinguées l’une de l’autre dans les idiomes de l’Inde. Ges plantes sont :
1° Calotropis procura R. Brown {C. Hamiltonii Wight). C’est un grand arbuste, haut de lm,80 ou davantage, à feuilles d’un vert foncé, opposées, ovales, laineuses en dessous, riches en suc laiteux âcre. Il est originaire des parties sèches de l’Inde, notamment du Deccan, des provinces supérieures du Bengale, du Punjab et du Sind, mais il est tout à fait inconnu dans les provinces méridionales. Il s’étend en Perse, en Palestine, dans la péninsule Sinaïtique, en Arabie, en Egypte, en Abyssinie, dans les oasis du Sahara et du Soudan et dans la région du grand lac Tsad (Nachtigal, 1877). Il a été récemment naturalisé dans les Indes Occidentales.
2 0 Calotropis gigantea R. Brown ( Asclepias gigantea Willden.). C’est un grand arbuste dressé, haut de 2 à 3 mètres ; sa tige atteint la grosseur de la cuisse d’un homme (I). Cette espèce ressemble beaucoup a la précédente. Elle est indigène des parties basses du Bengale, du sud de l’Inde, de Ceylan, de la péninsule malaise et des Moluques.
Les deux espèces sont très-communes dans les terres incultes de leurs aires respectives (2).
Historique. — Le Mudar est fréquemment mentionné dans les écrits de Susruta et doit, par conséquent, avoir été employé dans l’Inde avant l’ère chrétienne. Il était bien connu aussi des médecins arabes (3).
Le Calotropis procera fut observé en Egypte par Prosper Alpinus (1380-1584), qui le figura à son retour en Italie et donna quelques renseignements sur ses propriétés médicinales (4).
Le Calotropis gigantea fut figuré par Rheede (5), en 1679, et de nos jours par Wight (6).
Les propriétés médicinales du Mudar, quoique très-estimées depuis longtemps par les indigènes de l’Inde, ne furent pas étudiées expéri-
(1) D’où le nom spécifique gigantea.
(2) Les différences botaniques qui existent entre les deux espèces peuvent être résumées de la façon suivante :
C. procera : corolle cupuliforme, h. pétales un peu dressés ; bourgeons floraux sphériques; appendices de la corolle terminés par une pointe dressée, dirigée vers le haut.
C. gigantea : corolle étalée, à bourgeons floraux coniques ou oblongs, mousses ; appendices de la corolle arrondis.
(3) Ibn-Baytiiau, trad. de Sontheimer, 1842, II, 193.
(4) De Plantis Ægypti, Venet,., 1592, c. 25.
(5) H or tus malabaricus, II, t. 31.
(C) Illustrations of Inclian liotang, Madras, 1850, II, t. 155. — Le C. procera est figuré par le même auteur dans ses Icônes plantarum Indiæ orientalis, IV, t. 1278.
ASCLÉPIÀDACÉES.
mentalement par les Européens avant notre siècle. Playfair recommanda alors cette drogue contre l’éléphantiasis. Ses bons effets furent ensuite signalés par Vos (1826), Cumin (1827) et Duncan (1829). Ce dernier médecin fit aussi des recherches chimiques sur l’écorce de la racine, dont il attribua l’action à une matière extractive qu’il nomma Mudarine (I).
Description. — L’écorce de la racine du Calotropis procera, telle que nous l’avons reçue (2), consiste en fragments courts, arqués, pliés en gouttière, ou presque plats, épais de 3 à 5 millimètres. Elle est revêtue d’une couche de suber spongieux, épais, d’un gris jaunâtre, plus ou moins fendillé dans la longueur, et fréquemment détaché de l’écorce moyenne. Celle-ci est formée d’un tissu blanc, farineux, traversé par d’étroits rayons de liber brunâtres. L’écorce est cassante et facilement pulvérisable ; son goût est mucilagineux, amer, âcre ; elle n’a pas d'odeur particulière. Certains fragments portent des débris d’un bois fibreux, coloré en jaune clair.
