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AUTRES SORTES DE JALAP

Indépendamment du Jalap véritable, les racines d’un certain nombre d’autres Convolvulacées du Mexique ont été employées en Europe, soit sous la forme de jalapine, soit comme éléments de falsification de la drogue véritable, qui est plus coûteuse. Les deux sortes suivantes ont été importées sur une grande échelle, et l’on a pu remonter à leur source botanique, mais il en est d’autres qui ne se montrent que plus rarement, et dont l’origine n’a pu être découverte (I).

d° Jalap blanc, fusiforme ou Jalap ligneux , Jalap mâle , Racine cl'Orizaba; Jalap Tops, Jalap Stalks des Anglais ; Pur go macho des Mexicains.

Cette drogue est produite par Ylpomæa orizabensis Ledanois (2), plante d’Oi’izaba encore imparfaitement connue. Elle est décrite comme une liane pubescente, à racine fusiforme, longue d’environ 60 centimètres, ligneuse et fibreuse (b). La drogue se présente en morceaux irréguliers, rectangulaires, ou en petites bûches provenant évidemment d’une racine très-grosse, divisée en travers et en long. Parfois elle ressemble davantage au véritable Jalap ; les racines sont entières, de petite taille, non sphériques, fusiformes. Sa coloration est plus claire que celle du Jalap, et elle est plus ridée longitudinalement. Les gros morceaux offrent souvent des entailles profondes faites avec le couteau ou la hache. On ne la rencontre que rarement entranches transversales. Quoique moins lourde d’ordinaire que le Jalap, la drogue d’Orizaba offre parfois une structure compacte et cornée. Elle se distingue facilement du Jalap, sur une section transversale, par son aspect radié, et par les faisceaux ligneux nombreux et épais qui font saillie à la surface de sa cassure.

Par sa constitution chimique, la racine d’Orizaba ressemble beaucoup au Jalap. Sa résine a été nommée par Mayer Jalapine (3). C’est la jalapine de Gmelin ( Chemistry , XYI, 405) et peut-être la jalapine de la pharmacie anglaise (4). A l’état pur, cette résine est incolore, amorphe,

(1) Pour plus de détails sur quelques-uns d’entre eux, voyez Guibourt, Hist. des Drogues, 1869, II, 523.

(2) Joum. de Chim. médic., 1834, X, 1-22, t. 1, 2.

(3) Ce nom est mal choisi et expose à des confusions; mais, comme il a été adopté dans les ouvrages classiques, ce serait augmenter la confusion que de tenter de le remplacer, ainsi que ceux de ses nombreux dérivés.

(4) Du moins, les nombreux échantillons de jalapine que nous avons examinés (1871', se sont tous montrés entièrement solubles dans l’éther .

CONVOLVULACÉES, transparente. Elle se dissout complètement dans l’éther, différant ainsi d( la convolvuline du Jalap. Nous l’avons trouvée facilement soluble dans l’acétone, l’alcool amylique, la benzine et le phénol, et insoluble dans le sulfure de carbone. Sa composition est représentée par la formule G"HM0". Elle est donc homologue de la convolvuline. Les produits de décomposition de la jalapine obtenus par les mêmes traitements, c’est-à-dire l’ acide J alapique , le Jalapinol et Y acide Jalapinolique, sont également homologues des substances correspondantes retirées de la convolvuline. Tous ces corps, traités par l’acide nitrique, donnent de X acide Ipomæique. La jalapine fond à la même température que la convolvuline, et se comporte de la même façon avec les alcalis.

La racine nous a donné 1 1 ,8 pour 1 00 de résine sèche à 100°C. Celle-ci, parfaitement lavée, décolorée, dissoute dans deux parties d’alcool, et en colonne de 50 millimètres de long, dévia le plan de polarisation de 9°, 8 à gauche. La convolvuline, dans les mêmes conditions, produisit seulement une déviation de 5°, 8.

La résine de la racine d Orizaba est considérée par les chimistes comme identique à celle de la Scammonée, dont elle possède les propriétés drastiques.

