‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 2 sur 124 · RACINE DE PYRÈTHRE · texte numérisé non relu

RACINE DE PYRÈTHRE

Radie Pyrelhvi; Pyrèthre salivaire ; angl., Pellitory Root, PclHtary Of Spain ; ail em . , IJ er tram wursel.

Origine botanique. — Anacyclus Pyrethrum DG. ( Anthémis Pyrethrum L.). C’est une herbe vivace, de petite taille, à feuilles très-divisées et à fleurs radiales semblables à celles de la pâquerette. Elle est originaire d’Algérie où elle croît sur les hauts plateaux qui s’étendent entre les régions fertiles de la côte et le désert (a).

Historique. — Le Tî’jpsOpsv de Dioscoride était une plante ombellifère dont la détermination n’est encore que conjecturale. Le Pyrèthre des temps modernes était connu des médecins arabes ; l’un d’eux, Ibn Baytar (1248), la décrit très- correctement, d’après les échantillons recueillis par lui-même près de la ville de Gonstantine, en Algérie. La plante est nommée, dit-il, par les Berbères, Sandasab ; on ne la trouve que dans l’Afrique occidentale, d’où on la transporte dans les autres pays(l). La racine de Pyrèthre constitue en Orient un remède favori et a été longtemps un article d’exportation pour l’Inde, à travers l’Egypte. L'un de ses noms arabes est Aâqarquarhd ou Akulkara , mot qu’on retrouve

(1) Tracluct.de Sontiieime», 1842, II, 179.

avec de faillies variantes dans les idiomes principaux de l'Inde. En Allemagne, le Pyrèthre était connu dès le douzième siècle; il y est cité dans les plus anciens ouvrages imprimés de matière médicale.

Description.— Telle qu’elle se trouve dans les boutiques, la racine de Pyrèthre est simple; elle a de 7 à 10 centimètres de long sur 1 centimètre à 1 centimètre et quart d’épaisseur; elle est cylindrique ou fusiforme, quelquefois surmontée, à la base, de restes de feuilles brisées et munie d’un petit nombre de radicules capilliformes. Sa surface est brune, rugueuse, ridée. Elle est compacte et cassante, avec une surface de cassure radiée et dépourvue de moelle. L’écorce, qui a, au plus, 1 millimètre d’épaisseur, adhère fortement au bois, dont elle est séparée par une couche étroite de cambium. La colonne ligneuse est traversée par de larges rayons médullaires, dans lesquels, comme dans 1 écorce , sont dispersés de nombreux canaux résineux de couleur foncée. Cette racine possède une faible odeur aromatique et un goût persistant, brûlant, qui excite une sensation singulière de picotement et un écoulement abondant de salive. La drogue est très-susceptible d’être attaquée par les insectes.

Structure microscopique. — L’écorce de la racine est remarquable par sa couche subéreuse qui est en partie formée de cellules sclérenchymateuses (cellules à parois épaisses). Les conduits résineux (cellules à huile) se présentent aussi bien dans la partie moyenne de l’écorce que dans les rayons médullaires. La plupart des cellules parenchymateuses sont remplies de masses d’inuline. Le Pyrèthre est, en réalité, l'une des racines les plus riches en cette substance (b).

Composition chimique. — Le Pyrèthre a été analysé par plusieurs chimistes. Leurs travaux ont montré que sa saveur brûlante est due à une résine qui n’a pas encore été complètement étudiée. La racine contient aussi un peu d’huile volatile, du sucre, de la gomme et des traces d’acide tannique. La substance désignée sous le nom de Pyrêthrine est un corps complexe.

Commerce. — La racine de Pyrèthre est recueillie surtout en Algérie, elle est exportée d’Oran, et en plus petite quantité, d’Alger. D’après les informations que nous avons reçues du colonel Playfair, consul général v d’Angleterre en Algérie, et de M. AVood, consul d’Angleterre à Tunis, il paraît que la plus grande quantité de cette racine est expédiée de Tunis à Leghorn et en Egypte. M. Wood nous a informé que la drogue est importée de la ville frontière de Tebessaen Algérie, dans la régence de Tunis, dans la proportion de 500 ccinlars (50000 livres) par an.

COMPOSÉES

Bombay. a importé, pendant l’année 1871-1875, 740 quintaux de cette drogue, dont plus de la moitié à destination des autres ports del'lnde(l ).

Usages. — Le Pyrèthre est surtout employé comme sialagogue, contre les maux de dents, et parfois, sous forme de teinture, comme stimulant et rubéfiant (2).