Les racines du Calotropis gigantea sont recouvertes d’une écorce qu’il ne paraît pas possible de distinguer de celle du Calotropis procera , dont nous venons de parler. Le bois de la racine est formé d’un tissu poreux, jaune pâle, offrant de larges faisceaux vasculaires et de nombreux rayons médullaires très-petits, formés d’une à trois rangées de cellules qui n’offrent rien de particulier (3).
Structure microscopique. — Dans l’écorce de la racine du Calotropis procera , la couche subéreuse est formée de grandes cellules à parois minces, polyédriques, ou presque cubiques. La couche corticale moyenne est formée d’un parenchyme uniforme, rempli de gros grains d’amidon, et offrant çà et là quelques cellules à parois épaisses (sclérenchymateuses) et des touffes d’oxalate de calcium. Les larges rayons médullaires sont formés des cellules ordinaires à parois ponctuées, remplies d’oxalate de calcium et d’amidon. Sur une coupe longitudinale, le tissu de la portion médiane de l’écorce se montre parcouru de nombreux vaisseaux laticifères, remplis d’un suc brunâtre, granuleux, insoluble dans la potasse (4). Les caractères microscopiques de l’écorce de
(1) E clin b. Med. and Surg. Jour., 1829, XXXII, 60.
(2) Nous en devons un échantillon authentique au docteur E.Burton Brown, deLahore.
(3) Les racines du C. gigantea qui ont été envoyées h l’un de nous par le docteur Bidie, de Madras, consistent en tronçons ligneux, ayant de 1 à 5 centimètres de diamètre.
(4) C’est évidemment dans le but de faire conserver le latex que la Pharmacopée île l’Inde prescrit de n’enlever l’écorce des racines que lorsqu’elles sont a demi sèches. Moodeen SherifT fait remarquer que le C. gigantea, quoique fréquemment employé en médecine, n’est pas vendu dans les bazars, sans doute parce que la plante se trouve partout ?i l’état sauvage et peut être recueillie fi volonté.
la racine du Ccilotropis gigantea sont les mêmes. La tige des Calolropis se distingue par de fortes fibres libériennes qu’on ne trouve pas dans la racine.
Composition chimique. — En suivant le procédé indiqué par Duncan, 200 grammes d’écorce pulvérisée de Ccilotropis gigantea ne nous ont fourni aucun corps semblable à sa mudarine , mais seulement 2b',4ü d’une résine âcre, soluble dans l’éther et dans l’alcool. Sa solution dans l’alcool rougit le tournesol. Sa solution éthérée abandonne par l’évaporation la résine sous forme d’une masse presque incolore. En séparant le liquide aqueux de la résine brute, et ajoutant une grande quantité d’alcool absolu, on détermine la production d’un abondant précipité de mucilage. Le liquide contient alors un principe amer qui, après une concentration convenable, peut être séparé au moyen de l’acide tannique.
Nous avons obtenu des résultats semblables en épuisant l’écorce du Calotropis procera avec de l’alcool dilué. Le composé tannique du principe amer fut mélangé avec du carbonate de plomb, séché, et ensuite bouilli avec de l’espritde-vin. Ce dernier, en s’évaporant, abandonna unq substance amorphe, très-amère, insoluble dans l’eau, mais facilement soluble dans l’alcool absolu. Cette solution n’est pas précipitée par une solution alcoolique d’acétate de plomb. En purifiant le principe amer par le chloroforme ou l’éther, nous l’obtînmes enfin incolore.
Cette substance amère constitue probablement le principe actif des Calotropis; nous nous sommes assurés à l’aide des procédés ordinaires qu’il
n’existe dans la drogue aucun alcaloïde. La tige des Calotropis devrait être mieux étudiée ( J ).