2° Jalap clé Tampico ( Purga de Sierra Corda des Mexicains). - La

CCRDIE*

Fig. 157. Ipomxa simulons.

Fragment de rameau.

Fig. 158. Ipomxa simulons.

Tubercule.

plante qui fournit cette drogue a été décrite par l’un de nous, en 1869, sous le nom d’ Ipomxa simulans (1). Elle est très-voisine de 1'/. Purga

(1) Hanbury, One species of Ipomæa affording Tampico Jalap , in Journ. of Linn. Soc., Bot., 1870, XI, 279, t. 2 ; in Pharm. Journ., 1870, XI, 818; in Amer. Journ. ofPharm., 1870, XVIII, 330 ; Science Papers , 849.

Hayne, dont elle ne peut pas être distinguée par le feuillage, mais elle possède une corolle campaniforme, et desbourgeons pendants très-différents. L’ Ipomæà simulons Hanbury croît au Mexique le long de la chaîne de montagnes de la Sierra Gorda, dans les environs de San Luis de la Paz. Sa racine est expédiée, de ces villes et des villages voisins, à Tampico. On l’a trouvée aussi dans les Cordillères supérieures, près d’Oaxaca, mais nous ignorons si on y récolte la racine.

La drogue à laquelle on donne, dans le commerce, le nom de Jalap de TarMico a été importée, pendant ces dernières années, en grande quantité. Elle ressemble beaucoup au Jalap véritable, mais les racines sont généralement plus petites, plus allongées ou digitiformes, plus ridées et d’aspect subéreux, dépourvues des petites cicatrices transversales qui sont très-répandues sur les racines du Jalap véritable. Certains moi-

ceaux cependant ne peuvent pas être distingués à l’œil du Jalap véritable, dont ils ont aussi l’odeur et la saveur. Le Jalap de Tampico a donné à l’un de nous 10 pour 100 de résine purifiée, entièrement soluble dans l’éther. Umney (1) en retira 12 à 15 pour 100 de résine presque entièrement soluble dans l’éther. Evans en obtint 13 pour 100, mais la moitié seulement de cette quantité se montra soluble dans 1 éther (2). D après Andouard (3), la résine du Jalap de Tampico n’est pas dépourvue de propriétés purgatives.

(a) Les Ipomœa L. ( Généra n. 216) ne diffèrent des Convolvulus (vov. page 113, note a) que par leurs stigmates très-courts et globuleux.

L ’ Ipomœa Purga Wenderoth (in Lilt. ad Zuccar. ex Schlechtend., in Linnœa, VIII, 515) est une plante à souche vivace, émettant des rameaux aériens et des rameaux souterrains munis de racines tuberculeuses, charnues et globuleuses. La tige est volubile, brunâtre, lisse. Les feuilles sont longuement pétiolées, oblongues, cordées à la base, acuininées et mucronées au sommet, lisses, entières. Les fleurs sont disposées dans l’aisselle des feuilles en cymes biflores ou triflores, portées par de longs pédoncules grêles. Le calice est gamosépale, tubuleux, à cinq sépales obtus, lisses, inégaux, imbriqués en quinconce dans la préfloraison. La corolle est très-développée, colorée en rose plus ou moins foncé ou en rouge pourpre, ou violacé ; son tube est deux fois long comme le calice, à peu près cylindrique ; son limbe est étalé, muni, sur la face inférieure, de cinq bandes rayonnantes plus foncées, triangulaires, à sommet correspondant au sommet de chacun des cinq pétales ; le pourtour du limbe est pentagonal, à angles arrondis et à bords un peu échancrés entre les angles. Dans le bouton, le limbe forme cinq plis qui se recouvrent en préfloraison contournée. L’androcée est formé de cinq étamines exsertes, à filets connés au tube de la corolle, grêles, terminés chacun par une anthère étroite, biloculaire, introise,

(1) Pharm. Journ., 18G8, IX, 282.

(2) Ibid., IX (1868), 330.'

(3) Etude sur les Convolvulacées purgatives (llièso), Paris, 1864, 31.

CONVOLVULACÉES.

déhiscente par deux fentes longitudinales.