Substitutions. — En Allemagne, en ltussie et en Danemark, le Pyrèthre d’Afrique est remplacé par la racine de l 'Anacyclus ufficinarum Hayne, herbe annuelle qu’on cultive, depuis longtemps, en Prusse et en Saxe (3). Sa racine, colorée en gris clair, est moitié moins épaisse que celle de Y Anacyclus Pyrelhrum et porte toujours un grand nombre de restes de pédoncules de feuilles. Elle est aussi brûlante que celle des espèces vivaces (e).

(a) Les Anacyclus L. ( Gênera , n° 969) sont des Composées de la tribu des Anthémidées, à capitules pédoncules, hétérpgames, radiés ; à involucre hémisphérique ou largement campanulé; à achaines comprimés dans le dos, les plus extérieurs étant munis de deux ailes.

U Anacyclus Pyrethrum DC. (Fl. fr., Suppl., 480), vulg. OEil de bouc, Camomille Pyrèlhre , Racine salivaire, est une herbe vivace, à rameaux procombants et pubescents; à feuilles d’un vert bleuâtre; les caulinaires sessiles; les radicales pétiolées, étalées en rosette sur le collet de la racine, à peu près glabres, pinnatiséquées, à segments divisés en lobes profonds, linéaires, subulés. Chaque rameau se termine par un seul capitule dont l’involucre, hémisphérique ou largement campanulé, est formé d’écailles lancéolées, jaunâtres sur le bord. Le réceptacle est convexe, couvert d’écailles oblongues-ovales, obtuses. Les fleurs du rayon sont ligulées, unisériées, femelles, fertiles ou stériles, blanches en dessus et pourprées en dessous. Les fleurs' du disque sont des fleurons hermaphrodites, jaunes, à corolle étroite, peu dilatée au niveau du limbe qui est divisé en cinq dents égales. Les anthères sont obtuses à la base, entières. Le fruit est formé d’achaines glabres, comprimés, munis de deux ailes membraneuses, dépourvus d’aigrette. Le Pyrèthre croit très-bien dans les environs de Montpellier. 11 vient de préférence dans les terrains secs et bien exposés à la chaleur. On le multiplie par semis et par boutures. Dans la récolte pour les drogueries, il faut choisir les racines de la première année (Cazin). [Trad.]

(b) Ainsi qu’on le voit dans la figure 132, faite d’après une racine fraîche de Pyrèthre cultivé à Paris, l’écorce est formée d’un assez grand nombre de couches de cellules allongées tangentiellement, à parois minces : celles des couches exté-

(1) Statement of the Trade and Navigation of the Présidence of Bombay, in 1871-72, P. II, 19, 98.

(2) La poudre de fleurs de Pyrèthre entre dans la composition de plusieurs poudres insecticides. Elle agit fort bien pour détruire les punaises. Il paraît qu’on y ajoute parfois frauduleusement des fleurs de Matricaire. Quelques marchands se servent de la racine pour donner de la force aux eaux-de-vie de mauvaise qualité. Cette fraude n’est pas sans dangers. [Trad.]

(3) Pour plus de détails sur les espèces médicinales tY Anacyclus, voir un mémoire du docteur P. Ascherson, in Bonplandia, lu avril 1858.

Heures sc vident, leurs parois brunissent et s’aplatissent et il se forme ainsi, une zone do faux sulier. Dans notre figure on voit,

1 dans l’épaisseur do l’écorce, deux canaux à huile entourés d’un cercle de petites cellules sécrétantes. L’écorce est séparée de la portion centrale par une simple couche de cellules un peu aplatiees, représentant la gaine des faisceaux. Ces derniers partent en rayonnant du centre même de la racine, où se voient d'ordinaircf, comme dans notre figure, deux groupes de vaisseaux séparés l’un de l’autre par une bande de tissu parenchymateux ininterrompue.

Le nombre des faisceaux est très-variable. Chacun se compose de vaisseaux réticulés et déhiscents, courts, fusiformes, à parois minces, sans fibres ligneuses proprement dites. Dans les racines de Pyrèthre cultivé à Paris que nous avons étudiées, les canaux à huile' n’existaient que dans l’écorce et étaient en petit nombre. Dans les racines plus volumineuses du commerce, la structure est la même, mais on voit un certain nombre de canaux à huile disséminés dans les rayons médullaires. Les racines du commerce sont fréquemment mélan» gées de fragments de tiges souterraines. Ces dernières se distinguent sous le microscope parla présence d’une moelle centrale, l’absence de gaine des faisceaux et un nombre plus considérable de faisceaux. Mais la structure de ces derniers est la même. [Trad.]

(c) En France, on mélange parfois à la racine de Pyrèthre celle de VAchillea Plarmica L.

Sa saveur est également âcre et brûlante et elle excite vivement la salivation. Sa poudre est sternutatoire comme celle du Pyrèthre. En un mot, elle jouit de propriétés semblables, mais moins énergiques. [Trad.]

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