Usages. Le Mudar est un tonique altérant et diaphorétique; à haute dose il est émétique. Les indigènes de l’Inde l’emploient dans les maladies vénériennes et cutanées ; ils utilisent presque toutes les parties de la plante. D après Moodeen-Sheriff, l’écorce de la racine et le suc
Fig. 142. Ecorco do Mudar.
Coupc transversale. — a, suber; b, parenchyme cortical, avec des laticifères ; c, liber ; d, cambium ; e, bois.
fl) Un pourra y rechercher 1 ’Asclépione de List, Gmblin, Chem., XVH, 3üS.
78 ASCLÉPIADACÉËS.
laiteux desséché sont les parties les plus efficaces (1). L’action de ce dernier est cependant un peu irrégulière et dangereuse. Le même écrivain fait remarquer que l’action de l'écorce est d’autant plus énergique, que la plante est plus âgée. 11 recommande d’enlever la couche subéreuse qui est inerte et sans goût, avant de pulvériser l’écorce. AO à 50 grains de la poudre ainsi préparée, suffisent pour provoquer les vomissements.
La tige du Calotropis gujanteaïowriù d’excellentes fibres qui peuvent servir à faire un fil très-bon pour la couture ou le tissage (2).
(a) Les Calotropis R. Brown (in Mèm. Wern. Soc., I, 39) sont des Asclépiadueées de la tribu des Cynanchées, à corolle légèrement campanulée ; îi couronne staminale formée de cinq appendices écailleux, charnus, adnés au tube des étamines, munis d’un court éperon recourbé en haut; à anthères terminées par une membrane.
Le Calotropis gigantea R. Brown (in Horl. Kew., éd. 2, II, 79) est un petit arbre à feuilles opposées, décussées, subsessiles, embrassantes, larges, obovales, longues de 10 à lo centimètres, munies de poils sur la portion de la face supérieure qui touche au pétiole, à peu près lisses dans le reste de cette face, couvertes sur la face inférieure de poils blancs et laineux. Les jeunes pousses sont également couvertes de poils laineux, mous et blancs. Les Heurs sont disposées en cymes ombelliformes, simples ou composées, insérées alternativement entre les paires de feuilles opposées et atteignant la moitié de la longueur de ces dernières. Elles sont grandes, belles, panachées de rose et de pourpre. Le réceptacle est convexe, en forme de cône surbaissé. Le calice est gamosépale, divisé en cinq lobes profonds. La corolle ii plus de 6 centimètres de diamètre ; elle est gamopétale, a tube légèrement campanulé, anguleux, et à limbe formé de cinq lobes étalés, oblongs, obtus, réfléchis à la pointe ; les angles du tube corollaire sont creusés en sac intérieurement ; la corolle est munie au niveau de la gorge d’appendices arrondis. L’androcée est fqrnie de cinq étamines dont les anthères sont appliquées contre le stigmate et terminées chacune par un appendice membraneux. La couronne est formée de cinq appendices plus longs que la colonne staminale, étroits, couverts de poils. Les masses polliniques sont comprimées, pendantes, iixées par une caudicule grêle. Le gynécée est formé de deux ovaires à deux loges pluriovulées, à stigmate dépourvu de pointe terminale. Le fruit se compose de deux follicules ventrus, lisses, polyspermes.
Le Calotropis procera R. Brown (in Hort. Kcw., ed. 2, II, 78) se distingue par les dimensions beaucoup moins considérables de sa tige qui est couverte de poils : sa fleur plus petite ; sa corolle pourpre, bordée de blanc sur la face supérieure et argentée en dessous ; campanulée, à lobes dressés ; les appendices de la couronne pas plus longs que la colonne staminale, presque aussi larges que longs, ordinairement glabres; ses feuilles cordées obovales ou obovales-oblongues, sessiles ou subsessiles.
(1) Supplément to the Pharmacopœia of India, Madras 18(,9r 364. Pour plus de détails sur l’emploi thérapeutique du Mudar, voyez aussi Pharm. of Incita, 4a8.