Le gynécée est formé de deux carpelles

UUI® un ovaire supère, biloculaire, surmonté d’un style grêle, cylindrique, aussi long que les étamines, terminé par deux branches stigmatiques courtes et globuleuses. Chaque loge ovarienne contient deux ovules anatropes, dressés, insérés dans le bas de 1 angle interne, à micropyle dirigé en bas et en dehors. Le fruit est une capsule biloculaire, septicide. Chaque loge contient deux graines à albumen mucilagineux et embryon courbé, avec deux cotylédons plusieurs fois repliés sur eux-mêmes. [Thad.]

(6) L 'Ipomœa orizabensis Pelleta?! (in Journ. Chim. mêdic ., X, 1) est une plante à souche vivace, racine tubéreuse, charnue, accompagnée de nombreux tubercules. La tige est volubile, verte, velue. Les feuilles sont cordées, acuminées, mucronées, velues ; les premières développées sont réduites à l’état de bractées. Les fleurs sont disposées par deux ou trois, portées par des pédoncules trois fois aussi longs que la corolle. Les sépales sont oblongs, mucronés, velus. La corolle est pourpre, campanulée, avec un tube renflé au niveau de la partie médiane, et un limbe ondulé, à cinq plis tordus dans la préfloraison. Les étamines sont plus courtes que le tube de la corolle, velues à la base. La capsule est biloculaire, chaque loge contenant deux graines (voy. Lindley, Flora medica, 397). [Trad.]

Fig. 159. Ipomæa Purcja.

SEMENCES DE KALADANA.

Semen Kaladanæ ; Semen P/iarbitidis ; Kaladana.

Origine botanique. — Pharbitis Nil (1) Choisy ( Convolvulus Nil L.), C’est une plante annuelle, volubile, à grande corolle bleue, très-semblable au Grand Convolvulus ( Pharbitis hispida Choisy) des jardins anglais, mais ayant des feuilles trilobées. On la trouve dans les régions tropicales des deux hémisphères. Elle est commune dans l’Inde, où elle s’élève sur les montagnes jusqu’à une altitude de 1500 mètres (a).

(1 ) Pharbitis dérive de p&ô, couleur, par allusion à la fleur. En hindoustani, Nil signifie bleu, et Kala-dana, graine noire.

Historique. — Les graines de cette plante étaient employées par les médecins arabes sous le nom de Habbun-nil, et sont probablement employées depuis une époque très-reculée par les indigènes de l’flindoustan Récemment, elles ont été recommandées par O’Shaughnessy, Kirkpatrick, Bidie, Waring (1), et plusieurs autres praticiens européens de l’Inde, en qualité de cathartique sûr et efficace.

Description. — La forme des graines est celle qui résulterait de la division perpendiculaire d’un corps à peu près sphérique en six ou huit segments à peu près égaux. Leur dos est seulement un peu moins régulièrement convexe. Ces graines ont 1/2 centimètre de haut et à peu près autant de large; une centaine pèsent environ 6 grammes. Il en existe une variété plus petite, importée de Calcutta, dont cent graines ne pèsent pas plus de 3 grammes. Les deux variétés sont identiques sous tous les autres rapports. Elles sont d’un noir foncé, sauf au niveau de l’ombilic, qui est brun et un peu velu.

Les parties adjacentes des téguments, qui sont minces, se fendent dans diverses directions lorsqu on laisse les graines dans l’eau froide pendant un

peu de temps. Lorsqu’on enlève la Fig. igo. Graine entière * . -, , vne par la face ven-

partie supérieure des téguments de la trale région dorsale, la radicule devient Graine

visible, entourée parles feuilles ondulées des cotylédons, qui se rejoignent perpendiculairement, mais ne peuvent pas être facilement dépliés, parce qu’ils sont enveloppés dans tous leurs replis par le tégument séminal interne (2). Sur une coupe transversale, les cotylédons offrent la même disposition plissée. Dans leur tissu se voient, même sans loupe, de petites glandes brillantes très-nombreuses. L’amande est dépourvue d’albumen, elle a d’abord une saveur de noisette, accompagnée d’une âcreté désagréable, très-persistante. Broyées,

les graines développent une odeur terreuse forte.

