‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 17 sur 124 · PETITE CENTAURÉE · texte numérisé non relu

PETITE CENTAURÉE

Origine botanique et description. — Erytlirœa Centaurium PçpsooN.

Les Erylhrœa Renealm. ( Species , 77, t. 76) sont des Gentianacées de la tribu des Gentianées, a fleurs pentamères ; à anthères se contournant en spirale après la déhiscence ; a style filiforme et caduc, trifide ; à capsule linéaire, presque biloculaira ; à graines subglobuleuses, comprimées, réticulées ou ridées.

L ’ Erylhrœa CenfaimtmPERsooN ( Syn . pl., I, 283), vulg. Petite Centaurée , Herbe à mille florins , est une petite plante herbacée, bisannuelle, dont la souche émet de deux à cinq ou dix rameaux aériens dressés, hauts de 20 à 30 centimètres, à ramifications opposées. La racine est fusiforme, courte et ramifiée. Tous les axes sont grêles, quadrangulaires, et munis, au niveau des angles, d’arêtes saillantes. Les feuilles sont toutes opposées et entières. Les feuilles radicales sont obovées, obtuses, atténuées .i la base, disposées en rosettes. Les feuilles caulinaires sont ovales-oblongues ou oblongues, aiguës ou obtuses, sessiles ; vers le sommet de la tige, elles sont étioites et très-aiguës, et dans le voisinage des fleurs elles deviennent linéaires. Elles sont toutes d’un vert gai, glabres, tout à fait entières. Elles sont munies de

(1) Moodeen Siieriff, Suppl, to the Phann. of India, 1867, 188, 189. — Pharmaco pœia of India, 1878, 148-149.

(2) M. E. A. Wedu a signalé un cas de falsification dans lequel des racines de Rubia cordifolia L. ( Munjit ) avaient été enfermées dans des paquets de Chirayta.

trois nervures longitudinales, qui convergent vers l’extrémité de la feuille, en diminuant graduellement de force, et s’v réunissent. La nervure médiane est plus marquée que les deux autres, et sc prolonge, dans le Las, en une petite arête longitudinale qui s’éteint sur la face correspondante du rameau ; les deux bords de chaque feuille continuent les deux arêtes qui leur correspondent ; comme les deux feuilles sont très-rapprochécs au niveau de leur insertion, les quatre arêtes de l’axe qui répondent à leurs bords sont rapprochées deux à deux. Les quatre faces de l’axe sont ainsi fort inégales ; au niveau de chaque nœud, deux plus larges répondent aux deux faces inférieures des feuilles, et deux plus étroites correspondent aux intervalles des feuilles. Chaque rameau se termine par une sorte de corymbe dense, formé de cvmes très-rapprochées, situées à l’aisselle de feuilles linéaires, et formées de fleurs très-courtement pédicellées.

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, à réceptacle convexe. Le calice est gamosépale, vert, tubuleux, muni de cinq angles saillants qui répondent à cinq dents allongées et pointues. La corolle est rouge, gamopétale, tubuleuse, à tube presque moitié plus long que le calice au moment de l’anthèse, cylindrique ou un peu rétréci au niveau de la gorge. Le limbe de la corolle est divisé en cinq lobes lancéolés, obtus, tordus dans la préfloraison. La corolle est marcescente, et enveloppe le fruit au-dessous duquel elle se contourne. L’androcée est formé de cinq étamines alternes avec les pétales, à lilets connés au tube de la corolle jusqu’au niveau de sa gorge, à anthères ovoïdes, étroites et allongées, basifixes, biloculaires, introrses, déhiscentes par des fentes longitudinales. Après l’émission du pollen, l’anthère se contourne en spirale à deux tours. Le gynécée est formé de deux carpelles connés en un ovaire supère, uniloculaire, linéaire, surmonté par un style filiforme, renflé et bifide au niveau de son extrémité stigmatique ; chaque branche de la bifurcation est repliée en dehors et couverte de papilles sur sa face interne, convexe. La cavité ovarienne offre deux placentas pariétaux très-saillants, bilabiés, épais, divisant presque l’ovaire en deux loges, et chargés, sur chacune de leurs lèvres, d’un très-grand nombre d’ovules anatropes, horizontaux. Le fruit est une capsule étroite, plus longue que le calice, presque biloculaire, terminée par la base du style qui, seule, persiste sous forme d’une petite pointe. La déhiscence est septicide ; chaque valve entraîne deux demi-placentas répondant à ses deux bords renflés en dedans, chargés de petites graines cunéiformes, aplaties, paraissant, sur une coupe transversale, triangulaires, avec une face convexe et deux faces plus petites, concaves, séparées par une arête longitudinale. Les téguments sont noirs et réticulés, et renferment un albumen abondant qui entoure un petit embryon cylindrique, à radicule dirigée vers la petite extrémité, foutes les parties de la plante possèdent une saveur amère très-prononcée. Les

Fig. ISo. Erythræa Centaurium.

Port. Coupe verticale de la fleur. Anthères.

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fleurs ont une odeur assez agréable qui disparaît, en partie, sous l’influence de la dessiccation.

On emploie particulièrement les sommités fleuries de la petite Centaurée, recueillies au moment où elles sont en pleine floraison. En France, la récolte se fait en juillet et en août. La plante paraît être d’autant plus active que la floraison est plus avancée. Pour conserver la coloration des fleurs, on les fait sécher dans des cornets de papier.

Composition chimique. — • M. Méhu (l) a trouvé dans la petite Centaurée une matière analogue à la santonine, qu’il a nommée Erythrocentaurine (Cs5Htv08). Il la prépare en agitant l’extrait alcoolique de la plante avec de l’éther qui, en s’évaporant, abandonne un résidu semi-fluide, brun. De celui-ci, se séparent des cristaux d’érvthrocentaurine impure. On la purifie par recristallisation dans l’eau et décoloration par le charbon animal. L’érythrocentaurine est neutre ; elle fond à 136° C., et cristallise par refroidissement de sa solution aqueuse. Elle est très-peu soluble dans l’eau froide, et se dissout dans 35 parties d’eau bouillante. Elle est soluble dans l’alcool, davantage dans le chloroforme, et moins dans l’éther. L’acide sulfurique fumant la dissout sans l’altérer. Elle se colore, sous l’influence de la lumière, en rouge vif, mais donne alors des solutions incolores qui la fournissent incolore sans qu’elle ait subi d’altération.

M. Méhu a indiqué, en outre, dans la petite Centaurée, une matière résineuse beaucoup moins connue qu’il a nommée Cenlauri-résine, et un principe amer que les dissolvants divisent en deux parties : une matière sèche, et une matière molle. Cette dernière donnerait, d’après M. Méhu, à l’eau distillée, son odeur particulière. De nouvelles recherches sont nécessaires pour la détermination de tous ces corps.

Usages. — La petite Centaurée constitue un tonique amer et stomachique important. On l’emploie beaucoup dans la médecine populaire, comme vermifuge. Elle jouit aussi d’une réputation de fébrifuge presque égale à celle de la grande Centaurée, mais aussi peu méritée. On l’administre en décoctions de sommités fleuries, ou eu extrait. Elle entre dans la composition d’un certain nombre de vieilles préparations pharmaceutiques, telles que la Thériaque, le Baume vulnéraire, 1 Esprit carminatif de Sylvius, etc. [Trad.]

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