(2) Dru R y, Une fui Plants of India, 2° édit., 1873, 101.
FEUILLES DE TYLOPHORA.
l'olia Tylophoræ ; Country or Indian Ipecacuanha.
Origine botanique. — Tylophora asthmaticci Wight et Arnott ( Ascle puis asthmatica Roxb.). G’est une plante vivace, sarmenteuse, commune clans les terrains sablonneux de la péninsule indienne et naturalisée cà Maurice. Elle se distingue de ses congénères par ses fleurs rougeâtres ou d’un rose foncé, et les écailles de sa couronne staminale contractées brusquement en une longue dent aiguë (a).
Historique. - L’emploi de cette plante en médecine est bien connu des Hindous, qui lui donnent le nom d 'Antamul et s’en servent avec succès contre la dyssenterie. A la fin du siècle dernier, elle attira l’attention de Roxburgh (I), qui recueillit plusieurs observations sur l’administration de sa racine, pendant qu’il était médecin de l’Hôpital général de Madras, de 1776 à 1 77S. Elle fut aussi employée, avec beaucoup de succès, à la place de l’ipécacuanha, par Anderson, médécin général de 1 armée de Madras (2). Plus récemment, cette plante a été prescrite par O Shaughnessy, qui proclama la racine un substitutif excellent de 1 ipécacuanha, lorsqu’elle est employée cà plus forte dose que ce dernier (3). Kirkpatrick (4.) l’administra dans une centaine de cas au moins, et la trouva très-utile. Il prescrivait la feuille desséchée, non-seulement parce qu’il considérait son action comme plus sûre que celle de Ja racine, mais encore parce que sa récolte n’entraîne pas la perte de la plante. Cette drogue a été administrée dans l’Inde par beaucoup d autres praticiens. Le Tylophora est également employé à Maurice, où il est connu sous le nom d 'Ipéca sauvage ou Ipéca du pays. Il a sa place dans la Pharmacopée du Bengale de 1844, et il se trouve dans la Pharmacopée de l’Inde de 1868.
, Mescr,pt,on (^)- Les leuilles sont opposées, entières, longues de 5 a 12 centimètres, larges de 2 à 6 centimètres, un peu variables dans la oi me, ovales ou subarrondies, ordinairement un peu cordées à la base, courtement acuminées ou presque mueronées, coriaces, glabres en des-
(1 ) Flora indica, ed. Carey, 1832, II, 33.
(2) Flemi Catalogue of Indian Plants andDrugs, Calcutta, 1810, 8. bu Henyal Dispensatory, 1842, 455.
(lia Cadras Exhibition of 1855, List of Mysore Druys ; Pharm. of In-
(5) Tracé d’après un riche échantillon racine, par M. Moodcen Sherilî, de Mad
qui nous a été offert, en même temps que la ras.
80 ASCLÉPI AD ÂGÉES.
sus, plus ou moins laineuses en dessous, à poils simples et mous. Le
pétiole est cannelé, et long de 1 a 2 centimètres.
A l’état sec, les feuilles sont épaisses et rudes, colorées en vert jaunâtre pâle. Elles ont une odeur herbacée qui n’est pas désagréable et une saveur très-faible (I).
Composition chimique. — L’infusion concentrée des feuilles a une saveur un peu âcre. L’acide tannique, l’acétate neutre de plomb et la potasse caustique y produisent un précipite abondant, et le perchlorure de ter la colore en noir verdâtre. Broughton d’Ootacamund (Inde) nous a informé, en 1872, qu il avait retiré d une grande masse de feuilles une faible quantité de cristaux insuffisante pour 1 analyse. Lne dissolution de ces cristaux injectée chez un petit
chien, détermina des vomissements et de la purgation.
lisages. - Les feuilles de Tylophora sont, comme nous l’avons déjà dit, employées dans l’Inde à la place de l’ipécacuanha, particulièrement dans la dysenterie. La dose de la poudre des feuilles employée connue émétique est de 25 à 30 grains, comme diaphonique et expectorant
de 3 à 5 grains.