Structure microscopique. — La graine est couverte d une enveloppe noirâtre foncée, formée de cellules pressées, à contours en zigzag. L’épiderme est d’un brun foncé ; il est formé de cellules cylindiiques très-serrées, longues d’environ 70 millièmes de millimètie et laiges de

(1) Phann. Journ., 18G6, VII, 496.

(2) Ce que les auteurs nomment ici tégument interne est en réalité un albunen dont ils nient plus bas l’existence. Voy. p. 125, f. 162. [Trad.]

Fig. 161. Coupe longitudinale.

CONVOLVULACÉES.

f à 7 millièmes de millimètre. Pour bien voir leur organisation, il faut

es traiter par l’acide chromique. Le tissu de l’amande est formé de cellules à parois épaisses. Entre ce tissu et les enveloppes, il existe une couche incolore, épaisse d’environ 70 millièmes de millimètre, formée d un parenchyme à parois minces. Les cotylédons sont peu épais et renferment dans leur tissu de nombreux granules de matière albuminoïde, du mucilage, un peu d’acide tannique, des cristaux d’oxalate de calcium et un peu d’amidon. Les glandes ou cavités, que nous avons déjïi signalées dans le tissu des cotylédons, ont environ 70 millièmes de millimètre de diamètre, et contiennent un liquide huileux {b).

Composition chimique. En épuisant les graines desséchées à •100° C. avec de l’éther bouillant, nous avons obtenu une huile colorée en brun clair, épaisse, à saveur âcre, et se concrétant au-dessous de 18° C. Les graines pulvérisées donnèrent i4,4 pour 100 de' cette huile. L’eau enleva aux graines une quantité considérable de mucilage, des matières albuminoïdes, et un peu d’acide tannique. Le mucilage est soluble en certaine proportion dans l’alcool dilué, d’où il peut être précipité par une solution alcoolique d’acétate de plomb.

Le principe actif des semences de Kaladana est une résine soluble dans l’alcool, mais insoluble dans la benzine et dans l’éther. Le résidu des gi aines, épuisé par 1 éther, puis traité par l’alcool absolu, abandonna une résine jaunâtre pâle, dans la proportion de 8,2 pour 100 de graines.

La résine de Kaladana a été introduite, dans l’Inde, dans la pratique médicale, sous le nom de Pharbitisine (1). Elle possède un goût âcre, nauséeux, et une odeur désagréable, surtout lorsqu’elle est chauffée. Elle fond vers 160° G. Elle se dissout plus ou moins facilement dans l’alcool ordinaire, l’alcool absolu, l’acide acétique froid, l’acétone, l’éther acétique, l’alcool méthylique, l’alcool amylique, et les solutions alcalines.

D autre part, elle est insoluble dans l’éther, la benzine, le chloroforme, et le sulfure de carbone. Elle forme avec l’acide sulfurique concentré une solution jaune brunâtre, qui tourne rapidement au violet. Cette réaction, cependant, ne se produit qu’avec une très-petite quantité de résine pulvérisée. Si l’on acidulé une solution de la résine dans l’ammoniaque, après l’avoir conservée pendant un peu de temps, il ne se forme pas de précipité, mais la solution est devenu susceptible de précipiter du protoxyde de cuivre d’une solution de tartrate, tandis qu’au début elle en était incapable. Chauffée avec de l’acide nitrique, la résine donne l 'acide Ipomæique de Meyer.

(1) Pharmacopœia of India , 1868, 15G.

D’après ces réactions, nous sommes conduits à admettre que la résine de Kaladana ressemble à la résine de jalap ou Convolvuline. Pour la préparer en quantité, le meilleur procédé serait, sans doute, de traiter les graines par l’acide acétique commun, et de la précipiter en neutralisant la solution. Nous nous sommes assurés que la résine ne se décompose pas lorsqu’on la fait digérer avec de l’acide acétique a •100° G même pendant une semaine. Nous avons eu 1 occasion d’examiner un échantillon d’une résine de Kaladana préparée par MM. Rogers et Cic chimistes de Bombay et Poona, et nous l’avons trouvée semblable à celle préparée par nous-mêmes. C’est une sustance friable, d’un jaune clair, semblable à la résine de jalap purifiée, et susceptible, comme elle, d’être complètement décolorée par le charbon animal.

