‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 19 sur 124 · RACINE DE SCAMMONÉE · texte numérisé non relu

RACINE DE SCAMMONÉE

Les fraudes auxquelles la Scammonée du commerce est communément soumise, ont donné naissance à des procédés divers pour l’obtenir sous une forme plus pure, et en même temps moins coûteuse (1).

Dès 1839, le Collège d Edinburgh prescrivit une Résina Scammonii , préparée en épuisant la Scammonée avec de l’alcool, distillant l’espiit, et lavant le résidu avec de l’eau. Cet extrait était fabriqué par Maltass, de Smyrne, et accidentellement expédié à Londres. Sous l’inspiration de M. Clark, fabricant de réglisse à Sochia, près de Scala Nuova, une patente fut prise, en 1856, par le professeur A. W. Williamson, de Londres, pour 1 extraction de la résine, directement des racines sèches, à 1 aide de 1 alcool. Le même chimiste imagina plus tard un procédé perfectionné qui consiste à faire d’abord bouillir les racines dans l’eau, puis dans un acide dilué, de façon à les priver de toutes les matières solubles dans ces liquides, et à extraire ensuite la résine à l’aide de l’alcool.

La résine de Scammonée retirée soit de la Scammonée, soit de la racine

, ?a ®cammonée est cotée dans un prix courant de Londres d’avril 1874, de 8

G s îillings la livre, et la résine de Scammonée à 14 shillings la livre.

Fig. 150. Convoluulus Scammonia. Port. Coupe verticale de la fleur. Pistil isolé.

sèche, est prescrite par la Pharmacopée anglaise de 1867, et est fabriquée par un petit nombre de maisons. C’est une substance cassante brune, translucide ; à cassure résineuse ; entièrement soluble dans l’éther et ne formant pas d’émulsion lorsqu’on l’humecte avec de l’eau.

La racine de Scammonée est accidentellement apportée sur le marché de Londres, et parfois en grande quantité (1); mais elle n’est généralement pas vendue par les droguistes, et ne se trouve pas dans leurs prix courants. Sa récolte est interdite, dans quelques parties de la Turquie, par les autorités locales (2).

La racine se présente en fragments cylindriques, épais, ligneux, souvent tordus en spirale, larges de 5 à 7 centimètres, et couverts d’une écorce rugueuse, ridée, d un brun grisâtre. Elle est colorée intérieurement en brun pâle ; elle esL dure et résineuse ; son odeur est faible, et sa saveur ressemble à celle du jalap. Un bon échantillon nous a donné 5,50 pour 100 de résine.

(?) ^es Convolvulus L. (Gcn., n. 215) forment le type d’une série de Convolvulacées à fleurs régulières et hermaphrodites, pentamères ; à ovaire entouré d’un disque hypogyne, et surmonté d’un long style, bifide au niveau de son extrémité stigmatique ; à deux loges biovulées ; à fruit capsulaire, septicide ; à graines albuminées ; à embryon recourbé, muni de cotylédons très-larges et plusieurs fois repliés sur eux-mêmes.

, Le Convolvulus Scammonia L. (Species, 218) est une plante à souche vivace, émettant chaque année de nombreuses tiges aériennes grêles, volubiles, lisses arrondies, un peu anguleuses vers les extrémités, ramifiées. Les feuilles sont alternes, simples, entières sur les bords, assez longuement pétiolées, à limbe oblong, étroit, sagitte, aigu au sommet, prolongé à la base en deux auricules, terminées chacune

5ar ' ÏUX P°Intes ,né°ales et ai£uës; 11 est entièrement lisse sur les deux faces, f ont 1 inferieure est uu peu plus pâle; il est muni d’une nervure médiane étendue ( epius e pétiole .jusqu à 1 extrémité de la feuille, et de deux autres nervures qui s'enfoncent dans les deux auricules aiguës de la base. De ces trois nervures de premier ordre, partent des nervures secondaires qui s’anastomosent sur les bords de la feuille ; es premières sont peu saillantes, les autres sont plutôt déprimées. Le limbe est on^ ce. à 8 centimèties. Le pétiole est long de 2 à 4 centimètres. Les fleurs sont isposees en cymes axillaires de deux ou trois fleurs, portées par de longs pédoncules greles, et distribuées sur toute la longueur des rameaux. Le calice est gamosépale, à nnq oies imbriques ,en quinconce dans la préfloraison. La corolle est monopétale, campaniforme, colorée en blanc jaunâtre pâle, à bord entier à l’état de complet déveoppement, formant dans le bouton cinq plis qui se recouvrenten préfloraison tordue.

an ioc ;e est formé de cinq étamines nées en alternance avec les pétales. Les filets s animaux sont connés, dans le bas, avec le tube de la corolle, jusqu’au niveau de la

flj balles furent offertes dans une vente de drogues le 3 juillet 1873.

i i? a*n3i k a*ns‘ fIue nous en avons été informé par une lettre du

consul, M. Skene. [D. Hanb.]

HIST. DES DKOGUES, T. 11.

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base du style ; ils sont rétrécis vers le haut, et terminés chacun par une anthère basilixe, allongée-ovoïde, à deux loges étroites, fixées sur les bords du connectif, et déhiscentes chacune par une fente longitudinale. M. Bâillon (1) a montré que les loges sont primitivement introrses, mais qu’au moment de la déhiscence le connectif qui s’étend entre les deux loges en forme de lame, et qui était d’abord plan, devient concave en dehors en rapprochant scs bords qui portent les loges, de sorte que celles-ci deviennent extrorses. Le gynécée est formé de deux carpelles connés en un ovaire biloculaire, supère, un peu rétréci à la base, et atténué au sommet en un style cylindrique aussi long que les étamines, et se terminant au niveau des anthères par deux branches stigmatiques allongées, aplaties en dedans, convexes et couvertes de papilles stigmatiques en dehors. Entre la base de l’ovaire et l’androcée, le réceptacle se soulève pour former un disque hvpogyne, annulaire, charnu, à bord arrondi et entier. Chaque loge ovarienne contient deux ovules insérés à la base de l’angle interne, anatropes, dressés, à micropvle dirigé en bas et en dehors. Le fruit est une capsule septicide, contenant, dans chaque loge, deux graines à albumen muciiagineux, et h. embryon recourbé, avec deux cotylédons très-larges, repliés plusieurs fois sur eux-mêmes. [Trad.]

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