Kig. 143. Feuille de Tylophora, face infér.
Grandeur naturelle.
RACINE DE TYLOPHORA.
Radix Tylophoræ.
Cette racine se trouve dans les bazars indiens, et a été employée, comme nous l’avons dit, de la même façon que les feuilles et meme davantage qu’elles. Elle est courte, noueuse, descendante, g.osse o millimètres environ. Elle émet deux ou trois tiges aeriennes et nombre considérable de radicules filiformes. Les racines ont souvent 15 centimètres ou davantage de long, et un diamètre d’une demi-ligne, elles sont très-cassantes. La drogue entière est d un brun jaunatic pa t ,
elle n’a guère d’odeur, -mais son goût est d’abord un peu sucre, \nu> âcre. Son aspect général rappelle celui de la valériane, mais elle est un peu plus longue et plus vigoureuse.
Wiüiit, Icônes Plantanm Indue Orientait s, 1850, 1\ , t 1 •
SI
Examinée au microscope, l’enveloppe parenchymateuse des radicules se montre composée de deux couches, dont 1 interne forme un petit noyau noueux. La portion externe est formée de grandes cellules remplies de grains d’amidon et de cristaux d’oxalate de calcium. Les sels de fer n’exercent aucune action sur ses tissus.
(a) Les Tylophora R. Brown (in Mem. Wern. Soc., I, 18) sont des Asclépkulacées de la tribu des Marsdéniées, à corolle rotacéee ; à couronne staminale formée de cinq appendices charnus, simples ; à anthères terminées par un appendice membraneux ; à stigmate non surmonté d’une pointe; à follicules lisses et fusiformes, terminés en pointe, comprimés, un peu anguleux sur chaque face.
Le Tylophora aslhmalica Wight et Arnott ( Ascl ., SI) est Une plante à souche vivace, émettant plusieurs tiges aériennes sarmenteuses, grêles, longues de 1 m , 80 a -i mètres, laineuses dans les parties jeunes. Les fleurs sont disposées en cymes ombelliformes composées, axillaires, solitaires et alternes, à pédoncules laineux. Elles sont petites, jaunes. Leur calice est gamosépale, muni en dedans de cinq glandes, et divisé en cinq lobes profonds, lancéolés, très-aigus. La corolle estrotacée, a cinq lobes profonds, étalés, ovales, jaunes, tachés d’orange, tordus à droite dans la préfloraisou, ou valvaires. La couronne staminale est formée de cinq écailles charnues, adossées au tube staminal, comprimées latéralement, et plus ou moins gibbeuses dans le dos. L’androcée est formé de cinq étamines fixées sur la gorge de la corolle, à filets connés en un tube très-court; à anthères dressées, courtes, surmontées d’un appendice membraneux infléchi, biloculaires, introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales, chaque loge contenant une seule pollinie de petite taille, globuleuse ou ovoïde, qui se rattache au corpuscule par une caudicule presque horizontale, les loges étant situées à peu près à la hauteur du corpuscule. Le gynécée se compose de deux ovaires distincts, surmontés chacun d’un style également indépendant et d'un stigmate pentagonal, surmonté d’un mamelon muni à chacun de ses angles d’un corpuscule glanduleux, auquel se rattachent les caudicules des pollinies. Les loges de l’ovaire contiennent chacune un nombre indéfini d’ovules anatropes, insérés dans l’angle interne, et imbriqués. Le fruit se compose de deux follicules écartés l’un de l’autre et étalés, lancéolés, lisses, longs de 8 à 10 centimètres, et ayant à peu près 5 centimètres de circonférence. Ils renferment chacun de nombreuses graines chevelues, albuminées, à embryon droit, formé de deux cotylédons aplatis et d’une radicule supère. [Trad.]
LOGANIACÉES