Usages. — Les graines de Kaladana jouissent des propriétés cathartiques du jalap. On a introduit dans la Pharmacopée de l’Inde, non-seulement la résine, mais encore une teinture et une poudre composée. Dans plusieurs parties de l'Inde, les indigènes mangent, pour se purger, les graines de Kaladana rôties.

(a) Les Pharbitis Choisy [(Convolv. or., 56) ne constituent réellement qu’une section du genre lpomœa à stigmate capité et trilobé, et a ovaire triloculaire.

Le Pharbitis Nil (Choisy, Convolv. or., 57 ; Convolvulus Nil L. ; lpomœa cœrulea Roxb.) est une plante volubile, annuelle, à tige et rameaux arrondis, velus, atteignant une hauteur de 2 à 4 métrés et la grosseur d’une plume d’oie. Les feuilles sont pedonculées, larges, cordées a la base, aiguës au sommet, trilobées, laineuses, longues de 5 à 10 centimètres. Les fleurs sont disposées en cyrnes axillaires de deux ou trois fleurs, portées par des pédoncules aussi longs que les pétioles, arrondis et velus, et accompagnées de bractées linéaires. Les sépales sont linéaires. La corolle est large, campanulée, infundilmliforme, colorée en bleu clair très-brillant. L ovaire est triloculaire, surmonté d’un style cylindrique, terminé par un stigmate subglobuleux, volumineux, trilobé. Chaque loge ovarienne contient deux ovules anatropcs, dressés, à micropyle dirigé en bas. et en dehois. La capsu e es coup plus courte que le calice, lisse, triloculaire, chaque ogo cou en an cei. graines à téguments épais et noirs, à albumen mucilagineux , a tmbi j ou oi me ( une

Fig. 162. Graine de Kaladana.

Coupe transversale des tégument?, do l’albumen, et d’une portion do cotylédon.

tor,

SOLANACÉES.

r:e„;af!CUl,e (lirig6e vers ,e inic,’°Pyle et ^ deux cotylédons foliacés et épais de h b’ ",S"nif’0s’ aPPl‘cIués l’un contre l’autre parleur face interne, munis près de la hase rie deux auricules qui descendent de chaque côté de la radicule. Les ds externes des deux cotylédons se rapprochent l’un de l’autre, et deviennent ontigus au niveau du bord mince de la graine, tandis que leur limbe forme de nombreux replis. L albumen pénètre dans l’intervalle de tous ces plis. [Tiiad.1

J C iT11'0 kI°frC 162’ ICS té*umeats dc g*’aine de Kaladana

sont constitués de dehors en dedans par: t<>une couche, a, de cellules épithéliales à

paroi extérieure épaisse, cuticularisée, soulevée en papilles coniques ; 2» une couche, b depetites cellules quadrangulaires, A parois assez épaisses ; 3° une couche, c, de cellules prismatiques, très-allongées radialement ; 4<> une zone, d, formée de plusieurs couches de cellules uTéguheres très-comprimées dans certains points, à parois minces et clan es. En dedans des téguments, on trouve l’albumen c, dont la couche extérieure est formée de cellules prismatiques bien distinctes, aplaties sur leur face externe ; les couches plus intérieures sont transformées en mucilage, et n'offrent plus nue des lignes vagues, indécises, les parois cellulaires ayant été gonflées, puis détruites

lonVcm si f r1' T' S de Cellules Iloly°onales- Les fondes qu’ils renferment ont constituées chacune, autant qu on peut en juger d’après l’état adulte, par un

néat mtercellulan-e, tres-dilaté, dans lequel s’accumule un liquide jaunâtre f cette cavité est bordée par une couche de cellules allongées dans le sens de la circonféience, un peu aplaties, destinées à sécréter l’huile. [Thad.]

SOLANACÉES.

DO U CE-AMÉRE.

sapes Dulcamaræ ; Coules Dulcamaræ ; Douce-amère, Morille grimpante ; angl., Bitter Sweet, ûulcamara, Woody Nightshade; allem., DittersÜss.

Origine botanique. — Solanum Dulcamara L. C’est un petit arbuste giimpant, à fleurs petites, pourprées et à baies rouges (a). On le trouve dans toute l’Europe, sauf dans l’extrême Nord. Il existe aussi dans le nord de l’Afrique et de l’Asie, ainsi qu’en Asie Mineure, et il se naturalise dans 1 Amérique du Nord. Il est commun dans les buissons et les haies humides et ombragées (I).

Historique. Les sarments de la Douce-amère furent introduits dans la pratique médicale par les médecins et les botanistes allemands du seizième siècle. L’un deux, Tragus (1552), l’a figurée et décrite, sous le nom de Dulcis amara ou Dulcamarum.

Description. —Les vieilles tiges sont ligneuses; les plus élevées et

(1) Le Solanum nigrurii L., qui ressemble un peu â la Douce-amère, est une plante annuelle ou bisannuelle, de petite taille, à tiges herbacées, et â baies ordinairement noires.

jes plug jeunes sont molles et vertes, longues et ti amantes, et atteignent, en s’appuyant sur d’autres plantes, une hauteur de lm,80 et plus. Elles se dessèchent pendant l’hiver. On doit recueillir pour l’usage médicinal les rameaux d’une année ou deux, soit à la fin de l’année, soit au début du printemps, avant la pousse des feuilles. Ges rameaux ont plusieurs pieds de long, et environ un demi-centimètre d’épaisseur. Ils sont d'un brun verdâtre clair, parfois cylindriques, d’autres fois presque carrés ou pentagonaux, un peu sillonnés dans le se;is de la longueur, et quelque peu verruqueux.

La partie subéreuse de l’écorce est mince, luisante, s exfolie facile ment, en mettant à découvert un mésophlœum riche en chlorophylle. Les rameaux sont le plus souvent creux, et partiellement munis d une moelle blanchâtre. Lorsque le bois est sec, il représente à peu près la moitié du diamètre du vide central, et l’écorce est beaucoup plus mince que le bois. Ce dernier possède une structure radiée, et offre, dans les vieilles tiges, deux ou trois cercles annuels bien définis. On coupe ordinairement les tiges en petits morceaux pour les faire sécher.

L’odeur est fétide et désagréable ; elle se dissipe, en grande partie, sous l’influence de la dessiccation. La saveur est d’abord un peu amère, et ensuite légèrement douce. L'amertume paraît être plus prononcée pendant le printemps qu’à l’automne.

structure microscopique. — L’épiderme des jeunes bourgeons est formé de cellules tabulaires à parois épaisses, dont plusieurs se prolongent au-dessus de la surface en poils courts et recourbés. Les vieilles tiges sont recouvertes d’une enveloppe subéreuse normale. La séparation entre le mésophlœum et l’endophlœum est marquée par un cercle de fortes fibres libériennes, dont quelques-unes se présentent aussi dans la moelle. La partie ligneuse est riche 'en larges vaisseaux. Dans le tissu parenchymateux, qui est à la fois doux et amer, on trouve de petits cristaux d’oxalate de calcium, et de petits grains d’amidon.

Composition chimique. — La saveur de la Douce-amère paraît due, d’après Schoonbroodt (1867), à un principe amer qui fournit, par décomposition, du sucre et de la Solanine, cette dernière en très-petite proportion. La solanine est un alcaloïde. Elle fut retirée pour la première fois, en 1820, par Desfosses, pharmacien à Besançon, des baies du Solarium niffrum L. Plus tard elle fut découverte par le même chimiste dans les feuilles et les tiges du S. Du/camara, et par Peschier dans les baies. Winckler, en 1841 , observa que l’alcaloïde des tiges delà Douceamère ne peut être obtenu qu’à l’état amorphe, et qu’il se comporte,

1/8 SOLANACÉES.

vis-u-vis des chlorures de platine et de mercure, autrement que la solamne.de la pomme de terre. Moitessier, en 1856, confirma cette observation, et n’obtint que des sels amorphes avec la solanine de la Douce-amère. Zwcnger et Kind, d’une part, et 0. Gmelin, d’autre part, en 1858 et 1859, trouvèrent que la solanine C*sH«®AzO“, est un composé de sucre et d’un alcaloïde particulier, cristallisable, la Solanidine C2TI39AzO. Ce dernier, sous l’influence de l’acide chlorhydrique concentre, donne de l’eau, et se convertit en un composé amorphe et basique la Solamcine, CS0H76Az2O.

Geissler (1875) a retiré de la Douce-amère une matière amère amorphe, la Dulcamarine, dont l’arrière-goût est douceâtre, et qui, sous l’action des acides convenablement dilués, se dédouble en Dukamarétine et glucose, conformément à l'équation suivante :

C22H3iO10 + 2H20 — C6bP06 -f- C16H260G

Dulcamarine. Dulcamarétine.

Usages. On administre parfois la Douce-amère sous forme de décoction , dans le rhumatisme et les affections cutanées. Son action î celle, d après Garrod, est inconnue. Ce médecin fait remarquer (1 ) qu’elle ne dilate pas la pupille, et ne détermine pas la sécheresse de la gorge, comme la belladone, la jusquiame et le datura. Il administra à un malade trois pintes de décoction par jour, sans observer d’action marquée,

et fit prendre jusqu’à un demi-litre de baies fraîches, sans produire aucun effet fâcheux.

(a) Les Solarium Tommvom (lnslil.,t. 62) sont des Solanacées, de la série des Solanées, à anthères conniventes, déhiscentes par deux pores terminaux.

Le Solarium Dulcamara L. ( Species , 26-i) xulg. Douce-amère , est une plante vivace, à tiges ligneuses, tomenteuses, très-ramifiées. Les feuilles sont alternes, les unes simples, cordées à la hase, ovales-acuminées, les autres composées, à trois folioles, l’une terminale, plus grande, ayant la même forme que Fig. 163. Douce-amère. les feuilles simples, les deux autres opposées,

très-courtementpétiolées, plus petites, et souvent insymétriques a la hase. Toutes les feuilles sontpétiolées, entières sur les bords, colorées en vert fonce, glabres ou finement pubescentes, quelquefois presque toinen-

(I) Essentials of Malcria medica, 1855, 196.

teases eu dessous. Les fleurs sont disposées en inlloresucnces dont l’axe principal est souvent entraîné à une hauteur considérable au-dessus de la feuille axillante. L’inflorescence est une cyme très-ramifiée, rendue fort irrégulière par les entraînements de ses branches. La fleur est hermaphrodite et régulière, à réceptacle convexe. Son diamètre ne dépasse guère I centimètre. Le calice est petit, gamosépale, à cinq lobes courts, triangulaires, verts. La corolle est gamopétale, rotacée, violette, à tube court, à cinq lobes o vales-lancéolés, disposés dans le bouton en préfloraison contournée, souvent réfléchis en bas dans les fleurs âgées, munis chacun, au niveau de la base, de deux petites glandes vertes, bordées de blanc. L’androcée est formé de cinq étamines alternes avec les pétales, connées avec le tube de la corolle, formées chacune d’un filet court et d’une anthère allongée, biloculaire, introrse, déhiscente par deux pores terminaux. Les cinq anthères sont rapprochées en un cône violacé autour du style qui les dépasse un peu. Le gynécée est formé de deux carpelles connés en un ovaire biloculaire, surmonté d’un style cylindrique, à extrémité stigmatique divisée en deux lèvres courtes. Chaque loge ovarienne contient un grand nombre d’ovules anatropes, insérés sur un gros placenta charnu, fixé au centre de la cloison mince qui sépare les deux loges. Le fruit est une baie ovoïde, pendante, rouge à la maturité, contenant une grande quantité de graines aplaties, noyées dans une pulpe molle, contenant, sous leurs téguments, un albumen au milieu duquel est un embryon roulé en spirale. [Tiud.]

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